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  • 08/04/2026

Ghana : La mine d’or de Damang passe aux mains d’un acteur local, symbole d’une nouvelle ère pour le secteur minier

Le Ghana franchit un tournant historique dans la gestion de ses ressources minières. La mine d’or de Damang, exploitée pendant plus de deux décennies par la sud-africaine Gold Fields, a été officiellement confiée à la société ghanéenne Engineers & Planners Ltd (E&P), a annoncé le ministre des Mines, Emmanuel Armah-Kofi Buah. Cette décision s’inscrit dans la stratégie d’accroissement de la participation locale et de renforcement de la souveraineté économique sur les ressources naturelles.

 

Une concession emblématique, longtemps sous contrôle étranger

 

Située dans la région de l’Ouest, à une trentaine de kilomètres de Tarkwa, Damang est l’une des mines d’or les plus anciennes et les plus productives du Ghana. Gold Fields y opérait depuis les années 1990, cumulant plusieurs millions d’onces d’or extraites et développant une infrastructure majeure. Toutefois, l’entreprise avait récemment déclaré que la mine arrivait en fin de vie utile et qu’aucune réserve économiquement viable ne permettait d’assurer sa prolongation.

 

Le gouvernement ghanéen, rompant avec des années de reconductions automatiques des baux, avait refusé de renouveler le contrat de Gold Fields l’année dernière. S’en est suivie une évaluation rigoureuse des candidatures locales pour relancer l’exploitation du site, estimée à environ 1 milliard de dollars.

 

Engineers & Planners, un pari sur l’expertise locale

 

L’entreprise ghanéenne E&P a été retenue pour plusieurs raisons : elle dispose d’un financement sécurisé de plus de 500 millions de dollars, répondant aux exigences du gouvernement, et présente des scores élevés en matière de technique, sécurité, équipement et contenu local. Au-delà des chiffres, c’est un signal fort : le Ghana mise sur ses acteurs nationaux pour développer ses ressources, réduire la dépendance aux majors étrangères et stimuler l’emploi local.

 

Gold Fields, pour sa part, s’engage à assurer une transition fluide vers le nouvel opérateur, minimisant les risques de perturbation sur le site et préservant les emplois existants.

 

Une nouvelle politique minière axée sur la valeur locale

 

Cette décision reflète la volonté d’Accra de capter davantage de valeur ajoutée sur son territoire. Le pays a récemment introduit des royalties glissantes, incitant les majors à partager plus équitablement les bénéfices lorsque les prix de l’or sont élevés, et discute de réformes sur les accords de stabilité des investissements.

 

Le choix d’E&P illustre également une tendance africaine plus large, le « resource nationalism », qui vise à accroître la participation locale et régionale dans les projets d’extraction. Les communautés et syndicats saluent l’initiative, mais rappellent que la réussite dépendra de la capacité technique et de la bonne gouvernance de l’opérateur retenu.

 

Vers une relance durable

 

Le défi pour E&P est désormais double : maintenir la production, sécuriser les emplois et démontrer que les acteurs locaux peuvent gérer des opérations minières d’envergure internationale. Pour le Ghana, Damang devient un laboratoire de la souveraineté minière, où la maîtrise technique, la sécurité et la participation locale sont désormais au cœur des décisions.