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  • 02/07/2026

Éthiopie : Le FMI débloque 464 millions de dollars pour consolider le redressement économique face au choc du Moyen-Orient

Le Fonds monétaire international (FMI) poursuit son soutien à l'Éthiopie en approuvant un nouveau décaissement de 464 millions de dollars. L'institution a également décidé d'avancer près de 200 millions de dollars afin d'aider le pays à absorber les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, qui menace une trajectoire de redressement saluée jusqu'ici pour sa solidité.

 

L'Éthiopie conforte un peu plus la confiance de ses partenaires financiers internationaux. Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a validé, le 1er juillet, le cinquième examen du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) mis en place en juillet 2024, ouvrant la voie au décaissement immédiat de 464 millions de dollars.

 

Cette décision dépasse toutefois le simple cadre d'un versement prévu par le calendrier du programme. Face aux répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient, le FMI a accepté d'avancer environ 200 millions de dollars de financements afin de répondre aux besoins de trésorerie les plus urgents du pays. L'objectif est d'atténuer les tensions sur la balance des paiements et de limiter les effets de la hausse des prix des carburants importés sur une économie encore fortement dépendante des approvisionnements extérieurs.

 

Depuis le lancement de son programme économique en 2024, Addis-Abeba a engagé une transformation profonde de son économie. Les autorités ont entrepris de moderniser le marché des changes, de renforcer le cadre de la politique monétaire, d'améliorer la mobilisation des recettes fiscales, d'assainir les finances publiques et de restructurer la dette afin de rétablir les grands équilibres macroéconomiques et de créer les conditions d'une croissance davantage portée par le secteur privé.

 

Selon le FMI, cette stratégie commence à produire des résultats tangibles. Les exportations progressent, les recettes fiscales poursuivent leur hausse et les réserves de change continuent de se renforcer. L'institution souligne également que l'ensemble des critères de performance quantitatifs prévus par le programme ont été respectés et que la quasi-totalité des objectifs fixés ont été atteints, traduisant une mise en œuvre jugée satisfaisante des engagements pris par les autorités.

 

Ces avancées restent néanmoins fragiles. La guerre au Moyen-Orient constitue désormais un choc extérieur majeur pour l'économie éthiopienne. La hausse du coût des produits pétroliers importés risque d'alourdir la facture énergétique du pays, d'accentuer la pression sur les réserves en devises, de renchérir les coûts du transport et, à terme, d'alimenter de nouvelles tensions inflationnistes.

 

Dans ce contexte, le FMI estime qu'il est nécessaire de maintenir une politique monétaire restrictive afin de consolider la désinflation. L'institution encourage également la Banque nationale d'Éthiopie à poursuivre la modernisation du marché des changes, à développer le marché interbancaire des devises, à renforcer la concurrence entre les banques et à assouplir progressivement les restrictions de change afin d'améliorer le fonctionnement du système financier.

 

Sur le plan budgétaire, le Fonds salue les progrès enregistrés dans la mobilisation des recettes publiques tout en appelant le gouvernement à préserver une gestion rigoureuse des dépenses. Il estime également que la suppression progressive des subventions aux carburants, accompagnée de mesures ciblées en faveur des ménages les plus vulnérables, permettra de dégager davantage de ressources pour financer les priorités de développement.

 

La restructuration de la dette demeure un autre chantier stratégique. Les autorités ont déjà conclu plusieurs accords avec des créanciers bilatéraux et réalisé des avancées importantes dans leurs discussions avec des créanciers commerciaux, notamment les détenteurs d'euro-obligations. Pour le FMI, l'aboutissement de ce processus sera déterminant pour restaurer durablement la viabilité de la dette publique et répondre aux besoins de financement du pays.

 

Pour Nigel Clarke, les autorités éthiopiennes continuent d'enregistrer des résultats macroéconomiques favorables malgré un environnement particulièrement difficile. Selon lui, la poursuite des transformations engagées et une réponse adaptée aux nouveaux chocs extérieurs seront essentielles pour préserver cette dynamique et consolider les progrès réalisés.

 

Avec cette nouvelle décision, les décaissements cumulés du FMI en faveur de l'Éthiopie atteignent désormais près de 2,65 milliards de dollars. Au-delà de l'appui financier, ce cinquième examen valide les progrès accomplis par Addis-Abeba dans son programme de transformation économique. Il rappelle également que, malgré des indicateurs en amélioration, la trajectoire de redressement du pays reste étroitement dépendante d'un environnement géopolitique mondial particulièrement volatil.