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  • 30/07/2026

Côte d’Ivoire : Le CCESP veut faire de la veille économique un nouvel outil stratégique du dialogue public-privé

À l'heure où les entreprises évoluent dans un environnement marqué par les incertitudes géopolitiques, les mutations technologiques et des marchés en constante évolution, la maîtrise de l'information devient un levier de compétitivité. C'est dans cette logique que le Comité de Concertation État-Secteur Privé (CCESP) a lancé, du 28 au 30 juillet à Grand-Bassam, une formation dédiée à la veille économique, avec l'ambition d'ancrer une véritable culture de l'anticipation au cœur du dialogue public-privé en Côte d'Ivoire.

 

Réunissant une trentaine de représentants des Cadres paritaires sectoriels (CPS) et des Associations et Organisations professionnelles (AOP), cette session est organisée avec l'appui du Projet Promotion des Réformes Économiques et de l'Investissement (ProREI), mis en œuvre par la GIZ. L'objectif dépasse largement le simple renforcement des compétences : il s'agit de doter les acteurs du dialogue public-privé d'outils leur permettant de collecter, analyser et partager des informations économiques stratégiques afin d'améliorer la qualité des décisions publiques.

 

Lors de l'ouverture des travaux, le Conseiller technique en chef du CCESP, Georges Copré, représentant la Secrétaire exécutive Mariam Fadiga Fofana, a insisté sur la portée stratégique de cette initiative.

 

« Notre ambition est beaucoup plus grande », a-t-il déclaré, expliquant que cette formation constitue la première étape de la mise en place d'un dispositif permanent de veille économique destiné à alimenter les espaces de concertation en analyses, informations stratégiques et alertes précoces.

 

Pour le responsable du CCESP, le dialogue entre l'État et le secteur privé doit désormais évoluer vers une logique d'anticipation. Il ne s'agit plus seulement de réagir aux difficultés économiques lorsqu'elles surviennent, mais de détecter les signaux faibles, d'identifier les risques émergents et de mieux préparer les réformes grâce à une information fiable et partagée.

 

Cette transformation passe notamment par une circulation plus fluide des données entre les administrations, les organisations professionnelles et les différentes instances de concertation. Georges Copré a également souligné la complémentarité des profils réunis à Grand-Bassam. Les points focaux des CPS disposent d'une vision institutionnelle des secteurs, tandis que les AOP sont au contact quotidien des entreprises et de leurs réalités opérationnelles.

 

« Pris individuellement, chacun d'entre nous ne perçoit qu'une partie de la réalité économique. Collectivement, nous pouvons produire une information de meilleure qualité au service de la décision publique », a-t-il affirmé.

 

Même approche du côté du ProREI. Représentant la directrice du Cluster Économie résiliente et cheffe du projet, Milica Vukadinovic, Reine Dagbo Quilliard, directrice de la composante 2 du ProREI, a rappelé que l'information constitue aujourd'hui un actif stratégique au même titre que le capital, les matières premières ou l'énergie.

 

Selon elle, la veille économique et l'intelligence économique permettent désormais de transformer les données disponibles en véritables avantages concurrentiels pour les entreprises, les organisations professionnelles et, plus largement, pour l'économie ivoirienne.

 

Au cours de cette première journée, les participants ont été initiés aux concepts fondamentaux de l'information, de la donnée, de la connaissance, de la veille économique et de l'intelligence économique. Les travaux ont également permis d'identifier les besoins spécifiques de veille dans les différents secteurs d'activité, d'échanger sur les réformes en cours, les risques émergents ainsi que les opportunités susceptibles de renforcer la compétitivité des filières représentées.

 

À travers cette initiative, le CCESP entend faire émerger une nouvelle culture de l'information au sein des mécanismes de concertation. L'enjeu est de doter le dialogue public-privé d'une capacité permanente d'analyse et d'anticipation, afin d'améliorer la qualité des politiques économiques et d'accompagner la compétitivité ainsi que la résilience de l'économie ivoirienne.