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  • 14/10/2026

Oryx Energies : Le Sénégalais Moussa Diao reprend le contrôle du groupe pétrolier valorisé à près d'un milliard de dollars

Entré chez Oryx Energies en 1999 comme trader junior, Moussa Diao s’associe au Français Hervé Bouvet pour reprendre la majorité du capital du distributeur suisse d’hydrocarbures. Valorisé à environ un milliard de dollars, soit près de 587 milliards FCFA, le groupe possède un important réseau d’approvisionnement, de stockage et de distribution sur le continent africain.

 

Le parcours de Moussa Diao connaît un tournant majeur. Plus de 25 ans après son arrivée chez Oryx Energies, le dirigeant sénégalais s’associe à Hervé Bouvet, responsable de l’activité de négoce du groupe, pour en reprendre le contrôle majoritaire. L’opération, rapportée par Bloomberg le 6 octobre puis par Africa Intelligence le lendemain, marque une nouvelle étape dans l’histoire de ce négociant en hydrocarbures basé à Genève.

 

Les deux dirigeants acquièrent la majorité du capital auprès des actionnaires historiques, dont AOG, la holding de l’homme d’affaires suisse Jean-Claude Gandur. Selon Bloomberg, la transaction valorise Oryx Energies à environ un milliard de dollars, soit près de 587 milliards FCFA.

 

Le financement de l’opération et la répartition définitive des participations entre les deux repreneurs n’ont toutefois pas été rendus publics. Le montant annoncé correspond donc à une valorisation rapportée par la presse économique, et non nécessairement à la somme déboursée personnellement par les acquéreurs.

 

De trader junior à actionnaire majoritaire

 

La trajectoire de Moussa Diao illustre une longue progression au sein d’un même groupe. Il rejoint Oryx Energies en 1999 comme trader junior, avant de développer les activités de gaz de pétrole liquéfié (GPL) au Bénin. Il prend ensuite des responsabilités commerciales en Côte d’Ivoire, puis participe au développement des activités de négoce en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

 

En février 2019, il est nommé directeur général. Sa connaissance des activités opérationnelles, des marchés africains et des circuits d’approvisionnement constitue un atout dans la reprise d’un groupe dont le modèle repose sur la maîtrise de plusieurs maillons de la chaîne pétrolière.

 

Ingénieur physicien diplômé de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, en Suisse, Moussa Diao est également titulaire d’un master spécialisé en politique et gestion de l’énergie de l’Institut français du pétrole. Il est le fils d’Abdoulaye « Baba » Diao, figure du secteur pétrolier sénégalais et fondateur de la société de négoce ITOC.

 

Son association avec Hervé Bouvet est déterminante : l’opération relève d’un rachat par les dirigeants, souvent désigné par le terme anglais management buyout. Ce type de transaction permet à une équipe dirigeante de prendre le contrôle de l’entreprise qu’elle connaît de l’intérieur, généralement avec l’appui de ressources financières externes ou de montages spécifiques.

 

Dans le cas d’Oryx Energies, les sources consultées ne permettent pas encore d’établir l’origine des fonds mobilisés ni la contribution respective des deux acquéreurs.

 

Oryx Energies, un maillon de l’approvisionnement pétrolier africain

 

L’enjeu dépasse le changement de propriétaires. Basé à Genève, Oryx Energies intervient dans l’approvisionnement, le négoce international, le stockage, le transport et la distribution de produits pétroliers. Son portefeuille comprend notamment les carburants, le GPL, les lubrifiants et les combustibles destinés au secteur maritime.

 

Selon les données publiées par le groupe et reprises par Forbes Afrique, Oryx Energies est présent dans plus de 30 pays africains, avec des activités établies dans 17 pays. Il exploite plus de 410 stations-service et 11 terminaux majeurs, dispose d’une capacité de stockage proche d’un million de mètres cubes et commercialise environ 9,4 millions de tonnes de produits pétroliers par an. Ses effectifs dépassent 1 800 collaborateurs.

 

L’Afrique de l’Ouest représente un marché central pour l’entreprise. La Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Bénin, le Togo, le Mali et la Mauritanie figurent parmi les pays où elle déploie ses activités.

 

Au Sénégal, le terminal de Bargny constitue notamment un actif logistique important pour l’approvisionnement en produits pétroliers. Les infrastructures de stockage et les capacités de distribution sont essentielles pour acheminer les produits importés vers les marchés nationaux et les pays enclavés de la région.

 

Cette position donne à Oryx Energies un rôle qui dépasse celui d’un simple réseau de stations-service. Le groupe intervient sur les infrastructures et les circuits commerciaux qui relient les marchés internationaux des hydrocarbures aux consommateurs et aux entreprises africaines.

 

Un changement de contrôle, mais quelle stratégie pour la suite ?

 

La reprise ouvre une nouvelle phase pour le groupe, dans un secteur soumis à la volatilité des cours internationaux, aux coûts logistiques et aux risques géopolitiques. Pour un distributeur dépendant des importations de produits raffinés, la sécurisation des approvisionnements et la maîtrise des capacités de stockage restent des facteurs déterminants.

 

La question est désormais de savoir quelles orientations Moussa Diao et Hervé Bouvet donneront à l’entreprise. Le maintien des investissements dans les infrastructures, l’expansion des réseaux de distribution et le développement du GPL pourraient peser sur les prochaines étapes de sa croissance. Aucune annonce publique consultée ne permet toutefois d’attribuer aux nouveaux propriétaires un programme d’investissement précis.

 

L’opération met également en lumière la place des dirigeants africains dans le contrôle des grands groupes opérant sur le continent. Elle ne signifie pas pour autant qu’Oryx Energies est désormais détenu exclusivement par des capitaux africains : la répartition définitive du capital entre Moussa Diao, Hervé Bouvet et d’éventuels partenaires n’est pas connue.

 

Pour BankAssur Afrik+, le fait économique majeur réside donc autant dans le parcours du dirigeant sénégalais que dans le changement de contrôle d’un acteur important de la chaîne pétrolière africaine. Reste à connaître le montage financier de l’acquisition et les ambitions que les nouveaux propriétaires entendent concrétiser.