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  • 02/02/2026

Or ivoirien : WIA Gold passe la main, Santa Fe Minerals entre en jeu

Dans le secteur minier, les mouvements les plus révélateurs sont souvent les plus silencieux. Pas d’annonce tonitruante, pas de rupture spectaculaire. Juste une décision stratégique, mûrie, assumée. C’est exactement ce que raconte la cession par WIA Gold de l’ensemble de ses permis d’exploration aurifère en Côte d’Ivoire au profit de Santa Fe Minerals.

 

À première vue, l’opération pourrait passer pour une sortie. Elle est en réalité un recentrage. WIA Gold, junior minière cotée en Australie, a choisi de tourner une page ivoirienne ouverte il y a quelques années pour concentrer ses ressources sur un projet jugé plus structurant en Namibie. Dans un contexte mondial où les capitaux se font plus sélectifs, cette décision traduit une discipline stratégique devenue rare : mieux vaut un actif phare bien financé qu’un portefeuille dispersé.

 

Pour la Côte d’Ivoire, le signal est loin d’être négatif. Les permis cédés ne sont pas abandonnés ; ils sont repris. Santa Fe Minerals, autre junior australienne, met la main sur un ensemble de titres miniers déjà constitués, dans un pays dont le potentiel aurifère n’est plus à démontrer. L’opération lui permet de gagner du temps, de réduire le risque administratif et de s’installer plus rapidement sur un terrain connu des investisseurs internationaux.

 

Le montage de la transaction en dit long sur l’état d’esprit du secteur. WIA Gold n’a pas simplement encaissé un chèque. Elle conserve une exposition indirecte à l’avenir des projets ivoiriens en recevant des actions de Santa Fe Minerals. Autrement dit, elle quitte l’opérationnel, mais pas la valeur potentielle. Une façon élégante de sortir sans fermer la porte.

 

Au-delà du cas particulier, cette cession illustre une réalité plus large : la maturité croissante du marché minier ivoirien. Les actifs circulent, se valorisent, changent de mains entre acteurs spécialisés. La Côte d’Ivoire n’est plus une frontière minière expérimentale ; elle est devenue un espace d’arbitrage stratégique, où l’on entre, où l’on se repositionne, où l’on transmet.

 

Dans un environnement mondial marqué par la hausse des coûts d’exploration et la pression des actionnaires, ces mouvements racontent une chose essentielle : l’or ivoirien reste une promesse crédible. Et surtout, une promesse suffisamment sérieuse pour justifier des décisions rationnelles, loin de l’émotion et du hasard.

 

Ici, personne ne fuit. Chacun ajuste sa trajectoire. Et c’est souvent ainsi que les secteurs solides avancent.