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  • 11/09/2026

Électricité : Le Burkina Faso met 178 millions de dollars sur la table pour changer d’échelle

Le Burkina Faso veut s’attaquer à l’un de ses principaux freins au développement : l’insuffisance et la vétusté de ses infrastructures électriques. Le gouvernement a autorisé une initiative sectorielle de 104,175 milliards FCFA, soit environ 178 millions de dollars, destinée à moderniser le réseau, étendre la distribution et améliorer l’accès à l’électricité pour plus de 250 000 ménages et des milliers de petites entreprises.

 

Réduire les coupures, étendre le réseau et surtout disposer d’une électricité suffisamment fiable pour accompagner l’activité économique : derrière l’annonce du Conseil des ministres du 10 septembre 2026, le Burkina Faso engage un chantier qui dépasse largement la seule électrification des ménages.

 

Réuni à Bobo-Dioulasso sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, le gouvernement a adopté un rapport autorisant le financement de l’« initiative sectorielle d’accroissement de la souveraineté énergétique ». Son coût global est fixé à 104,175 milliards FCFA, soit environ 178 millions de dollars. Le financement sera assuré par l’État burkinabè et ses partenaires, sans que le Conseil des ministres ne précise, à ce stade, la répartition entre les différentes sources.

 

Remettre le réseau à niveau

 

La priorité affichée est d’abord technique. Le programme prévoit le renouvellement des équipements de transport de l’électricité ainsi que l’extension du réseau de distribution existant. Deux chantiers essentiels pour un pays où l’amélioration de l’accès à l’électricité dépend autant des capacités de production que de la possibilité d’acheminer et de distribuer cette énergie.

 

Le gouvernement entend ainsi corriger les effets de la vétusté d’une partie des infrastructures électriques et accompagner l’augmentation des besoins liés à l’urbanisation, à l’activité économique et à l’industrialisation.

 

Cette dimension est centrale dans la stratégie présentée par les autorités. L’électricité n’est plus seulement considérée comme un service à fournir aux ménages : elle doit devenir un facteur de production. L’initiative prévoit ainsi des solutions énergétiques destinées aux écoles, aux ménages et aux formations sanitaires, mais aussi un meilleur accès pour les micros, petites et moyennes entreprises.

 

Plus de 250 000 ménages dans le viseur

 

L’objectif annoncé est particulièrement significatif : permettre à plus de 250 000 ménages supplémentaires d’accéder aux services électriques, tout en améliorant l’accès à l’énergie pour les micros, petites et moyennes entreprises.

 

L’enjeu est économique autant que social. Dans les zones rurales et périurbaines, une alimentation électrique plus fiable peut permettre l’émergence ou l’expansion d’activités de transformation, de conservation, de pompage, de petite industrie et de services. Autrement dit, le gouvernement veut faire de l’électricité un outil permettant de produire davantage, et pas uniquement de mieux éclairer les foyers.

 

Le programme prévoit d’ailleurs explicitement la création d’opportunités d’emplois à travers « l’usage productif de l’énergie ». Une orientation qui rapproche cette initiative de la politique d’industrialisation portée par Ouagadougou.

 

La souveraineté énergétique comme levier industriel

 

Le choix des mots n’est pas anodin. En qualifiant le programme d’initiative de « souveraineté énergétique », le gouvernement inscrit les investissements électriques dans une stratégie plus large de réduction des vulnérabilités du pays.

 

Le Burkina Faso cherche notamment à disposer d’infrastructures capables de soutenir son développement économique dans un contexte où la demande d’électricité progresse et où l’accès à une énergie abordable reste déterminant pour la compétitivité des entreprises.

 

L’initiative doit ainsi contribuer à la mise en œuvre du Pacte national de l’énergie et du Plan RELANCE 2026-2030. Elle vise simultanément les zones urbaines, périurbaines et rurales, avec une logique de rattrapage des infrastructures existantes et d’extension du réseau.

 

Avec une enveloppe de 104,175 milliards FCFA, le chantier reste toutefois considérable. La prochaine étape sera de transformer cette autorisation de financement en investissements effectivement déployés sur le terrain. Car, pour les ménages comme pour les entreprises, la souveraineté énergétique ne se mesure pas seulement au montant annoncé : elle se mesure à la qualité du courant disponible, à son coût et à la capacité du réseau à accompagner durablement l’économie.