À Brazzaville, les discussions avec le FMI avancent vers un nouvel accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Mais avant de parvenir à un accord au niveau des services, le gouvernement congolais devra notamment renforcer la gestion de ses finances publiques, apurer ses arriérés domestiques et améliorer la soutenabilité de sa dette.
Le calendrier se précise, mais rien n’est encore
signé. Après près de deux semaines de discussions à Brazzaville, les services
du Fonds monétaire international (FMI) et les autorités congolaises ont fait
des « progrès significatifs » vers un éventuel nouvel accord au titre de la
FEC. Les négociations doivent toutefois se poursuivre dans les prochaines
semaines.
La mission, conduite par Pilar Garcia Martinez du 24
septembre au 7 octobre, a placé les finances publiques au centre des échanges.
Le FMI a notamment examiné l’exécution du budget 2026, le projet de budget 2027
et les mesures envisagées par les autorités pour restaurer une trajectoire
budgétaire plus solide.
Les arriérés au cœur des discussions
Pour Brazzaville, l’un des dossiers sensibles reste
celui des arriérés domestiques. Le FMI veut voir une stratégie crédible
d’apurement, tout en évitant leur nouvelle accumulation.
L’institution insiste également sur le renforcement
des contrôles des engagements de l’État et de la gestion de la trésorerie.
L’objectif est clair : empêcher que de nouvelles dépenses non financées ne
viennent dégrader davantage les équilibres budgétaires.
La mobilisation des recettes figure également parmi
les priorités. Le FMI préconise notamment une rationalisation des dépenses
fiscales, alors que l’amélioration des ressources propres de l’État constitue
un levier essentiel pour réduire les tensions sur les finances publiques.
La dette comme autre test
La viabilité de la dette constitue l’autre grand volet
des négociations. Le FMI veut accompagner les autorités dans la mise en place
de politiques permettant de renforcer la résilience des finances publiques et
de limiter les risques liés à l'endettement.
Le sujet est d’autant plus important que la capacité
du Congo à financer ses dépenses et ses investissements dépendra largement de
sa marge budgétaire future. Un nouvel accord avec le FMI ne serait donc pas
seulement synonyme de soutien financier : il impliquerait également un cadre de
réformes destiné à consolider les comptes publics.
Les discussions dépassent d’ailleurs la seule question
budgétaire. Le FMI et les autorités ont également abordé les contraintes qui
pèsent sur la croissance, notamment celles liées au fonctionnement du secteur
de l’électricité, ainsi que le climat des affaires, l’investissement privé et
la diversification de l’économie.
Vers un nouvel accord, mais pas encore
Le FMI et le gouvernement congolais devront désormais
transformer ces échanges en engagements suffisamment précis pour parvenir à un
accord au niveau des services. Celui-ci devra ensuite être soumis aux instances
compétentes du Fonds avant toute validation définitive d’un nouveau programme.
Pour Brazzaville, l’enjeu est donc double : obtenir un
nouvel appui financier tout en rétablissant la crédibilité de sa gestion
budgétaire. Pour le FMI, les priorités affichées pendant cette mission donnent
déjà une indication de la ligne suivie : davantage de recettes, une meilleure
maîtrise des dépenses, moins d’arriérés et une dette placée sur une trajectoire
soutenable.
Les prochaines semaines permettront de voir jusqu’où
les autorités congolaises sont prêtes à aller sur ces différents chantiers.
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