Le Fonds d'équipement des Nations Unies (FENU) et la Banque
coopérative du Kenya ont officialisé un accord de garantie de portefeuille de
prêts. Ce mécanisme, qui intervient dans le cadre du programme DigiKen, permettra de débloquer des capitaux
pour les plateformes numériques locales et les jeunes entreprises, marquant
ainsi une étape importante dans le parcours de transformation numérique du pays.
Le dispositif repose sur un mécanisme de partage des
risques, permettant d’encourager les banques à
accorder des prêts à des entreprises
numériques en phase de croissance. Selon le coordonnateur résident des Nations
Unies, Stephen Jackson, cette initiative entend s'attaquer à l'un des plus
grands obstacles auxquels sont confrontées les jeunes entreprises : l'accès au
financement. Elle a également pour objectif de transformer l’image du secteur
numérique, fréquemment perçu comme risqué, en mettant en avant sa solidité et
son potentiel durable.
Vincent Marangu, directeur de la division Banque coopérative
de la Banque coopérative du Kenya, a souligné que ce partenariat leur offrira
la possibilité d'étendre leurs solutions de financements à un plus grand nombre
d'entreprises tout en conservant la rigueur en matière de gouvernance et la discipline
de crédit. L’objectif est de soutenir la croissance des entreprises en phase de
développement.
Président la cérémonie de signature, le secrétaire principal
aux TIC, l'ingénieur John Tanui, de la CBS a souligné que le mécanisme de
financement est pleinement aligné sur le programme de transformation économique
ascendante (BETA) du gouvernement, en particulier sur ses cinq piliers clés que
sont la création d'emplois et l'autonomisation économique. « La transformation numérique demeure au cœur
de la stratégie de développement du Kenya, guidée par le Plan directeur
national numérique. Nous avons réalisé des progrès significatifs dans la mise
en place des fondements d'une économie numérique », a-t-il déclaré.
Un écosystème
numérique en pleine expansion et structuration
Ce mécanisme s’inscrit dans un contexte de montée en
puissance de l’économie numérique kényane. Ces dernières années, le pays s’est
imposé comme l’un des principaux pôles technologiques du continent, soutenu par
un écosystème dynamique de start‑up, notamment dans les domaines des fintechs,
des plateformes de services et du commerce en ligne.
Cette tendance se reflète dans les classements
internationaux. Selon l’indice StartupBlink publié en mars 2026, le Kenya se
positionne parmi les écosystèmes de start-up les plus dynamiques du continent,
avec 612 jeunes entreprises recensées, renforçant ainsi son rôle de hub
régional de l’innovation. Par ailleurs, les investissements publics dans les
infrastructures ont largement soutenu cette progression. Selon les autorités, plus
de 40 000 kilomètres de fibre optique ont été déployés à travers le pays
pour étendre la connectivité et la
plateforme gouvernementale eCitizen compte désormais plus de 16 millions
d'utilisateurs, avec environ 500 000 connexions quotidiennes.
Le dispositif mis en place vise à remédier aux difficultés
d’accès au financement, qui constituent encore un frein majeur pour les jeunes
entreprises numériques, en mobilisant des acteurs publics et privés autour d’un
modèle de financement innovant. Il devrait accélérer la croissance de l'écosystème et multiplier
les opportunités pour les entrepreneurs au Kenya.
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