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  • 15/01/2026

Cacao ivoirien : Le Conseil Café‑Cacao assure que toute la production sera achetée

Le Conseil Café‑Cacao (CCC) a voulu parler clair.

Le 14 janvier 2026, face aux inquiétudes croissantes dans la filière cacao, son directeur général, Yves Brahima Koné, a tenu une conférence de presse à Abidjan pour livrer un message sans ambiguïté :

« Toute la production issue des plantations ivoiriennes sera achetée. »

 

Cette déclaration marque la réponse officielle la plus ferme depuis le début des tensions observées autour de la campagne café‑cacao 2025‑2026.

 

Un message de réassurance aux producteurs

 

Devant la presse, le directeur général du CCC a rappelé que le bien‑être du producteur reste, selon lui, au cœur des priorités du gouvernement ivoirien.

 

Il a mis en avant les efforts consentis par les autorités, notamment :

  • la fixation d’un prix bord‑champ de 2 800 FCFA/kg, qualifié de « prix historique »,
  • la poursuite normale de la commercialisation sur l’ensemble du territoire.

 

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao avec une production estimée à environ 1,3 million de tonnes, disposerait, selon le CCC, d’un dispositif suffisamment solide pour absorber toute la récolte.

 

Des chiffres pour appuyer le discours

 

Le Conseil Café‑Cacao s’appuie sur plusieurs indicateurs pour étayer son optimisme :

  • 70% de la production nationale aurait déjà été acheminée vers les ports d’Abidjan et de San‑Pedro,
  • 2 800 milliards FCFA auraient été versés aux producteurs depuis le début de la campagne,
  • la collecte et l’exportation se poursuivraient sans interruption majeure.

 

Ces chiffres sont présentés comme la preuve que la campagne 2025‑2026 se déroule dans des conditions globalement satisfaisantes.

 

La question sensible des camions « bloqués »

 

Le point le plus attendu de la conférence concernait les informations faisant état de camions chargés de cacao immobilisés aux abords des ports.

 

Sur ce sujet, le ton du CCC a été particulièrement ferme.
Yves Brahima Koné a dénoncé ce qu’il qualifie de désinformation, précisant :

« Aucune cargaison de cacao ne peut quitter la zone de production sans connaissement dûment validé. Les camions signalés en zone portuaire sont dans l’illégalité. »

 

Il a également assuré que l’activité portuaire se déroule normalement, affirmant qu’environ 300 camions ont été déchargés la veille dans les installations d’Abidjan.

 

Un communiqué qui répond à un climat tendu

 

Si le CCC insiste sur la normalité de la campagne, cette prise de parole intervient dans un contexte de mécontentement exprimé par certains producteurs et relayé par la presse économique.

 

Des articles ont récemment évoqué :

  • des difficultés de paiement,
  • des stocks immobilisés dans certaines zones rurales,
  • et des tensions entre coopératives, acheteurs et autorités de régulation.

 

Le Conseil Café‑Cacao ne nie pas l’existence de difficultés ponctuelles, mais les attribue essentiellement à des problèmes de conformité administrative et à des pratiques opérant en dehors du cadre officiel.

 

Entre discours macroéconomique et réalités locales

 

Le communiqué du 14 janvier met ainsi en lumière un écart de perception au sein de la filière.

 

D’un côté, l’institution régulatrice raisonne en volumes globaux, en flux logistiques et en règles de marché.
De l’autre, certains producteurs jugent la situation à l’aune de critères plus immédiats : rapidité de paiement, accès aux acheteurs et liquidités disponibles.

 

Le CCC affirme que le système fonctionne.
Les producteurs attendent, eux, que cette normalité se traduise concrètement dans leurs revenus.

 

Un test de crédibilité pour la filière

 

En affirmant que toute la production sera achetée, le Conseil Café‑Cacao engage désormais sa crédibilité.

 

Les prochaines semaines seront décisives.
Elles diront si les assurances données le 14 janvier 2026 parviendront à dissiper durablement les doutes et à rétablir la confiance dans l’une des filières les plus stratégiques de l’économie ivoirienne.