News
  • 18/03/2026

Kenya : un mécanisme de garantie pour lever le frein du financement des start-up


Le Fonds d'équipement des Nations Unies (FENU) et la Banque coopérative du Kenya ont officialisé un accord de garantie de portefeuille de prêts. Ce mécanisme, qui intervient dans le cadre du programme DigiKen, permettra de débloquer des capitaux pour les plateformes numériques locales et les jeunes entreprises, marquant ainsi une étape importante dans le parcours de transformation numérique du pays.

Le dispositif repose sur un mécanisme de partage des risques, permettant d’encourager les banques à accorder des prêts à des entreprises numériques en phase de croissance. Selon le coordonnateur résident des Nations Unies, Stephen Jackson, cette initiative entend s'attaquer à l'un des plus grands obstacles auxquels sont confrontées les jeunes entreprises : l'accès au financement. Elle a également pour objectif de transformer l’image du secteur numérique, fréquemment perçu comme risqué, en mettant en avant sa solidité et son potentiel durable.

Vincent Marangu, directeur de la division Banque coopérative de la Banque coopérative du Kenya, a souligné que ce partenariat leur offrira la possibilité d'étendre leurs solutions de financements à un plus grand nombre d'entreprises tout en conservant la rigueur en matière de gouvernance et la discipline de crédit. L’objectif est de soutenir la croissance des entreprises en phase de développement.

Président la cérémonie de signature, le secrétaire principal aux TIC, l'ingénieur John Tanui, de la CBS a souligné que le mécanisme de financement est pleinement aligné sur le programme de transformation économique ascendante (BETA) du gouvernement, en particulier sur ses cinq piliers clés que sont la création d'emplois et l'autonomisation économique. « La transformation numérique demeure au cœur de la stratégie de développement du Kenya, guidée par le Plan directeur national numérique. Nous avons réalisé des progrès significatifs dans la mise en place des fondements d'une économie numérique », a-t-il déclaré.

Un écosystème numérique en pleine expansion et structuration

Ce mécanisme s’inscrit dans un contexte de montée en puissance de l’économie numérique kényane. Ces dernières années, le pays s’est imposé comme l’un des principaux pôles technologiques du continent, soutenu par un écosystème dynamique de start‑up, notamment dans les domaines des fintechs, des plateformes de services et du commerce en ligne.

Cette tendance se reflète dans les classements internationaux. Selon l’indice StartupBlink publié en mars 2026, le Kenya se positionne parmi les écosystèmes de start-up les plus dynamiques du continent, avec 612 jeunes entreprises recensées, renforçant ainsi son rôle de hub régional de l’innovation. Par ailleurs, les investissements publics dans les infrastructures ont largement soutenu cette progression. Selon les autorités, plus de 40 000 kilomètres de fibre optique ont été déployés à travers le pays pour étendre la connectivité et la plateforme gouvernementale eCitizen compte désormais plus de 16 millions d'utilisateurs, avec environ 500 000 connexions quotidiennes.

Le dispositif mis en place vise à remédier aux difficultés d’accès au financement, qui constituent encore un frein majeur pour les jeunes entreprises numériques, en mobilisant des acteurs publics et privés autour d’un modèle de financement innovant. Il devrait accélérer la croissance de l'écosystème et multiplier les opportunités pour les entrepreneurs au Kenya.