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  • 15/01/2026

Burkina Faso : Le marché régional répond présent dès la première sortie de 2026

Le Burkina Faso démarre l’année 2026 sur une note financièrement maîtrisée. Pour sa première opération sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine, l’État est parvenu à lever 38,5 milliards FCFA (68,2 millions de dollars), dépassant l’objectif initial fixé à 35 milliards.

 

Cette performance a été obtenue à l’issue d’une émission simultanée de bons et d’obligations assimilables du Trésor, une combinaison devenue classique mais exigeante dans un environnement régional marqué par une concurrence accrue entre émetteurs souverains.

 

L’intérêt des investisseurs ne s’est pas fait attendre. Les soumissions ont largement excédé le montant recherché, traduisant un appétit toujours soutenu pour les titres publics burkinabè au sein de l’espace UMOA. Face à cette demande abondante, le Trésor public a choisi de ne pas tout retenir.

 

Environ deux tiers des offres ont ainsi été acceptées. Un arbitrage assumé, qui a permis à l’État de lever un montant supérieur à son objectif initial tout en préservant l’équilibre entre volume mobilisé et coût du financement.

 

La structure de l’émission a joué un rôle déterminant. En proposant à la fois des instruments de court terme et des obligations à moyen et long termes, le Burkina Faso a offert aux investisseurs une palette de maturités adaptées à des stratégies de placement différenciées. Cette flexibilité a renforcé l’attractivité de l’opération.

 

Au-delà du résultat financier immédiat, cette levée de fonds envoie un signal clair au marché régional. Malgré un contexte sécuritaire et budgétaire contraint, le Burkina Faso conserve un accès effectif au financement domestique et régional. La confiance des investisseurs n’est pas inconditionnelle, mais elle demeure suffisamment solide pour accompagner les besoins de trésorerie de l’État.

 

Ce succès de début d’année conforte également la ligne suivie en matière de gestion de la dette publique. En privilégiant la sélectivité plutôt qu’une captation maximale des ressources disponibles, les autorités affichent une volonté de maîtriser la trajectoire d’endettement, dans un environnement où la soutenabilité reste un enjeu central.

 

Alors que plusieurs États de l’UEMOA multiplient les émissions pour couvrir leurs besoins budgétaires, cette première sortie réussie positionne le Burkina Faso dans une dynamique favorable. Elle ne dissipe pas tous les défis, mais elle confirme une réalité essentielle : sur le marché régional, la signature burkinabè continue d’être entendue.