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Burkina : Le secteur du Transfert d’argent en plein essor

Le système des transferts d’argent au Burkina Faso a évolué ces dernières années, au point de devenir une activité économique importante. Outre les banques commerciales, des établissements financiers allant de la microfinance à la poste, en passant par les caisses populaires et les opérateurs de téléphonie mobile évoluent dans ce secteur

 

L’état des lieux fait ressortir la présence de la presque totalité des banques, au nombre de 13 dans ce secteur.  Quant aux Institutions de micro-finance (IMF), qu’elles  soient classiques ou de type confessionnelle, elles  y ont grandement recours, depuis le début des années 2000.

Fait notable, le milieu rural est quasiment desservi en services financiers , grâce au réseau des caisses populaires (RCPB) qui couvre 80 % du territoire national.

En outre, la Faitière des caisses populaires a mis les bouchées doubles pour offrir une gamme de services de transfert monétaires à ses clients, estimés à plus de 2 millions de personnes.  Pour rappel, elle représente 60 % de part de marché et 80 % de l’épargne du secteur burkinabé de la microfinance .

Au Burkina Faso, les services financiers destinés aux transferts concernent essentiellement les mandats postaux et le transfert d’argent par Sytaf, Money Gram et Western Union. L’on constate que les IMF distancent de peu, les banques dans ce registre .

« On trouve des IMF un peu partout et les procédures sont plus souples et fluides que dans les banques. De plus, en plus d’être accessibles aux illettrés, les caisses sont présentes dans l’ensemble des 45 provinces », explique Dr Moussa Ouédraogo, Expert en finances publiques.

A côté des banques et des IMF, la Société nationale des postes (SONAPOST) résiste et veut marquer son territoire.

La société  a su se réadapter après le déclin du courrier postal, avec l’arrivée des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Ainsi, la  SONAPOST   dans le souci de « favoriser l’inclusion financière des populations en leur offrant des produits financiers adaptés »  propose « Teliman », un système de transfert électronique d’argent . Il offre l’opportunité au client, de recevoir jusqu’à 1 million de F CFA, expédié de n’importe quel lieu du monde, 10 à 15 minutes après son envoi.

Disponible dans plus de 150 agences du réseau postal burkinabé, « Teliman » s’est vite positionné comme un produit prisé.  Surtout dans les villes de province en raison de son « accessibilité, de sa fiabilité et de sa rapidité ».

 

La téléphonie mobile concurrence les banques

 

L’éclosion de la téléphonie mobile depuis 2001 a évidemment bousculé les modes de vie et de consommation des burkinabés . Jusque là, le marché était dominé par les banques qui offraient les produits classiques  tels que Western Union, Money Gram, Money Express ou  Ria.

Puis  Airtel et Telmob  ont noué des partenariats avec des banques, en vue de prendre des parts sur le marché des transferts d’argent. ces partenariats permettront la naissance  à des porte-monnaies électroniques permettant de payer ses factures , transférer de l’argent ,en plus de faire des achats .

En 2012, Airtel Burkina, en partenariat avec Ecobank a lancé Airtel Money, qui s’appuie aujourd’hui sur plus de 250 points de paiement .

En 2013, l’Office national des télécommunications (ONATEL) en partenariat avec la Banque internationale pour le commerce, l’industrie et l’agriculture (Biciab)  lance Mobicash.

La Biciab surveille la régularité des opérations réalisées à travers Mobicash, afin de s’assurer qu’elles sont conformes aux règles édictées par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

« Les services financiers sont inaccessibles à l’immense majorité des populations africaines, et burkinabè en particulier. Elles ont donc recours à des canaux informels coûteux et peu fiables pour leurs transactions financières », ont expliqué les responsables d’Airtel.

Pour  l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina Faso (APBEF-BF), ces offres « contribuent à la politique de bancarisation, en augmentant le nombre des clients. Elles permettent en effet à ceux qui n’auraient pas de compte bancaire, de bénéficier d’un porte-monnaie électronique qui possède l’avantage d’être utilisé partout et à n’importe quel moment ».

De belles perspectives pour le transfert électronique

Des perspectives s’offrent au transfert électronique avec les ambitions de la Confédération des institutions financières (CIF) basée à Ouagadougou et forte de 3,2 millions membres.

La CIF est un regroupement de six réseaux de coopératives financières issus de cinq pays de la sous-région ouest-africaine (Bénin, Burkina Faso, Mali, Sénégal et Togo) dans le but d’initier et de développer un marché régional et une offre de services à une plus large échelle.

Elle ambitionne de créer de nouveaux produits financiers qui favoriseront les transferts en les pays membres.

« Avec le transfert électronique, on ne doit plus être obligé désormais d’avoir de fortes sommes sur soi et courir le risque de se faire agresser », témoigne Eric Ouédraogo, un utilisateur de ce système de transfert.

Les trois opérateurs mobiles totalisent, à la date du 31 décembre 2014, un parc d’abonnements de plus de 12 millions d’abonnés  . Ce qui augure de perspectives heureuses avec le transfert électronique.

 

Avec APAnews

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