Dans la salle de conférence de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire, ce mardi 5 mai 2026, les discours s’enchaînent mais le message, lui, est limpide : en Côte d’Ivoire, le secteur privé organisé reste encore trop fragile pour peser pleinement dans la fabrique des politiques économiques.
Portée par le Comité de Concertation État-Secteur
Privé (CCESP), l’initiative de renforcement des capacités des Associations et
Organisations Professionnelles (AOP) dépasse largement le cadre d’un programme
de formation. Elle s’inscrit dans une tentative assumée de corriger une
faiblesse structurelle du dialogue public-privé ivoirien.
« Une association professionnelle forte n’est pas
seulement un atout pour ses membres, c’est un pilier pour la structuration de
notre économie », a rappelé la Secrétaire exécutive du CCESP, Mariam Fadiga
Fofana. Une manière, à peine voilée, de reconnaître que toutes ne remplissent
pas encore ce rôle. Poursuivant, elle insiste : « Ce processus de renforcement
n’est pas une simple formation, c’est un partenariat stratégique. »
Le constat est formulé avec encore plus de franchise
du côté du secteur privé. « On ne construit pas un secteur privé fort avec des
acteurs frêles », lance Nadine Bla, mettant des mots clairs sur une réalité
souvent esquivée dans les cercles institutionnels. Une formule qui résume, à
elle seule, l’un des enjeux majeurs du programme.
D’un dialogue consultatif à un levier
stratégique
Représentant le ministère de l’Économie, des Finances
et du Budget, Bernard Assande pose le cadre :
« Le dialogue public-privé doit passer d’un cadre essentiellement consultatif à
un cadre stratégique orienté vers l’impact. »
L’enjeu est considérable. Dans le cadre du Plan
National de Développement 2026-2030, près de 70% des investissements attendus
doivent provenir du secteur privé. Une ambition qui impose mécaniquement un
secteur privé structuré, capable de produire de la donnée, d’influencer les
politiques publiques et de jouer un rôle de stabilisation en cas de tensions
économiques.
Une réponse opérationnelle à un déficit de
structuration
Le programme Renfo AOP entend précisément répondre à
ces insuffisances. À travers un dispositif de formation couvrant la
gouvernance, le plaidoyer, la gestion administrative et financière ou encore la
communication stratégique, l’objectif est clair : professionnaliser durablement
les organisations professionnelles.
La phase pilote concernera 150 bénéficiaires, répartis
dans trois pôles économiques clés : San Pedro, Bouaké et Korhogo.
Pour Ibrahim Konaté, représentant le Ministère de
l’Emploi et de la Formation professionnelle, l’initiative s’inscrit dans une
logique plus large :
« La réussite des réformes repose sur l’implication effective de tous les
acteurs. Ce programme vient compléter les mécanismes existants en matière de
développement des compétences et d’employabilité. »
Entre structuration et encadrement du
secteur privé
Du côté du ministère du Commerce, de l’Industrie et de
l’Artisanat, la lecture est à la fois économique et politique. Alain Konan
insiste sur la nécessité d’un dialogue structuré :
« Les organisations professionnelles ne sont pas des adversaires, mais des
partenaires. Les solutions les plus efficaces naissent toujours de la
concertation. »
Un message qui traduit une volonté claire : renforcer
le secteur privé, tout en orientant son expression vers des cadres
institutionnels formalisés.
Une ambition : faire émerger un secteur
privé influent
En toile de fond, c’est bien une transformation du
rôle des AOP qui est visée. Comme le rappelle Mariam Fadiga Fofana :
« Il s’agit de transformer nos AOP en entités plus résilientes et plus
représentatives pour un dialogue constructif. »
Autrement dit, faire émerger des organisations
capables de :
À mesure que la Côte d’Ivoire s’engage dans un nouveau
cycle de développement, le pari est clair : sans un secteur privé structuré, le
dialogue public-privé reste un exercice formel. Avec Renfo AOP, Abidjan tente
de franchir un cap — celui d’un dialogue enfin capable de peser sur la
trajectoire économique du pays.
Reste à savoir si, au-delà des intentions affichées,
les moyens suivront.
Zinia Farnandiz Sep 28, 2024
Absolutely loved this post! Your tips on how to style a blazer are spot on. Keep up the great work, can’t wait for your next post!
Loren Watson Sep 18, 2024
Cover broad of topic in web development industry. Explained a lot of basic programming knowledge with easy to understand explanation.
Walter White Sep 29, 2024
Employees who have the flexibility to work remotely often report higher job satisfaction. This can lead to increased employee retention workforce.