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  • 09/10/2026

Congo : Le FMI met la pression sur la dette et les arriérés avant un nouvel accord

À Brazzaville, les discussions avec le FMI avancent vers un nouvel accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Mais avant de parvenir à un accord au niveau des services, le gouvernement congolais devra notamment renforcer la gestion de ses finances publiques, apurer ses arriérés domestiques et améliorer la soutenabilité de sa dette.

 

Le calendrier se précise, mais rien n’est encore signé. Après près de deux semaines de discussions à Brazzaville, les services du Fonds monétaire international (FMI) et les autorités congolaises ont fait des « progrès significatifs » vers un éventuel nouvel accord au titre de la FEC. Les négociations doivent toutefois se poursuivre dans les prochaines semaines.

 

La mission, conduite par Pilar Garcia Martinez du 24 septembre au 7 octobre, a placé les finances publiques au centre des échanges. Le FMI a notamment examiné l’exécution du budget 2026, le projet de budget 2027 et les mesures envisagées par les autorités pour restaurer une trajectoire budgétaire plus solide.

 

Les arriérés au cœur des discussions

 

Pour Brazzaville, l’un des dossiers sensibles reste celui des arriérés domestiques. Le FMI veut voir une stratégie crédible d’apurement, tout en évitant leur nouvelle accumulation.

 

L’institution insiste également sur le renforcement des contrôles des engagements de l’État et de la gestion de la trésorerie. L’objectif est clair : empêcher que de nouvelles dépenses non financées ne viennent dégrader davantage les équilibres budgétaires.

 

La mobilisation des recettes figure également parmi les priorités. Le FMI préconise notamment une rationalisation des dépenses fiscales, alors que l’amélioration des ressources propres de l’État constitue un levier essentiel pour réduire les tensions sur les finances publiques.

 

La dette comme autre test

 

La viabilité de la dette constitue l’autre grand volet des négociations. Le FMI veut accompagner les autorités dans la mise en place de politiques permettant de renforcer la résilience des finances publiques et de limiter les risques liés à l'endettement.

 

Le sujet est d’autant plus important que la capacité du Congo à financer ses dépenses et ses investissements dépendra largement de sa marge budgétaire future. Un nouvel accord avec le FMI ne serait donc pas seulement synonyme de soutien financier : il impliquerait également un cadre de réformes destiné à consolider les comptes publics.

 

Les discussions dépassent d’ailleurs la seule question budgétaire. Le FMI et les autorités ont également abordé les contraintes qui pèsent sur la croissance, notamment celles liées au fonctionnement du secteur de l’électricité, ainsi que le climat des affaires, l’investissement privé et la diversification de l’économie.

 

Vers un nouvel accord, mais pas encore

 

Le FMI et le gouvernement congolais devront désormais transformer ces échanges en engagements suffisamment précis pour parvenir à un accord au niveau des services. Celui-ci devra ensuite être soumis aux instances compétentes du Fonds avant toute validation définitive d’un nouveau programme.

 

Pour Brazzaville, l’enjeu est donc double : obtenir un nouvel appui financier tout en rétablissant la crédibilité de sa gestion budgétaire. Pour le FMI, les priorités affichées pendant cette mission donnent déjà une indication de la ligne suivie : davantage de recettes, une meilleure maîtrise des dépenses, moins d’arriérés et une dette placée sur une trajectoire soutenable.

 

Les prochaines semaines permettront de voir jusqu’où les autorités congolaises sont prêtes à aller sur ces différents chantiers.