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  • 12/06/2026

Côte d’Ivoire : L’or entre dans une phase d’industrialisation accélérée, cap sur 62 tonnes en 2026

La Côte d’Ivoire s’installe progressivement sur la carte des producteurs aurifères structurés. Selon des informations rapportées par Reuters, la production nationale d’or devrait atteindre 62 tonnes en 2026, portée par l’extension des mines existantes et une montée en puissance des investissements étrangers. Une trajectoire qui confirme un changement d’échelle industriel, dans un marché africain dominé par le Ghana.

 

La Côte d’Ivoire n’est plus dans la phase de promesse. Elle entre dans celle de la consolidation industrielle. Et dans le secteur aurifère, ce glissement de phase est rarement neutre.

 

D’après des données rapportées par Reuters, la production d’or du pays devrait progresser à 62 tonnes en 2026, contre 59,33 tonnes en 2025. La hausse peut sembler marginale à première lecture. Elle ne l’est pas dans sa lecture structurelle : elle traduit une montée en régime progressive d’un appareil minier déjà en production, plutôt qu’une dépendance à des découvertes ponctuelles.

 

La trajectoire projetée renforce cette lecture. La production est attendue à 63 tonnes en 2027, puis environ 69 tonnes en 2028, dessinant une courbe d’expansion régulière, typique des économies minières qui passent du stade exploratoire à un régime d’exploitation optimisée.

 

Un modèle porté par l’extension des actifs existants

 

Le cœur de la dynamique ivoirienne ne repose pas sur une explosion du nombre de découvertes, mais sur l’intensification des capacités des mines déjà en activité.

 

Le pays exploite actuellement 14 mines d’or, un chiffre appelé à évoluer avec la mise en service progressive de nouveaux projets, notamment Kone, Doropo et Tanda, qui pourraient porter le total à 17 sites opérationnels dans les prochaines années.

 

Ce point est central : la croissance n’est plus uniquement géologique, elle devient industrielle. Autrement dit, la Côte d’Ivoire optimise davantage son sous-sol qu’elle ne le découvre.

 

Un environnement de permis qui signale la profondeur du cycle

 

Au-delà des volumes, un indicateur attire particulièrement l’attention des investisseurs : la dynamique des permis d’exploration.

 

Toujours selon Reuters, les autorités ivoiriennes ont validé une part importante des demandes de recherche ces dernières années, confirmant un environnement perçu comme favorable par les acteurs du secteur.

 

Ce signal est souvent plus déterminant que la production elle-même. Dans les marchés miniers, la capacité à absorber et encadrer l’exploration conditionne le pipeline de production future.

 

Une montée en puissance mesurée face au leader régional

 

Sur le plan continental, l’écart reste significatif. Le Ghana demeure le principal producteur d’or en Afrique, avec environ 187 tonnes l’an dernier, selon le Conseil mondial de l’or.

 

Mais la comparaison ne relève pas encore d’une confrontation directe. La Côte d’Ivoire avance selon une logique différente : une stratégie d’accumulation progressive de capacité, appuyée sur la stabilité réglementaire et l’attractivité du sous-sol.

 

Le véritable enjeu n’est donc pas le rattrapage immédiat, mais la construction d’un second pôle aurifère solide en Afrique de l’Ouest.

 

Les majors comme baromètre de maturité industrielle

 

La présence d’acteurs internationaux constitue un autre indicateur clé de cette transformation.

 

Des groupes tels qu’Endeavour Mining, Perseus Mining, Resolute Mining ou encore Roxgold sont déjà implantés dans le pays. Leur positionnement traduit une évolution nette : la Côte d’Ivoire n’est plus seulement un territoire d’exploration, mais un espace de déploiement industriel et d’optimisation de portefeuilles miniers.

 

Dans ce type de configuration, les décisions d’investissement ne sont plus spéculatives. Elles deviennent structurelles, avec des horizons longs et des engagements en capital plus lourds.

 

L’or comme pilier discret de la diversification ivoirienne

 

Derrière la dynamique sectorielle, l’enjeu est macroéconomique.

 

Dans une économie encore fortement adossée au cacao, l’or s’impose progressivement comme un instrument de diversification des exportations et de stabilisation des recettes extérieures. Cette évolution réduit partiellement la dépendance aux cycles agricoles, tout en renforçant la visibilité du pays sur les marchés de matières premières.

 

Les autorités cherchent par ailleurs à accélérer cette dynamique à travers des plateformes d’attractivité comme le salon SIREXE à Abidjan, conçu comme un point de rencontre entre investisseurs et projets extractifs.

 

Une trajectoire plus silencieuse que spectaculaire, mais structurante

 

La Côte d’Ivoire n’est pas encore dans une phase d’explosion minière. Elle est dans une phase plus stratégique : celle de la structuration.

 

La progression vers 62 tonnes en 2026 ne constitue pas un choc de marché. Elle marque plutôt une confirmation : le pays s’installe durablement dans la catégorie des producteurs aurifères crédibles, avec une trajectoire lisible et une base industrielle en expansion.

 

Dans un secteur où la volatilité domine souvent les récits, cette régularité devient, en elle-même, un signal de maturité.