Avec un investissement de 15 millions de dollars dans l’African Transition Acceleration Fund (ATAF), Proparco cible un angle mort du financement climatique en Afrique : les premières phases de développement des projets. Un levier décisif pour transformer un potentiel massif en infrastructures concrètes.
L’Afrique n’a pas un problème d’idées. Elle a un
problème de décollage.
Sur tout le continent, les projets d’infrastructures
climatiques existent. Énergie renouvelable, transport durable, solutions
décarbonées… les opportunités sont là. Mais beaucoup restent bloées au stade de
concept. Faute de financement au moment le plus critique : le démarrage.
C’est précisément sur ce maillon faible que Proparco
choisit de se positionner. La filiale de l’Agence française de développement
annonce un investissement de 15 millions de dollars dans l’African Transition
Acceleration Fund (ATAF), un fonds panafricain en cours de levée, avec un
objectif de 200 millions de dollars.
En entrant dès le premier closing, l’institution ne
fait pas qu’investir. Elle envoie un signal de marché.
Un paradoxe africain : abondance
d’opportunités, rareté du capital
Le diagnostic est sans appel.
Chaque année, le déficit de financement des
infrastructures en Afrique avoisine les 100 milliards de dollars. Dans le même
temps, le marché des technologies propres connaît une croissance spectaculaire
: estimé à 25 milliards de dollars en 2024, il pourrait atteindre 200 milliards
d’ici 2030.
Le potentiel est donc massif. Mais il se heurte à un
verrou structurel.
Les projets échouent souvent avant même d’atteindre le
stade de financement. En cause : des risques élevés en phase amont, des cadres
réglementaires parfois instables, et une difficulté persistante à structurer
des projets bancables.
Résultat : le capital privé reste en retrait. Il ne
représente qu’environ 14% des financements climatiques sur le continent.
Autrement dit, le problème n’est pas l’argent. C’est
son timing.
ATAF : financer là où personne ne va
L’African Transition Acceleration Fund a été conçu
pour répondre à cette défaillance.
Son positionnement est clair : intervenir en amont du
cycle de développement, là où les besoins en capital sont les plus critiques…
et les plus risqués.
Le fonds prévoit d’investir entre 10 et 30 millions de
dollars dans une quinzaine d’entreprises ou de plateformes de développement
d’infrastructures. Objectif : transformer des portefeuilles de projets
embryonnaires en actifs suffisamment structurés pour attirer des financements à
grande échelle.
Trois segments concentrent les priorités :
Derrière cette stratégie, une logique simple : sans
pipeline de projets, aucun marché ne peut émerger durablement.
Un montage financier pensé pour attirer le
privé
Pour fonctionner, ATAF s’appuie sur une architecture
de financement mixte — un modèle encore trop peu mobilisé à ce stade des
projets en Afrique.
Le fonds intègre une tranche dite de “junior equity”,
apportée par des investisseurs comme Allied Climate Partners, FSD Africa
Investments et la Société financière internationale.
Concrètement, ces investisseurs acceptent de prendre
les premières pertes potentielles. Ce mécanisme joue un rôle clé : il réduit le
risque pour les autres apporteurs de capitaux et rend le fonds plus attractif
pour les investisseurs privés.
C’est un point déterminant. Car sans partage du
risque, le capital privé reste en retrait. Avec ce type de structuration, il
devient mobilisable.
AIIM change de stratégie pour capter la
valeur en amont
Le pilotage du fonds est confié à African
Infrastructure Investment Managers (AIIM), un acteur reconnu du financement
d’infrastructures sur le continent.
Mais le positionnement adopté ici marque une
évolution.
Historiquement, AIIM intervenait sur des projets déjà
avancés, donc moins risqués. Avec ATAF, le gestionnaire remonte dans la chaîne
de valeur, là où les besoins sont les plus critiques… mais aussi là où se crée
une partie importante de la valeur.
Ce basculement n’est pas anodin. Il traduit une
transformation plus large du marché : pour accélérer les investissements en
Afrique, il ne suffit plus de financer les projets matures. Il faut désormais
les faire émerger.
Proparco, catalyseur d’un segment encore
fragile
En soutenant ATAF dès son lancement, Proparco joue un
rôle clairement catalytique.
L’enjeu dépasse le seul fonds. Il s’agit de structurer
un segment entier du marché : celui du financement des infrastructures
climatiques en phase d’amorçage, aujourd’hui largement sous-financé.
« En Afrique, l’un des principaux obstacles à la
transition énergétique reste le manque de capital disponible pour développer
les projets en amont. En soutenant ATAF dès son premier closing, Proparco
contribue à structurer un instrument capable de combler ce déficit et
d’accélérer les infrastructures climatiques bancables sur le continent »,
explique Tibor Asboth, responsable Private equity Afrique et Moyen-Orient chez
Proparco.
Le pari est clair : créer un effet d’entraînement.
Car sans projets structurés, il n’y a pas
d’investissements massifs. Et sans investissements, la transition énergétique
reste une promesse.
ATAF, lui, ambitionne de transformer cette promesse en
actifs concrets. Reste désormais à voir si le secteur privé suivra le
mouvement.
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