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  • 02/02/2026

Afreximbank injecte 1,75 milliard de dollars dans le secteur énergétique angolais : Un pari stratégique pour l’industrialisation

L’Angola renforce ses fondations financières dans un secteur énergétique clé pour son économie. En juillet 2025, Afreximbank a conclu un financement syndiqué d’achat de créances de 1,75 milliard de dollars en faveur de Sonangol, la compagnie pétrolière nationale. L’opération, rendue publique le 28 janvier 2026 au Caire, s’inscrit dans un contexte de volatilité des prix du pétrole et de pression croissante sur les recettes publiques angolaises.

 

Pour le pays, dépendant à plus de 90% de ses revenus pétroliers, ce financement dépasse la simple injection de liquidités. Il vise à sécuriser les opérations courantes de Sonangol et à soutenir ses investissements tout en garantissant la continuité des exportations énergétiques, essentielles à la stabilité macroéconomique.

 

« Ce financement syndiqué de 1,75 milliard de dollars américains témoigne de l’engagement d’Afreximbank à soutenir les acteurs africains de l’énergie et à préserver les capacités d’exportation, essentielles à la souveraineté macroéconomique et à la résilience commerciale de nos États membres », explique Haytham Elmaayergi, vice-président exécutif de la Banque du commerce mondial d’Afreximbank.

 

L’opération est également emblématique de la stratégie d’Afreximbank : mobiliser des capitaux africains pour financer des secteurs stratégiques, tout en atténuant les risques liés à la volatilité des prix des matières premières. Les garanties flexibles et les structures innovantes mises en place permettent aux prêteurs de se prémunir contre les fluctuations du marché, tout en offrant à Sonangol la marge de manœuvre nécessaire pour investir et planifier à moyen terme.

 

Mais au-delà du montage financier, c’est la dimension économique et industrielle qui interpelle. En sécurisant les flux de capitaux et les exportations, l’Angola se donne les moyens de développer une chaîne de valeur locale autour du pétrole et du gaz. Le financement devrait soutenir la création d’emplois, renforcer les recettes d’exportation et contribuer à une industrialisation graduelle, un objectif affiché depuis plusieurs années par le gouvernement angolais.

 

Cette initiative illustre aussi le rôle croissant des institutions africaines dans le financement des économies du continent. Afreximbank ne se limite plus à fournir des prêts ; elle structure et syndique des mécanismes complexes qui visent à accroître l’autonomie financière des États africains et à renforcer leur participation au commerce mondial.

 

« Cette opération permettra à Sonangol de répondre à ses besoins opérationnels et de financement, de maintenir ses flux d’exportation, d’accroître la disponibilité énergétique et de soutenir l’industrialisation et la transformation économique de l’Angola », précise Haytham Elmaayergi.

 

En filigrane, l’opération pose une question plus large : dans quelle mesure les pays africains pourront-ils s’appuyer sur des institutions panafricaines pour financer leurs secteurs stratégiques et réduire leur dépendance aux capitaux étrangers traditionnels ? Pour l’instant, Afreximbank semble vouloir démontrer qu’un modèle de financement africain, robuste et innovant, peut répondre à ces enjeux tout en soutenant la souveraineté économique et la croissance industrielle sur le continent.