LIBAN: le syndicat des employés de banque met en avant ses attentes vis-à-vis du plan de redressement

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Le local d’une agence bancaire à vendre, à Jounieh (Kesrouan). Photo P.H.B./OLJ

Le syndicat des employés de banque est revenu sur ses attentes et positions vis-à-vis du plan de redressement et de relance que le Liban doit préparer dans le cadre de ses négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), dans un communiqué, dont le premier rendez-vous « officiel » est programmé pour le 15 janvier.

Le syndicat y appelle notamment l’Association des banques du Liban à œuvrer « sérieusement » pour que le plan inclue un volet permettant aux déposants victimes de restrictions bancaires depuis 2019 – sans couverture légale – de pouvoir accéder de nouveau à leurs fonds. Elle a aussi assuré qu’elle rejettera « tout projet de restructuration du secteur bancaire qui se ferait au détriment » des « plus faibles », à savoir les employés qui seront licenciés « par milliers » alors que la loi n’a pas modifié le régime de calcul de leurs indemnités, et plus précisément l’article 4 de la loi de facilitations des fusions bancaires (n° 192 du 4 janvier 1993).

Ce dernier dispose que les employés licenciés dans le sillage d’une fusion bancaire approuvée par la banque centrale selon la réglementation en vigueur, auront droit « à une indemnité supplémentaire égale à (l’indemnité) de fin de service, à condition qu’elle ne soit ni inférieure au salaire de six mois ni supérieure au total des salaires perçus au cours des trois dernières années. »

Le syndicat, que nous avons contacté, affirme avoir fait parvenir au Parlement « courant 2021 », une proposition de loi supprimant le plafond prévu par cet article et demandant « à ce que le mode de calcul actuellement en vigueur, qui prévoit une indemnité équivalent aux six derniers mois de salaire en plus d’un mois par année de service, soit remplacé par une formule prévoyant la prise en compte de 18 derniers salaires perçus plus 2 mois par année de service ».

Le texte est toujours dans les tiroirs des commissions mixtes, assure encore le syndicat, qui milite également pour que les indemnités prennent en compte l’effondrement de la livre par rapport au dollar (le taux du marché des changes gravitait hier autour des 29 000 livres pour un dollar, pour une parité officielle de 1507,5 livres toujours en vigueur bien que reconnue comme irréaliste par la banque centrale). Environ 4 500 des 25 000 employés de banque ont été licenciés depuis le début de la crise – sans compter les départs volontaires –, dans un secteur considéré par certains experts comme surdimensionné par rapport à la taille du pays et où seul un Libanais sur deux environ était bancarisé avant la crise, selon la Banque mondiale.

Une soixantaine d’enseignes – dont certaines appartenant aux mêmes groupes – se partagent aujourd’hui le marché libanais. En profonde crise depuis plus de deux ans, le Liban a fait défaut en mars 2020 sur le remboursement de ses obligations en devises (les eurobonds) auxquelles les banques et la banque centrale étaient très exposées dans un pays mal géré et théâtre de périodes chroniques de paralysie institutionnelle. L’absence de volonté politique pour réformer l’économie comme les finances publiques a paralysé l’essentiel des efforts de financement externes des soutiens du pays qui aurait pu lui permettre de se remettre sur les rails ces dernières années.

Les négociations entamées en mai 2020 par le gouvernement de Hassane Diab avec le FMI ont capoté deux mois plus tard à la suite d’un bras de fer entre l’exécutif d’un côté, les banques, la banque centrale et certains députés de l’autre concernant l’approche pour calculer, puis répartir le montant des pertes financières cumulées du pays. Le gouvernement de Nagib Mikati, formé en septembre, a quant à lui repris les négociations avec le FMI. Mais le Conseil des ministres ne se réunit plus depuis octobre, à la suite de nouvelles tensions politiques internes et régionales, et aucune mouture de plan de redressement n’a encore circulé. Des contacts ont néanmoins eu lieu entre l’équipe de négociateurs choisis par l’exécutif et le FMI, qui a envoyé une délégation à Beyrouth en décembre, en attendant la réunion du 15 janvier prochain.

Rachelle SEKONGO avec L’Orient-le jour

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