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  • 22/01/2026

En Gambie, l’électricité devient l’axe central de la stratégie économique nationale

La Gambie ne se contente plus d’étendre son réseau électrique. Elle en fait désormais un instrument assumé de transformation économique. Du 7 au 15 février 2026, le président Adama Barrow présidera une série d’inaugurations de projets d’accès à l’électricité couvrant l’ensemble du territoire national. Une séquence politique forte, à la fois symbolique et structurante.

 

Pilotées par le ministère du Pétrole, de l’Énergie et des Mines et la National Water and Electricity Company (NAWEC), ces inaugurations concernent des infrastructures récemment achevées dans le cadre des programmes ECOREAP, GEAP et GERMP. Au total, 719 communautés sont concernées, majoritairement en zones rurales, longtemps reléguées à la marge des grands investissements énergétiques.

 

Dans un communiqué conjoint, les autorités soulignent que ces projets traduisent « l’engagement ferme du Gouvernement de la Gambie à atteindre les objectifs de la politique d’accès universel à l’électricité, à travers l’extension d’un accès à une électricité de qualité, fiable, abordable et durable ». Un engagement qui dépasse la seule logique d’équipement.

 

Car en Gambie, l’électricité reste l’un des principaux freins à la croissance. Sans énergie stable, la transformation agricole demeure limitée, les activités artisanales plafonnent et les services sociaux fonctionnent sous contrainte. L’enjeu n’est donc pas seulement d’éclairer, mais de débloquer des chaînes de valeur locales, de sécuriser la productivité et de réduire les inégalités territoriales.

 

En ciblant des districts répartis sur toutes les grandes régions du pays, l’exécutif fait le pari d’un impact diffus mais structurant. Marchés, ateliers, centres de santé, écoles et petites entreprises figurent parmi les premiers bénéficiaires attendus. Autrement dit, l’électricité comme infrastructure invisible mais déterminante du quotidien économique.

 

Cette orientation stratégique est confortée par la mobilisation de partenaires financiers majeurs. Banque mondiale, Banque africaine de développement, Union européenne, Banque européenne d’investissement et CEDEAO accompagnent ces projets dans une logique de développement structurel. Il s’agit moins de multiplier les raccordements que de consolider un socle énergétique capable de soutenir la durée.

 

Selon les autorités, ces projets doivent « améliorer la fourniture des services, stimuler les activités économiques locales et rehausser la qualité de vie des communautés bénéficiaires, en particulier dans les zones rurales et mal desservies ». Une promesse ambitieuse, qui renvoie désormais à une exigence de résultats mesurables.

 

Le calendrier retenu, avec des cérémonies quotidiennes de 16h à 19h, traduit également une volonté d’ancrage local. Autorités administratives, leaders communautaires, bénéficiaires et médias sont appelés à s’approprier ces infrastructures, condition essentielle de leur durabilité.

 

En filigrane, la Gambie affirme une ligne claire : faire de l’électricité un bien public stratégique, et non un privilège urbain. Dans un contexte régional marqué par la pression démographique, la fragilité des réseaux et la quête de souveraineté économique, cette politique énergétique devient un marqueur de gouvernance.

 

En saluant « le soutien constant de Son Excellence le Président de la République, des partenaires financiers et de l’ensemble des parties prenantes », le ministère et la NAWEC rappellent que l’accès universel à l’électricité est un chantier de long terme. Une course d’endurance plus qu’un sprint. Reste désormais à transformer l’élan politique en performance économique durable.