L’Angola met en place un mécanisme de financement du commerce pour faciliter l’accès aux matières premières, soutenir les petites et moyennes entreprises et renforcer la création d’emplois. Cette initiative, portée par la Banco de Fomento Angola et la Société financière internationale (IFC), vise à sécuriser les transactions transfrontalières et à dynamiser les chaînes de valeur locales et régionales.
Les entreprises angolaises font face depuis plusieurs
années à un défi majeur : des paiements transfrontaliers compliqués et un accès
limité aux devises étrangères. Conséquence : des difficultés pour
s’approvisionner et honorer leurs commandes, notamment dans l’agroalimentaire,
où le pays dépend fortement des importations, couvrant plus de la moitié de sa
consommation.
Pour répondre à ces obstacles, la Société financière
internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, a mis en place un
nouveau mécanisme de garantie de financement du commerce via la Banco de
Fomento Angola (BFA). Dans le cadre du Programme mondial de financement du
commerce (GTFP), ce dispositif permet aux banques locales d’émettre lettres de
crédit, billets à ordre et autres instruments financiers sécurisés, tout en
réduisant les risques liés aux transactions internationales.
« Le financement du commerce permet aux entreprises de
poursuivre leurs activités », explique Makhtar Diop, directeur général de
l’IFC. « En collaborant avec BFA, nous aidons les entreprises angolaises à
accéder à des importations essentielles, à faciliter leurs échanges
transfrontaliers et à créer des emplois, renforçant ainsi les chaînes
d’approvisionnement et l’économie dans son ensemble. »
Pour BFA, cette initiative est un levier stratégique
pour soutenir l’économie locale. Luís Roberto Gonçalves, directeur général de
la banque, souligne : « Grâce à IFC, BFA disposera de davantage d’instruments
pour financer les petites et moyennes entreprises des secteurs productifs,
dynamiser la production et la distribution alimentaires, renforcer la sécurité
alimentaire et créer des emplois. »
Au-delà du soutien financier, ce mécanisme renforce
l’intégration de l’Angola aux marchés régionaux et mondiaux, contribue à
diversifier l’économie et facilite l’investissement privé. Dans un continent où
le déficit de financement du commerce est estimé entre 100 et 120 milliards de
dollars par an, les PME – représentant plus de 90% des entreprises et environ
80% de l’emploi en Afrique – trouvent ici un appui essentiel pour assurer leur
croissance et leur pérennité.
Le dispositif vise également à améliorer directement
la productivité et la résilience des chaînes d’approvisionnement : accès aux
engrais et semences pour les agriculteurs, matières premières pour les
fabricants et équipements pour les prestataires de services. Selon les experts,
cette sécurisation du commerce contribue à créer des emplois durables tout en
renforçant la stabilité économique du pays.
Depuis son lancement, le Programme mondial de
financement du commerce a permis à plus de 188 000 entreprises dans le monde
d’obtenir 120 milliards de dollars de financement. Ce partenariat entre IFC et
BFA s’inscrit donc dans une logique de long terme : soutenir le secteur privé
angolais, clé de la diversification économique et de la croissance durable.
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