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  • 07/07/2026

Baleine : TechnipFMC décroche jusqu’à 250 millions de dollars pour accélérer le géant pétrolier ivoirien

Le plus grand projet pétrolier offshore de Côte d’Ivoire entre dans une nouvelle phase de développement. TechnipFMC a annoncé, le 6 juillet 2026, avoir remporté auprès d’Eni un contrat majeur pour la troisième phase du champ Baleine, un marché évalué entre 75 et 250 millions de dollars selon les critères de classification du groupe nord américain.

 

L’entreprise spécialisée dans les technologies énergétiques fournira les équipements sous-marins nécessaires au raccordement des futurs puits de production à une nouvelle unité flottante. Une étape technique décisive pour un projet appelé à changer l’échelle de l’industrie pétrolière ivoirienne.

 

« Ce contrat témoigne de la poursuite de notre collaboration avec Eni. Nous sommes ravis de mettre notre expertise à profit pour fournir une solution de tuyauterie flexible robuste, respectant les délais », a déclaré Jonathan Landes, président de la division Sous-marin de TechnipFMC.

 

Une nouvelle étape vers la montée en puissance de Baleine

 

L’attribution de ce contrat intervient quelques semaines après la décision finale d’investissement (FID) prise par Eni, PETROCI Holding et Vitol pour la phase 3 du projet.

 

Cette étape marque le passage de Baleine vers une nouvelle séquence industrielle, avec le lancement des opérations d’ingénierie, de fabrication et d’installation des équipements nécessaires à l’augmentation de la production.

 

Découvert en 2021 au large de la Côte d’Ivoire, le champ Baleine constitue la plus importante découverte d’hydrocarbures jamais réalisée dans le pays. Le projet est développé par le groupe italien Eni, en partenariat avec PETROCI Holding et Vitol.

 

Après une première phase entrée en production en 2023, puis une deuxième phase destinée à accroître progressivement les capacités du site, la troisième phase doit permettre au champ d’atteindre son plein potentiel.

 

À terme, Baleine vise une production d’environ 150 000 barils de pétrole par jour et 200 millions de pieds cubes de gaz naturel par jour.

 

Des technologies sous-marines au cœur du développement

 

Le contrat attribué à TechnipFMC concerne un élément stratégique du dispositif offshore : les infrastructures sous-marines.

 

Concrètement, le groupe américain concevra et fabriquera des conduites flexibles ainsi que des colonnes montantes, également appelées « risers ». Ces équipements assurent la liaison entre les installations installées au fond de la mer et l’unité flottante de production.

 

Les futurs puits seront exploités à environ 1 200 mètres de profondeur, ce qui place Baleine parmi les projets offshore techniquement complexes nécessitant des technologies avancées.

 

Au-delà de la fourniture d’équipements, ce contrat illustre la mobilisation progressive d’une chaîne industrielle internationale autour du développement du champ ivoirien.

 

Un investissement de 8,5 milliards de dollars pour transformer le secteur énergétique

 

La phase 3 de Baleine représente un investissement supplémentaire de plusieurs milliards de dollars et porte l’investissement global consacré au développement du champ à environ 8,5 milliards de dollars.

 

Ces montants font de Baleine l’un des projets énergétiques les plus importants jamais réalisés en Côte d’Ivoire.

 

Pour Abidjan, les enjeux sont multiples. Le pétrole produit doit contribuer à renforcer les exportations du pays et les recettes publiques, tandis que le gaz naturel associé doit soutenir la production électrique nationale.

 

Cette dimension gazière est stratégique. La Côte d’Ivoire dispose déjà d’un secteur électrique relativement développé en Afrique de l’Ouest, mais l’augmentation de ses capacités de production nécessite un approvisionnement énergétique sécurisé pour accompagner la croissance économique.

 

Vers une nouvelle place dans l’industrie pétrolière ouest-africaine

 

Avec Baleine, la Côte d’Ivoire cherche à franchir un nouveau cap dans l’industrie des hydrocarbures. Le pays ambitionne d’atteindre environ 200 000 barils de pétrole par jour à terme, grâce notamment à la montée en puissance de ce projet.

 

Cette évolution pourrait renforcer la position d’Abidjan dans le paysage énergétique régional, même si la production ivoirienne reste encore très inférieure à celle des grands producteurs africains comme le Nigéria.

 

Mais l’enjeu de Baleine dépasse les volumes de production. Le projet pourrait également stimuler l’arrivée d’investissements étrangers, développer des compétences locales dans les métiers offshore et favoriser l’émergence d’un réseau de fournisseurs spécialisés dans les services énergétiques.

 

Dans un contexte où les pays africains cherchent à valoriser davantage leurs ressources naturelles tout en sécurisant leur approvisionnement énergétique, Baleine apparaît comme un pari industriel majeur pour la Côte d’Ivoire.