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  • 09/01/2026

Agriculture/Togo : une taxe à l’exportation sur soja, cajou et karité pour encourager la transformation locale


Le Togo a instauré une taxe à l’exportation sur trois filières agricoles stratégiques : la noix de cajou, le soja et le karité. Cette mesure, inscrite dans la loi de finances 2026, est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Elle s’inscrit dans une réorientation de la politique commerciale du pays, destinée à encourager la transformation locale des produits agricoles.

Selon les autorités togolaises, cette disposition vise à freiner les exportations de produits agricoles à l’état brut et à permettre au pays de capter une part plus importante de la valeur ajoutée issue de ces filières, qui comptent parmi les principales sources d’exportation. Selon les nouvelles dispositions, les tarifs appliqués à ces produits sont compris entre 1 F et 100 FCFA par kilogramme, conformément aux modalités définies par voie réglementaire.

À travers cette taxe, le gouvernement entend stimuler l’investissement dans des unités locales de transformation en incitant les opérateurs économiques à transformer les produits sur place. Cette démarche s’inscrit dans la continuité des actions déjà engagées par l’exécutif. En octobre 2018, un décret avait ainsi instauré un prélèvement spécifique sur l’exportation des noix de cajou, dénommé Prélèvement sur les noix de cajou (PNC), dans le but de soutenir l’industrialisation de la filière.

S’agissant du karité, la mesure prolonge une dynamique amorcée en mars 2025, marquée par la suspension temporaire des exportations de noix et d’amandes de karité afin de garantir l’approvisionnement des unités locales de transformation, souvent confrontées à une pénurie de matière première.

La filière soja, quant à elle, représente une source de revenus essentielle pour près de 200 000 ménages. Pour la campagne agricole 2025-2026, les autorités, en collaboration avec les acteurs du secteur, ambitionnent la commercialisation de 200 000 tonnes, avec un objectif de production porté à 500 000 tonnes à l’horizon 2026.

Au-delà de la promotion de la transformation locale, l’instauration de cette taxe s’inscrit également dans la volonté de l’État togolais de diversifier ses ressources fiscales, tout en renforçant les chaînes de valeur agricoles. L’objectif affiché est de favoriser la création d’emplois, d’accroître les recettes publiques et de renforcer les retombées économiques des productions agricoles.

Toutefois, cette mesure suscite des inquiétudes au sein des organisations de producteurs. Certains redoutent que cette nouvelle charge fiscale ne soit répercutée sur les prix d’achat payés aux producteurs, ce qui pourrait fragiliser davantage des revenus déjà modestes. Ces préoccupations alimentent le débat autour de la mise en œuvre effective de cette mesure.

Parallèlement, la loi de finances 2026 prévoit également des dispositions ciblées en faveur des filières productives. Les produits destinés à l’élevage et à la pêche bénéficient d’une exonération de TVA afin de réduire le coût des intrants et de stimuler la production locale.