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  • 13/03/2026

Fonds minier au Mali : Le gouvernement redistribue 32,5 millions de dollars aux communes pour soutenir le développement local

Le Mali tente de transformer une partie de sa richesse minière en levier de développement local. Le président de la transition, le général Assimi Goïta, a présidé le 12 mars 2026 à Bamako une cérémonie de remise symbolique de chèques géants aux collectivités territoriales bénéficiaires du Fonds minier de développement local (FMDL).

 

Au total, près de 32,5 millions de dollars (18,4 milliards FCFA) seront redistribués au titre de l’exercice 2025. L’objectif affiché par les autorités est de faire profiter les communes maliennes des retombées économiques de l’exploitation minière, secteur stratégique pour l’économie nationale.

 

La cérémonie s’est tenue au Palais de Koulouba, en présence du Premier ministre, du président du Conseil national de transition et de plusieurs membres du gouvernement.

 

Une redistribution issue des revenus miniers

 

Le Fonds minier de développement local est alimenté par les contributions versées par les sociétés titulaires de permis d’exploitation minière et par les entreprises bénéficiant d’autorisations industrielles d’exploitation de carrières.

 

Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, l’enveloppe destinée aux collectivités territoriales dépasse 32,5 millions de dollars (18,4 milliards FCFA) pour l’exercice 2025.

 

La répartition des ressources repose sur un mécanisme de péréquation territoriale destiné à corriger les déséquilibres entre régions minières et territoires moins dotés en ressources naturelles.

 

La clé de distribution est structurée de la manière suivante :

-      50% des ressources sont destinées aux communes directement affectées par les activités minières.

-      25% reviennent aux autres collectivités situées dans les zones minières.

-      Les 25% restants sont répartis entre les collectivités territoriales des autres régions du Mali.

 

Pour le ministre des Finances, ce mécanisme permet de respecter « le principe de justice territoriale » dans la redistribution de la rente minière.

 

819 communes concernées à travers le pays

 

La cérémonie organisée à Bamako n’a concerné que neuf collectivités à titre symbolique. Elles proviennent de plusieurs régions, notamment Kayes, Koulikoro, Sikasso, Bougouni, Kita, Tombouctou, San, Gao et Kidal.

 

En réalité, l’ensemble des 819 communes du Mali bénéficieront de cette redistribution.

 

Ces ressources doivent permettre aux collectivités de financer des projets structurants : infrastructures locales, équipements publics ou initiatives de développement territorial.

 

À l’issue de la cérémonie, le président Assimi Goïta a salué la concrétisation d’une réforme attendue par les populations.

« Nous sommes très heureux et très satisfaits d’avoir concrétisé ce vœu du peuple malien », a-t-il déclaré.

 

L’enjeu stratégique de la rente aurifère

 

Le Mali figure parmi les principaux producteurs d’or du continent africain. L’exploitation aurifère constitue l’un des piliers de l’économie nationale et représente une part importante des exportations du pays.

 

Mais dans de nombreuses zones d’exploitation, les populations locales dénoncent depuis longtemps un décalage entre la richesse générée par les mines et leur niveau de développement.

 

Infrastructures insuffisantes, accès limité aux services sociaux et impacts environnementaux liés aux activités minières restent des préoccupations récurrentes dans certaines régions.

 

Dans ce contexte, le Fonds minier de développement local apparaît comme un instrument destiné à mieux redistribuer les retombées économiques du secteur extractif.

 

L’objectif est de rapprocher la richesse du sous-sol des besoins réels des territoires.

 

Un dispositif de suivi à trois niveaux

 

Les autorités maliennes affirment également vouloir renforcer la gouvernance de ce mécanisme financier.

 

Le suivi des projets financés par le fonds sera assuré par trois instances distinctes : un comité communal, un comité régional et un comité national.

 

Selon le chef de l’État, ce dispositif doit garantir une utilisation rigoureuse des ressources publiques.

« Un changement notoire devrait être observé dans la vie des communes », a déclaré Assimi Goïta, estimant que ce fonds pourrait contribuer à « donner un nouveau visage aux communes ».

 

Le président de la transition a également insisté sur la nécessité d’une gestion transparente. Tout détournement ou mauvaise utilisation des ressources pourrait donner lieu à des procédures judiciaires, dans le cadre de la lutte contre la corruption.

 

Un test pour la gouvernance économique

 

Au-delà de l’annonce politique, la redistribution du Fonds minier de développement local constitue un test important pour la gestion des ressources naturelles au Mali.

 

Dans de nombreuses économies africaines riches en minerais, la question demeure centrale : comment transformer la rente extractive en développement durable pour les territoires concernés.

 

Si le mécanisme fonctionne efficacement, il pourrait contribuer à renforcer l’acceptabilité sociale des projets miniers et à réduire les tensions parfois observées dans certaines zones d’exploitation.

 

Mais le succès de cette initiative dépendra avant tout de la capacité des collectivités à financer des projets structurants et de la transparence dans la gestion des fonds publics.