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  • 30/10/2026

AES-Russie : La banque de développement du Sahel s’allie à un établissement russe sous sanctions

La Banque confédérale pour l’investissement et le développement de l’AES (BCID-AES) a signé, le 28 octobre 2026 à Moscou, un accord avec VEB.RF, une banque publique russe sous sanctions occidentales. Conclu en marge du Sommet Russie-Afrique, ce partenariat intervient alors qu'un rapport d'InterGlobe Conseils souligne la faiblesse des investissements russes sur le continent.

 

Russie-Afrique : un accord sans financement annoncé

 

Le mémorandum a été signé par Balibié Serge Auguste Bayala, président de la BCID-AES, et Daniil Algoulian, vice-président de VEB.RF, en présence du vice-Premier ministre russe Alexandre Novak.

 

Représentant l’AES, le Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a appelé à des investissements créateurs d’emplois. L’accord cible notamment l’énergie et les infrastructures. Aucun montant ni calendrier de financement n’a toutefois été communiqué.

 

Russie : moins de 1% des investissements étrangers en Afrique

 

Ce rapprochement contraste avec le bilan économique russe. Selon un rapport d’InterGlobe Conseils présenté le 27 octobre à Abidjan, la Russie représente moins de 1% des investissements directs étrangers (IDE) entrants en Afrique et moins de 2% du commerce ouest-africain.

 

L'étude relève également que les projets nucléaires et miniers annoncés au Sahel restent principalement au stade des protocoles, malgré le rapprochement politique et militaire entre Moscou et les dirigeants de l'AES. Ces estimations, rapportées par Afrimag, n'ont pas été vérifiées indépendamment.

 

Une souveraineté financière dépendante de Moscou ?

 

Inaugurée en décembre 2025 à Bamako avec un capital initial annoncé de 500 milliards FCFA, la BCID-AES ambitionne de financer le développement des trois États sahéliens.

 

Son nouveau partenaire, VEB.RF, est une banque de développement contrôlée par l’État russe. Elle est exclue depuis 2022 de SWIFT, le réseau permettant aux banques d’échanger des instructions de paiement à l’international, dans le cadre des sanctions européennes.

 

Ces restrictions peuvent compliquer les transactions financières. Pour les autorités de l’AES, qui revendiquent leur indépendance économique, le recours à un établissement russe sanctionné pose la question des risques financiers et de la dépendance envers Moscou.

 

À l'issue du Sommet Russie-Afrique, l'enjeu reste de transformer les engagements diplomatiques en investissements vérifiables, sans compromettre l'autonomie financière des États sahéliens.


F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info