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  • 27/02/2026

Exemption de visa : la BAD et l’UA relancent un levier stratégique pour accélérer la transformation économique africaine


Les décideurs politiques, les chefs d'entreprise et les institutions de développement africains ont renouvelé leurs appels à la suppression des visas pour les voyages à travers le continent, décrivant la libre circulation des personnes comme essentielle pour débloquer la transformation économique de l'Afrique dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Cet appel a été réitéré lors d'un symposium de haut niveau sur la promotion d'une Afrique sans visa pour la prospérité économique, co-organisé par la Banque africaine de développement (BAD) et la Commission de l'Union africaine en marge du 39e sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine à Addis-Abeba.

Les participants ont présenté la mobilité comme le chaînon manquant du programme d'intégration africaine, faisant valoir que si les droits de douane diminuent dans le cadre de la ZLECAf, les régimes de visas restrictifs continuent de limiter le commerce des services, les flux d'investissement, le tourisme et la mobilité de la main-d'œuvre.

Alex Mubiru, directeur général pour l'Afrique de l'Est au sein de la BAD, a relevé que l'exemption de visa, les systèmes numériques interopérables et les marchés intégrés sont des leviers concrets pour le développement des entreprises, l'innovation et les chaînes de valeur régionales, permettant de traduire les ambitions politiques en activité économique. « Les preuves sont claires. Les données économiques plaident en faveur de l’ouverture. L’histoire humaine l’exige », a-t-il déclaré aux participants, les exhortant à passer de réformes progressives à un « changement transformateur ».

Amma A. Twum-Amoah, commissaire à la santé, aux affaires humanitaires et au développement social auprès de la Commission de l'Union africaine, a appelé à une mise en œuvre plus rapide des cadres continentaux existants, décrivant l'ouverture des visas comme un levier stratégique pour approfondir les marchés régionaux et renforcer les réponses collectives aux crises économiques et humanitaires.

L’ancienne présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, a réaffirmé que la libre circulation est un élément central du plan de développement à long terme de l’Union africaine, l’Agenda 2063. « Si nous reconnaissons notre identité africaine, nous devons pouvoir circuler librement sur notre continent », a-t-elle déclaré, exhortant les États membres à mettre en œuvre des initiatives telles que le passeport africain et le protocole sur la libre circulation des personnes.

La ministre ghanéenne du Commerce et de l'Industrie, Elizabeth Ofosu-Adjare, a partagé l'expérience de son pays en tant que précurseur dans l'adoption de politiques de visas ouvertes pour les voyageurs africains, citant l'augmentation des voyages d'affaires, du tourisme et de l'intérêt des investisseurs comme premiers bénéfices d'une plus grande ouverture.

Le symposium a également examiné les conclusions du dernier Indice d'ouverture des visas en Afrique, qui montre que plus de la moitié des voyages intra-africains nécessitent encore un visa avant le départ – ce qui est perçu par les participants comme un frein important au commerce intra-continental.

Mesfin Bekele, directeur général d'Ethiopian Airlines, a appelé à la pleine mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain (SAATM), affirmant que la connectivité aérienne et la libéralisation des visas doivent progresser de concert pour permettre des voyages sans encombre.

Les représentants régionaux, dont Elias Magosi, secrétaire exécutif de la Communauté de développement de l'Afrique australe, ont souligné l'importance de renforcer la confiance grâce à la gestion des frontières et aux systèmes de partage d'informations numériques.

Gabby Otchere Darko, président exécutif du Réseau pour la prospérité de l'Afrique, a exhorté les gouvernements à soutenir la campagne « Rendre l'Afrique sans frontières maintenant », tandis que Ras Mubarak, militant du tourisme, a appelé à davantage de ratifications du protocole de l'UA sur la libre circulation des personnes.

Les participants ont conclu que la réalisation d'une Afrique sans visa nécessitera une harmonisation des politiques migratoires, des systèmes d'identité numérique et des infrastructures frontalières, ainsi qu'un engagement politique soutenu.

La BAD et la Commission de l'Union africaine ont réaffirmé leur engagement à collaborer étroitement avec les États membres et les institutions régionales afin de promouvoir des approches coordonnées en matière de mobilité, considérée comme un levier essentiel de l'intégration, de la compétitivité et de la croissance à long terme de l'Afrique.