La candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies est désormais officielle.
Le dossier a été transmis à New York pour le mandat
qui débutera en 2027. L’information est confirmée. Reste l’essentiel : cette
ambition peut-elle franchir les verrous diplomatiques ?
Car à l’ONU, l’annonce ne fait pas l’élection.
Un poste stratégique dans un monde
fracturé
Le Secrétaire général n’est pas un simple
gestionnaire.
Il dirige l’administration onusienne. Il incarne la voix morale de
l’organisation. Il intervient dans les crises internationales.
L’actuel titulaire, António Guterres, déclarait à
l’ouverture de l’Assemblée générale en 2022 :
« Notre monde traverse de graves turbulences. Les
divisions s’aggravent, les inégalités s’élargissent, les défis se multiplient.
»
Le message était clair. L’environnement international
est instable. Guerre en Ukraine. Rivalité sino-américaine. Crises climatiques.
Endettement massif des pays du Sud.
Le prochain Secrétaire général sera choisi en fonction
de ce contexte. Pas seulement en fonction d’un équilibre régional.
Le véritable filtre : le Conseil de
sécurité
La procédure est connue mais souvent mal comprise.
Tout commence au Conseil de sécurité des Nations
unies. Quinze membres votent. Mais cinq disposent d’un droit de veto :
États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni.
Un seul veto suffit à bloquer une candidature.
Une fois un nom retenu, il est transmis à l’Assemblée
générale des Nations unies, qui l’approuve formellement.
Dans les faits, l’élection se joue donc dans un cercle
restreint, à huis clos. C’est un jeu d’équilibres géopolitiques.
L’argument africain
L’Afrique n’a connu qu’un seul Secrétaire général :
Kofi Annan, de 1997 à 2006.
Depuis, le poste est revenu à l’Asie puis à l’Europe.
Officiellement, aucune règle écrite ne prévoit une rotation régionale. Mais une
pratique diplomatique s’est installée au fil du temps.
De nombreux États africains estiment donc que 2027
devrait revenir au continent.
L’argument est démographique et politique. L’Afrique
compte 54 États membres à l’ONU. Elle constitue un bloc de vote majeur à
l’Assemblée générale.
Mais au Conseil de sécurité, aucun pays africain n’est
membre permanent. La réalité du pouvoir est là.
Le profil et la variable géopolitique
Ancien président du Sénégal, Macky Sall dispose d’une
expérience exécutive solide. Il a dirigé l’Union africaine en 2022 et participé
aux grandes négociations internationales, notamment climatiques et financières.
Reste une question centrale : est-il acceptable pour
les grandes puissances ?
Le Secrétaire général doit être perçu comme un
arbitre. Pas comme le représentant d’un camp.
Lors de sa prise de fonctions en 2007, Ban Ki-moon
affirmait :
« Je serai un bâtisseur de ponts. »
C’est précisément cela que recherchent les membres
permanents : un profil capable de dialoguer avec Washington, Pékin et Moscou
sans provoquer de blocage.
Une équation encore ouverte
La candidature existe. C’est un fait.
Mais le processus formel ne s’intensifiera réellement
qu’en 2026. D’autres candidatures africaines pourraient émerger. L’unité du
continent sera déterminante.
Si l’Afrique parle d’une seule voix et si aucun veto
n’est opposé, la perspective devient crédible.
Dans le cas contraire, la candidature pourrait rester
symbolique.
Au-delà d’un parcours individuel, cette bataille est
un test diplomatique pour le continent.
L’enjeu dépasse un nom.
Il touche à la capacité de l’Afrique à transformer son
poids démographique en influence stratégique.
À New York, en 2027, ce ne sera pas une question
d’enthousiasme.
Ce sera une question d’équilibre mondial.
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