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  • 07/10/2026

Mali-Russie : La SMTL signe un contrat de plus de 45,7 millions de dollars avec KAMAZ

La Société malienne de transport et de logistique (SMTL) a signé ce 7 octobre 2026 un contrat de plus de 30 milliards FCFA (plus de 45,7 millions de dollars) avec le constructeur russe KAMAZ. Au-delà de la fourniture de véhicules, l’accord prévoit un dispositif de maintenance, de formation et de transfert de technologies, avec à terme une unité d’assemblage au Mali.

 

Le Mali accélère sur la maîtrise de sa chaîne logistique. À peine créée, la Société malienne de transport et de logistique (SMTL) passe à l’action avec KAMAZ, l’un des principaux constructeurs russes de poids lourds. Le contrat signé le 7 octobre porte sur l’acquisition de véhicules pour un montant supérieur à 30 milliards FCFA, soit plus de 45,7 millions de dollars.

 

L’opération répond directement à la mission assignée à la SMTL par les autorités maliennes. Créée fin septembre, la société publique doit notamment assurer le transport routier de personnes et de marchandises et contribuer à sécuriser l’acheminement des produits stratégiques, dans un pays fortement dépendant du transport routier pour ses importations, ses exportations et ses échanges intérieurs.

 

Mais le partenariat avec KAMAZ va au-delà d'une simple commande de camions. Selon le directeur général de la SMTL, ce premier contrat s’inscrit dans le cadre de l’accord intergouvernemental conclu entre le Mali et la Russie.

 

Le dispositif comprend ainsi un accompagnement technique destiné à permettre au Mali de disposer progressivement de ses propres capacités de maintenance. Un atelier doit notamment être mis en place à Bamako-Sénou, avec la disponibilité des pièces de rechange et des équipements nécessaires à l’entretien des véhicules.

 

La formation constitue un autre volet important de l’accord. Des équipes maliennes doivent notamment être formées à Kazan, en Russie, afin de renforcer leurs compétences techniques et leur capacité à assurer la maintenance des équipements KAMAZ sur le territoire national.

 

De la livraison de véhicules au transfert de technologie

 

Le contenu du contrat traduit ainsi une volonté de construire un écosystème autour des véhicules acquis. KAMAZ doit fournir des camions, des ensembles routiers et des autobus, mais également les pièces de rechange, l’outillage et les équipements nécessaires à leur exploitation et à leur entretien.

 

Le groupe russe prévoit également d’accompagner la mise en place d’un centre de service au Mali. À terme, le partenariat doit franchir un nouveau cap avec l’installation à Bamako d’un atelier d’assemblage et d’une usine de montage de véhicules KAMAZ.

 

Cette perspective industrielle n’est pas totalement nouvelle. Les discussions entre Bamako et KAMAZ sur la création d’une capacité d’assemblage remontent notamment aux échanges menés à Kazan en 2024. Les autorités maliennes avaient alors travaillé avec le constructeur russe sur les spécifications des véhicules adaptées aux conditions climatiques et géographiques du pays.

 

En mai 2026, la coopération avait de nouveau avancé autour de la fourniture de véhicules pour le transport de passagers et de marchandises, avec des discussions sur une unité d’assemblage au Mali.

 

Un enjeu stratégique pour la logistique malienne

 

Pour Bamako, l’enjeu dépasse donc le renouvellement ou l’augmentation d’un parc de véhicules. La création de la SMTL répond à la volonté de l’État de mieux contrôler les flux liés notamment aux produits agricoles, aux intrants et aux hydrocarbures, après avoir constaté plusieurs difficultés dans leur transport, leur manutention, leur stockage et leur acheminement.

 

L’arrivée de véhicules KAMAZ doit ainsi donner à la nouvelle société publique des moyens supplémentaires pour remplir cette mission. Le transfert de compétences et la perspective d’un assemblage local ajoutent une dimension industrielle à l’opération.

 

Pour la Russie, le contrat permet de son côté de consolider sa présence dans un secteur économique stratégique au Mali. Pour Bamako, il s’agit de transformer une relation commerciale autour de véhicules industriels en un partenariat plus large intégrant maintenance, formation, technologie et, à terme, production locale.

 

Le contrat signé ce 7 octobre constitue ainsi une nouvelle étape de la coopération économique entre les deux pays. Il donne surtout à la SMTL ses premiers outils pour tenter de répondre à l’un des défis les plus sensibles de l’économie malienne : assurer la circulation des marchandises et sécuriser l’approvisionnement d’un pays dont la logistique reste largement tributaire du transport routier.