News
  • 22/01/2026

Dialogue État–secteur privé : Après le bilan, le défi de l’impact

À Yamoussoukro, du 13 au 15 janvier, le Comité de Concertation État–Secteur Privé (CCESP) n’a pas seulement dressé un bilan. Il s’est surtout interrogé sur une question centrale : comment rendre le Dialogue Public Privé (DPP) plus efficace, plus crédible et plus utile à l’économie ivoirienne à l’horizon 2026.

 

Réunis autour de cinq sessions scientifiques, représentants de l’administration, organisations patronales et experts ont reconnu des avancées réelles. Mais les échanges ont aussi mis en évidence des fragilités persistantes dans un dispositif appelé à jouer un rôle clé dans la mise en œuvre des réformes économiques.

 

La restitution de l’étude sur la dynamique du Dialogue État–Secteur Privé a donné le cadre analytique des discussions. Présentée par le professeur Kimou Assi Carlos de la CAPEC, l’étude met en lumière les acquis du DPP tout en pointant ses limites. Les participants ont notamment insisté sur « la nécessité de renforcer les consultations avec les parties prenantes » et sur l’importance de s’appuyer davantage sur des données factuelles pour mieux documenter les préoccupations du secteur privé.

 

Un point a cristallisé l’attention : l’évaluation encore attendue de la Stratégie nationale du DPP 2016–2020. Pour de nombreux acteurs, l’absence de ce bilan freine l’ajustement des réformes et limite la capacité à tirer pleinement les enseignements du dialogue engagé. Les débats ont également souligné des défis structurels, notamment la territorialisation du dialogue, la capacité opérationnelle des structures déconcentrées et la transparence du suivi des décisions issues des concertations.

 

L’examen des activités critiques du CCESP a confirmé ces constats. Le fonctionnement des instances de concertation, l’animation des structures locales, l’efficacité du Réseau des points focaux et les outils de communication restent perfectibles. Ces points focaux sont pourtant appelés à jouer un rôle accru de veille économique, dans un contexte où l’information et la réactivité deviennent des leviers stratégiques.

 

Le bilan des activités menées en 2025 traduit une dynamique contrastée. Le taux d’exécution global de la matrice d’activités s’établit à 66%. Le CCESP a renforcé son positionnement institutionnel et son rôle de médiation des préoccupations du secteur privé. Mais ce niveau d’exécution rappelle que la consolidation du Dialogue Public Privé demeure un chantier inachevé.

 

Les discussions ont ensuite élargi la focale aux politiques de développement du secteur privé. Les réformes prévues dans le cadre du Plan national de développement 2026–2030 et des stratégies sectorielles visent l’amélioration du climat des affaires, la promotion des PME, l’industrialisation et le contenu local. Le secteur privé a salué « la pertinence de ces réformes », tout en appelant à une meilleure coordination interinstitutionnelle, à une évaluation rigoureuse de leur impact et à un renforcement de la communication.

 

La dernière session a permis aux acteurs privés de présenter leurs priorités pour 2026. Les échanges ont mis en évidence un climat de confiance en progression, avec un taux de satisfaction globale de 61%. Mais ils ont aussi révélé des attentes fortes en matière de structuration du dialogue, de coordination des actions et de cohérence des politiques publiques.

 

Au terme des travaux, un constat s’impose : le Dialogue Public Privé n’est plus un enjeu de principe, mais un enjeu de performance. La consolidation des mécanismes de concertation, l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle et le positionnement du CCESP comme levier stratégique des réformes économiques apparaissent désormais comme des conditions essentielles pour accompagner durablement le développement du secteur privé en Côte d’Ivoire.

 

Le dialogue existe. La prochaine étape sera de le transformer en résultats mesurables.