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  • 15/01/2026

Sèmè : Le Bénin relance son pari pétrolier après 27 ans de silence

Il aura fallu près de vingt-sept ans de silence avant que le champ offshore de Sèmè ne refasse parler de lui. Fin janvier 2026, le Bénin devrait officiellement renouer avec la production pétrolière, refermant ainsi une parenthèse ouverte à la fin des années 1990. Un retour discret, mais lourd de sens pour l’économie nationale.

 

À la manœuvre, Akrake Petroleum, opérateur chargé de redonner vie à un actif longtemps considéré comme marginal. Le projet prévoit une production initiale d’environ 15 000 barils par jour. Un volume qui ne bouleversera pas l’équilibre du marché mondial, mais qui suffit à replacer le Bénin sur la carte des pays producteurs, après des décennies d’absence.

 

Le redémarrage de Sèmè repose sur une approche technique plus fine que par le passé. Le forage du puits horizontal AK-2H constitue la pièce maîtresse du dispositif. Autour de lui, des infrastructures offshore modernisées ont été mobilisées, notamment une unité mobile de production et une unité flottante de stockage, pensées pour une exploitation progressive et maîtrisée.

 

Dans les années 1990, Sèmè avait été victime d’un contexte défavorable : chute des cours du brut, contraintes technologiques, rentabilité incertaine. Aujourd’hui, l’équation est différente. Les technologies ont évolué, les modèles économiques aussi. Le projet ne vise pas la course aux volumes, mais une exploitation ciblée, rentable et compatible avec les standards actuels de l’industrie.

 

Sur le plan économique, la relance du champ de Sèmè ouvre une fenêtre d’opportunité. Les recettes attendues restent modestes à l’échelle des grands producteurs africains, mais elles peuvent renforcer les finances publiques, améliorer la balance des paiements et soutenir les investissements dans des secteurs clés. À condition, bien sûr, que la gouvernance suive.

 

Car au-delà des barils, c’est la crédibilité du Bénin dans le secteur extractif qui est en jeu. La capacité à gérer un projet pétrolier sans emballement, à sécuriser les revenus et à éviter les travers bien connus de la rente reste un test grandeur nature.

 

Avec Sèmè, le Bénin ne change pas de modèle économique. Il ajuste sa trajectoire. Le pays ne parie pas tout sur le pétrole, mais il refuse désormais de laisser dormir un actif stratégique. Une approche prudente, presque sage, dans un contexte africain où les ressources naturelles ont trop souvent été synonymes de promesses déçues.

 

Le retour du pétrole béninois ne fait pas de bruit. Et c’est peut-être là sa principale force.