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  • 14/01/2026

AGOA prolongé, dialogue maintenu : Pretoria sécurise ses échanges avec Washington

L’Afrique du Sud respire, mais reste sur ses gardes. Le vote de la Chambre des représentants des États-Unis en faveur du renouvellement de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) marque une étape importante pour les relations commerciales entre Washington et l’Afrique subsaharienne. À Pretoria, la décision a été accueillie comme un signal positif, sans pour autant dissiper toutes les incertitudes.

 

Le 13 janvier 2026, les élus américains ont approuvé un projet de loi prolongeant l’AGOA pour trois années supplémentaires. Ce programme permet aux pays africains éligibles d’exporter vers les États-Unis des milliers de produits en franchise de droits de douane. Pour l’Afrique du Sud, il s’agit d’un levier clé pour l’automobile, l’agro-industrie, le textile et certains segments manufacturiers.

 

Le ministre sud-africain du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence, Parks Tau, a salué cette avancée, estimant qu’elle apporte « de la certitude et de la prévisibilité aux entreprises qui dépendent de l’AGOA », selon des propos rapportés par Reuters. Un message directement adressé aux industriels et aux investisseurs, alors que plusieurs décisions d’investissement étaient suspendues à l’issue du débat américain.

 

Mais à Pretoria, personne ne se fait d’illusions. Le vote de la Chambre n’est qu’une étape. Le texte doit encore être examiné par le Sénat américain, puis promulgué. Surtout, la durée limitée de la prolongation rappelle la fragilité structurelle du dispositif.

 

C’est dans ce contexte que l’Afrique du Sud a confirmé qu’elle poursuivait ses échanges avec les États-Unis en vue d’un accord commercial plus large. Le gouvernement sud-africain cherche à dépasser le cadre de l’AGOA, jugé trop unilatéral et trop exposé aux arbitrages politiques américains.

 

Ces discussions visent notamment à réduire les tensions commerciales persistantes et à offrir un cadre plus stable aux échanges bilatéraux. Pour Pretoria, l’enjeu est clair : protéger ses exportations, sécuriser des milliers d’emplois industriels et maintenir son attractivité auprès des investisseurs internationaux.

 

En filigrane, cette séquence illustre une réalité plus large. L’AGOA reste un outil utile, mais il ne peut constituer une stratégie de développement à long terme. La prolongation obtenue offre un répit. Les négociations en cours diront si ce répit peut se transformer en partenariat durable.

 

Pour l’Afrique du Sud, comme pour le reste du continent, le message est limpide : profiter de l’AGOA tant qu’il existe, tout en préparant activement le monde d’après.