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  • 23/10/2026

Kenya : 160 millions de dollars pour protéger 17,3 millions d’hectares et soutenir l’économie locale

Le Kenya lance un programme de conservation de 160 millions de dollars sur dix ans, financé à parts égales par l’État et des partenaires philanthropiques. Baptisée Thamani Asili, l'initiative vise à préserver les écosystèmes, soutenir les communautés locales et protéger les activités économiques liées au patrimoine naturel.

 

Le Kenya entend faire de la conservation de son patrimoine naturel un investissement à long terme. Le 21 octobre 2026, le gouvernement a annoncé le lancement de Thamani Asili, un programme de 160 millions de dollars destiné à protéger la biodiversité et à améliorer les moyens de subsistance des populations vivant à proximité des espaces naturels.

 

Prévu sur dix ans, le dispositif doit couvrir environ 17,3 millions d'hectares. Il associe les autorités kényanes à The Nature Conservancy et à Enduring Earth, avec la participation de partenaires philanthropiques, dont la Rob Walton Foundation et Cargill Philanthropies.

 

Le financement repose sur deux enveloppes de 80 millions de dollars : l'une apportée par le gouvernement kényan, l'autre par des bailleurs privés. La contribution individuelle de chaque fondation n'a pas été précisée.

 

Préserver les ressources naturelles et les emplois

 

Au Kenya, la conservation représente aussi un enjeu économique. Le tourisme, notamment celui lié à l'observation de la faune sauvage et aux espaces protégés, constitue une source importante de revenus et d'emplois. Selon des données du Conseil mondial du voyage et du tourisme rapportées par Business Insider Africa, le secteur soutenait environ 1,8 million d'emplois dans le pays en 2025.

 

Ce chiffre concerne l'ensemble du secteur touristique, et non les seuls emplois directement liés au programme. La préservation des paysages et de la biodiversité contribue néanmoins à maintenir l'attractivité des destinations naturelles, dont dépendent les hébergements, les guides, les transporteurs et de nombreuses petites entreprises.

 

À l'inverse, la dégradation des habitats et les conflits entre les populations et la faune peuvent fragiliser ces activités. En sécurisant des financements sur dix ans, le Kenya cherche donc à préserver son capital naturel tout en soutenant les économies locales.

 

Des retombées attendues pour les communautés

 

Thamani Asili prévoit la création d'environ 2,7 millions d'hectares de nouvelles zones de conservation, l'amélioration de la gestion de quelque 11 millions d'hectares de zones déjà protégées et le renforcement de la gestion communautaire de 6 millions d'hectares supplémentaires.

 

Le programme vise également environ 7 800 emplois directs et 15 000 emplois indirects dans les territoires concernés. Ces chiffres correspondent à des objectifs annoncés, et non à des emplois déjà créés.

 

L'enjeu sera de permettre aux communautés de tirer des bénéfices économiques concrets de la conservation, notamment grâce à des activités compatibles avec la protection des ressources naturelles. La réussite dépendra de la gouvernance du programme, de l'utilisation effective des fonds et de la répartition des retombées entre les différents acteurs.

 

L'État et les bailleurs privés mobilisés

 

La participation de fondations américaines, dont la Rob Walton Foundation, liée à Rob Walton, ancien président de Walmart, illustre le rôle croissant de la philanthropie dans le financement de la conservation. Elle ne signifie toutefois pas que cette fondation finance seule l'opération : les partenaires privés doivent mobiliser collectivement 80 millions de dollars, à égalité avec l'État kényan.

 

Pour le Kenya, l'objectif est de garantir des ressources sur plusieurs années afin de concilier protection des écosystèmes, développement local et pérennité des activités touristiques. Les résultats devront être appréciés à l'aune des superficies effectivement protégées, de l'amélioration des conditions de vie des communautés et des emplois réellement générés.