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  • 21/05/2026

AFRICOM alerte sur un basculement stratégique mondial : Entre commerce, minerais critiques et montée des menaces sécuritaires en Afrique

À Washington, le ton n’avait rien d’anodin. Devant la commission des forces armées du Sénat, le général Dagvin RM Anderson, à la tête de l’United States Africa Command, a dressé un tableau où l’Afrique n’est plus seulement un espace périphérique, mais un centre de gravité en recomposition. Commerce mondial, ressources stratégiques, démographie : le continent est désormais présenté comme un pivot structurant des équilibres futurs.

 

Dans son intervention, le commandant américain insiste sur une équation devenue centrale dans la doctrine sécuritaire de Washington : l’Afrique concentre à la fois des opportunités économiques majeures — notamment les minerais critiques indispensables aux technologies de défense — et une densification des risques sécuritaires. Groupes armés, réseaux terroristes et trafics transnationaux évolueraient dans un environnement de plus en plus interconnecté, selon son analyse.

 

Le discours, très politique dans sa tonalité, souligne également une compétition géostratégique accrue avec la Chine et la Russie, accusées de tirer parti des fragilités institutionnelles et économiques du continent pour renforcer leur influence.

 

Mais sur le terrain, cette lecture stratégique trouve un écho concret dans la montée des économies criminelles. Quelques heures avant certaines de ces prises de position relayées à Washington, les autorités nigérianes annonçaient le démantèlement d’un laboratoire clandestin de méthamphétamine dans l’État d’Ogun. Une opération de l’agence antidrogue nigériane (NDLEA) a permis de saisir une production estimée à environ 360 millions de dollars, impliquant un réseau transnational incluant des ressortissants mexicains. Un cas qui illustre, à échelle micro, la sophistication croissante des chaînes criminelles évoquées dans les analyses sécuritaires internationales.

 

Entre les déclarations stratégiques formulées dans les enceintes du Congrès américain et les opérations de terrain menées dans les zones forestières d’Afrique de l’Ouest, une même réalité s’impose progressivement : la frontière entre enjeux économiques, sécuritaires et criminels devient de plus en plus poreuse.

 

Dans ce contexte, l’Afrique apparaît moins comme un théâtre secondaire que comme un espace où se redéfinissent simultanément les routes du commerce mondial, les flux de matières premières critiques et les logiques de puissance.