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  • 19/06/2026

Afreximbank tire la sonnette d'alarme : l'Afrique doit renforcer d'urgence la résilience de son commerce et de ses investissements


La Banque africaine d'import-export (Afreximbank) a publié le volume 10, numéro 1 de son Bulletin sur le financement du commerce et du développement, intitulé « Paysage du commerce et de l'investissement en Afrique », qui examine les défis structurels qui façonnent les performances commerciales et les perspectives d'investissement de l'Afrique dans un environnement mondial de plus en plus incertain.

Cette édition souligne que le commerce africain reste fortement dominé par les exportations de matières premières, notamment de produits agricoles, de pétrole, de gaz et de minéraux, tandis que les importations demeurent largement orientées vers les produits manufacturés et les machines. La note de synthèse indique que cette configuration export-import actuelle rend de nombreuses économies africaines excessivement vulnérables aux chocs des termes de l'échange, en raison de facteurs externes défavorables tels que la volatilité des prix des matières premières, les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales qui en découlent.

Selon cette note de synthèse, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) demeure essentielle aux efforts visant à diversifier la base commerciale du continent, à renforcer les chaînes de valeur régionales et à accroître le commerce intra-africain. La publication souligne que, parallèlement à l'Agenda 2063 de l'Union africaine, la ZLECAf offre un cadre pratique pour intégrer des marchés fragmentés, développer la production industrielle et stimuler la productivité, les exportations intra-africaines devant augmenter de plus de 20 % d'ici une décennie à mesure que sa mise en œuvre progresse.

Par ailleurs, la note souligne l'importance d'accroître les investissements dans les infrastructures facilitant le commerce, notamment l'énergie, les transports, les réseaux de communication, les ports et les systèmes logistiques, afin de réduire les coûts des affaires et d'améliorer les flux commerciaux transfrontaliers. Elle indique que des investissements ciblés dans les infrastructures peuvent soutenir l'industrialisation, renforcer la spécialisation régionale et améliorer la compétitivité de l'Afrique en tant que destination d'investissement.

Cette édition met également en lumière un ensemble plus large de priorités pour renforcer l'écosystème commercial et d'investissement de l'Afrique, notamment la cohérence réglementaire, le renforcement institutionnel, la diversification économique, un meilleur accès au financement pour les PME et un recours accru aux technologies financières numériques. Le document souligne que les investissements nationaux et étrangers sont en hausse dans de nombreuses économies africaines, malgré la prédominance observée des investissements étrangers. La fintech contribue à la croissance des investissements nationaux, mettant ainsi en évidence l'opportunité de bâtir un environnement commercial plus résilient, diversifié et prêt à accueillir les investissements.

Le rapport relève également que la répartition des flux d'investissement reste inégale selon les sous-régions, l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe recevant une part plus importante d'investissements directs étrangers que l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale.

Pour Afreximbank, ces conclusions renforcent la nécessité d'une action coordonnée pour développer le financement du commerce, améliorer les infrastructures facilitant les échanges, approfondir l'intégration régionale et accélérer la création de valeur ajoutée sur l'ensemble du continent.

Selon Yemi Kale, économiste en chef du groupe et directeur général de la recherche, les institutions de financement du développement régional, notamment Afreximbank, jouent un rôle croissant dans le soutien au commerce intra-africain grâce au financement du commerce et à des initiatives connexes. La note de synthèse souligne que des initiatives de la Banque telles que la Foire commerciale intra-africaine, le Système panafricain de paiement et de règlement, le Fonds d’ajustement de la ZLECAf, l’Initiative pour les marchés frontaliers et le Système de garantie de transit collaboratif s’inscrivent dans un effort plus vaste visant à renforcer l’écosystème commercial et d’investissement de l’Afrique.

Le rapport conclut que, malgré les progrès accomplis, d'importants défis restent à relever. Leur résolution sera essentielle pour accroître le financement, renforcer la compétitivité et libérer tout le potentiel commercial et d'investissement de l'Afrique.

Pour en savoir plus sur les points saillants du rapport d'Afreximbank, consultez le lien suivant : https://urls.fr/lUEMdH