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  • 09/03/2026

Zimbabwe : Le gouvernement vise 9,4 milliards de dollars de recettes fiscales

Le Zimbabwe relève ses ambitions budgétaires. Pour 2026, le gouvernement s’est fixé un objectif d’environ 9,4 milliards de dollars de recettes fiscales, soit une hausse de 17% par rapport à la cible de 7,57 milliards de dollars prévue pour 2025.

 

Cette montée en puissance de la mobilisation fiscale s’inscrit dans une stratégie plus large : renforcer les ressources publiques pour financer les infrastructures, soutenir l’activité économique et accompagner les priorités de développement du pays.

 

C’est dans cette optique que le ministère des Finances, du Développement économique et de la Promotion des investissements, en collaboration avec l’Autorité fiscale du Zimbabwe (ZIMRA), a lancé cette semaine une nouvelle étape de la campagne « My Tax Works » dans la province de Manicaland.

 

Encourager la conformité fiscale

 

Les autorités ont organisé plusieurs rencontres interactives avec les contribuables et les acteurs économiques dans les districts de Mutare, Chimanimani et Mutasa.

 

L’objectif est clair : renforcer la conformité fiscale volontaire et sensibiliser les citoyens au rôle central de l’impôt dans le financement du développement national.

 

Cette initiative prolonge une campagne déjà déployée dans sept provinces du pays, visant à démontrer le lien concret entre les contributions fiscales et les projets publics réalisés sur le terrain.

 

Mutare, symbole des investissements publics

 

Dans la capitale provinciale de Manicaland, les autorités ont mis en avant plusieurs projets d’infrastructures illustrant l’utilisation des recettes publiques.

 

Parmi les chantiers majeurs figure le projet de contournement de Christmas Pass, une route de 31,2 kilomètres destinée à améliorer la fluidité du trafic et à renforcer les échanges économiques dans la région.

 

La ville bénéficie également d’investissements structurants dans les transports et l’agro-industrie. En 2025, plusieurs infrastructures ont été mises en service, notamment l’aéroport de Grand Reef, ainsi que les silos du Grain Marketing Board (GMB) et la minoterie Mega Market.

 

Dans le domaine social, l’État a également investi dans l’entrepôt pharmaceutique NATPHARM, qui vise à améliorer l’approvisionnement en médicaments, tandis que la modernisation du quartier de Sakubva s’inscrit dans un programme plus large de rénovation urbaine.

 

L’agriculture comme moteur local

 

Plus au sud, les districts de Chimanimani et Mutasa illustrent le potentiel agricole de la province.

 

La région est reconnue pour la production de bananes, d’ananas et de noix de macadamia, des cultures qui constituent une source importante de revenus pour les agriculteurs locaux.

 

Les autorités ont notamment mis en avant le Cashel Valley Out-grower Scheme, un programme qui vise à renforcer l’autonomie des producteurs en facilitant leur accès aux marchés et aux opportunités économiques.

 

Des incitations pour stimuler l’investissement

 

Lors de ces échanges, les responsables publics ont également rappelé les mesures fiscales mises en place pour encourager l’investissement dans plusieurs secteurs stratégiques.

 

Dans l’agriculture, les producteurs bénéficient d’exonérations de TVA sur les intrants et les équipements, afin de réduire les coûts de production.

 

Le secteur touristique profite, de son côté, d’une suspension des droits de douane sur les biens d’équipement importés, une mesure destinée à soutenir le développement des infrastructures touristiques.

 

L’industrie minière, pilier de l’économie zimbabwéenne, bénéficie également d’un régime fiscal favorable. Les entreprises du secteur disposent d’une exonération totale de droits de douane sur les équipements ainsi que de périodes prolongées de report de TVA, facilitant ainsi leurs investissements et leur modernisation.

 

Renforcer le lien entre impôt et développement

 

Au-delà de la mobilisation fiscale, l’initiative vise surtout à renforcer la confiance entre l’administration et les contribuables.

 

Les sessions organisées dans la province de Manicaland ont permis aux acteurs économiques de mieux comprendre le fonctionnement du système fiscal du Zimbabwe et la manière dont leurs contributions soutiennent les projets publics.

 

Selon les autorités, ces échanges ont été bien accueillis par les participants, qui ont salué leur rôle dans la promotion d’un développement national durable.

 

Dans un contexte où de nombreux pays africains cherchent à accroître leurs ressources domestiques pour financer leur croissance, le Zimbabwe mise clairement sur une fiscalité plus efficace pour soutenir ses ambitions économiques.