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  • 08/10/2026

Afrique du Sud : Coca-Cola mobilise près de 29 millions de dollars pour réduire les pertes d’eau

Face à l’ampleur des déficits des infrastructures hydrauliques, l’Afrique du Sud mise de plus en plus sur les partenariats avec le secteur privé. Coca-Cola vient d’annoncer un mécanisme de 500 millions de rands, soit environ 29 millions de dollars (16,4 milliards de FCFA), destiné notamment à réduire les fuites dans les réseaux municipaux.

 

L’annonce a été faite le 7 octobre à Pretoria, à l’issue d’une rencontre entre le président sud-africain Cyril Ramaphosa et Luis Felipe Avellar, président de l’unité africaine de The Coca-Cola Company. Le dispositif associe Coca-Cola Beverages Africa, le gouvernement sud-africain, la Banque mondiale à travers son 2030 Water Resources Group, Rand Water Services, Global Water Challenge et la municipalité de Tshwane, entre autres.

 

Le mécanisme doit mobiliser 250 millions de rands auprès du secteur privé, auxquels s’ajouteront 250 millions de rands de partenaires publics, pour atteindre une enveloppe totale de 500 millions de rands entre 2026 et 2031. Les premiers projets seront concentrés dans le Gauteng, avec une première phase dans le réseau municipal de la ville de Tshwane.

 

L’objectif est très concret : limiter les pertes d’eau dites « non facturées », principalement liées aux fuites, aux canalisations vieillissantes et aux insuffisances du réseau. Selon Coca-Cola, l’Afrique du Sud perd actuellement environ 47% de son eau traitée à travers ces différentes formes de pertes. Le programme prévoit notamment des interventions sur la gestion de la pression dans les réseaux et l’installation d’équipements permettant de mieux contrôler les rejets industriels.

 

L’eau devient un sujet d’investissement

 

Derrière cette opération se joue une question plus large : comment financer la remise à niveau d’infrastructures municipales dont l’entretien est devenu insuffisant ?

 

Le gouvernement de Cyril Ramaphosa a fait de l’eau une nouvelle priorité nationale après plusieurs années de dégradation du service dans différentes municipalités. Présenté en juillet 2026, le National Water Action Plan prévoit explicitement d’accroître les investissements dans les infrastructures hydrauliques, notamment en mobilisant davantage le secteur privé.

 

Pretoria avait déjà annoncé, en février, plus de 156 milliards de rands de financements publics sur trois ans pour les infrastructures d’eau et d’assainissement. Mais l’enjeu ne consiste pas uniquement à construire de nouvelles installations. Une part importante du problème se situe dans les réseaux existants, leur maintenance, leur gestion financière et leur capacité à acheminer effectivement l’eau jusqu'aux consommateurs.

 

C’est précisément sur ce terrain que le partenariat avec Coca-Cola veut intervenir. En réduisant les pertes physiques d’eau, les municipalités peuvent récupérer des volumes actuellement perdus tout en améliorant leurs recettes. Le mécanisme vise ainsi à rendre les infrastructures existantes plus performantes et, à terme, plus susceptibles d’attirer de nouveaux financements privés.

 

Un modèle appelé à changer d’échelle ?

 

Le choix du Gauteng n’est pas anodin. Cette province, qui abrite notamment Johannesburg et Pretoria, concentre une importante activité économique et industrielle. La première phase à Tshwane doit servir de terrain d’expérimentation avant une éventuelle extension à d’autres municipalités.

 

Pour Coca-Cola, l'opération s'inscrit également dans une stratégie plus large de sécurisation de l'eau, ressource directement stratégique pour l'industrie des boissons. Le groupe avait récemment annoncé un programme d'investissement de 17,6 milliards de rands en Afrique du Sud à l'horizon 2030.

 

Le véritable enjeu sera donc de savoir si ce type de partenariat peut dépasser le stade du projet pilote. Si les investissements permettent effectivement de réduire les fuites, d'améliorer les revenus municipaux et de renforcer la maintenance des réseaux, le modèle pourrait être reproduit dans d'autres villes sud-africaines.

 

L'expérience sud-africaine illustre surtout une tendance appelée à prendre de l'ampleur sur le continent : face au coût croissant de la remise à niveau des infrastructures essentielles, les États cherchent désormais à combiner financement public, capitaux privés, expertise technique et réforme de la gestion municipale. Pour l'eau comme pour l'énergie, la question n'est donc plus seulement de construire davantage, mais de trouver les mécanismes permettant de financer et de maintenir durablement les infrastructures existantes.