Bank of Africa prévoit d’émettre 5,12 millions d’actions nouvelles dans le cadre d’une augmentation de capital de 51,23 millions de dirhams (environ 5,6 millions de dollars) par incorporation de réserves. Approuvée en juin 2026, l’opération intervient alors que le groupe bancaire marocain affiche une progression de 10% de son bénéfice net au premier semestre.
Les actionnaires de Bank of Africa vont recevoir de
nouvelles actions sans avoir à débourser d’argent supplémentaire. La banque
marocaine, présidée par Othman Benjelloun, met en œuvre une augmentation de
capital par incorporation de réserves qui se traduira par l’émission de 5 122
834 actions gratuites, d’une valeur nominale de 10 dirhams chacune.
L’opération porte sur un montant de 51,23 millions de
dirhams, soit environ 5,6 millions de dollars. Elle a été approuvée par
l’assemblée générale extraordinaire du 25 juin 2026. Selon le calendrier publié
par la Bourse de Casablanca le 15 octobre, les droits d’attribution sont
détachés le 22 octobre, tandis que les nouvelles actions doivent être admises à
la cote le 29 octobre.
Le mécanisme est simple : une action nouvelle sera
attribuée pour 43 actions anciennes détenues. Les actionnaires bénéficieront
ainsi de titres supplémentaires sans souscrire à une nouvelle émission payante.
Les nouvelles actions seront négociées sur la même ligne de cotation que les
titres existants et bénéficieront de droits à dividendes à compter du 1er
janvier 2026.
Une augmentation de capital sans argent
frais
Derrière cette opération, il faut distinguer
l’augmentation du capital social d’une véritable levée de fonds. Bank of Africa
ne sollicite pas ses actionnaires pour apporter de nouveaux capitaux. Elle
transfère une partie de ses réserves comptables vers son capital social.
Cette différence est essentielle. Les réserves
constituent une composante des capitaux propres de la banque. Leur
incorporation au capital modifie leur répartition comptable, mais ne génère
pas, à elle seule, de ressources financières supplémentaires. Le montant total
des capitaux propres ne progresse donc pas mécaniquement du seul fait de cette
opération.
Pour les actionnaires, le nombre de titres détenus
augmente sans dépense supplémentaire. En revanche, cette attribution ne
représente pas un gain financier automatique : le cours de l’action est ajusté
pour tenir compte de l’émission des nouveaux titres. La valeur du portefeuille
dépendra ensuite de l’évolution du marché.
L’opération peut également permettre à la banque
d’adapter la structure de son capital et d’accroître le nombre d’actions
disponibles à la négociation. Mais une amélioration durable de la liquidité du
titre ne peut être déduite de la seule émission d’actions gratuites. Elle
dépendra notamment des volumes effectivement échangés sur la Bourse de
Casablanca.
Un bénéfice net en hausse de 10% au
premier semestre
Cette opération intervient dans un contexte de
progression des résultats de Bank of Africa. Au premier semestre 2026, le
résultat net part du groupe a atteint 2,5 milliards de dirhams, en hausse de 10%
sur un an. À périmètre constant, la progression ressort toutefois à 5%,
notamment parce que le groupe a augmenté sa participation dans sa filiale BOA
Holding au cours de la période.
Le produit net bancaire consolidé, qui mesure les
revenus tirés de l’activité bancaire, s’est établi à 10,5 milliards de dirhams,
en progression de 1%. Cette évolution modérée masque des dynamiques contrastées
: la marge nette d’intérêt a progressé de 7% et les revenus de commissions de
10%, tandis que les revenus des activités de marché ont reculé de 37% après
leur niveau élevé du premier semestre 2025.
La baisse du coût du risque a également contribué à
soutenir la rentabilité. Celui-ci a diminué de 16%, à 1,4 milliard de dirhams.
Dans le même temps, les charges générales d’exploitation ont augmenté de 8%,
sous l’effet notamment des investissements informatiques réalisés au Maroc. Le
résultat net progresse donc malgré des pressions persistantes sur certaines
composantes de l’activité.
Sur le plan commercial, le groupe a enregistré une
hausse de 4% de ses crédits à la clientèle, à 243,4 milliards de dirhams, et de
ses dépôts, à 286,5 milliards de dirhams, à fin juin 2026. Son total de bilan a
atteint 460 milliards de dirhams, en progression de 5% sur un an.
Un groupe dont l’activité dépasse le
marché marocain
La performance de Bank of Africa repose également sur
son implantation internationale. En Afrique subsaharienne, sa branche BOA
Holding a enregistré un produit net bancaire de 445 millions d’euros au premier
semestre 2026, en hausse de 6%. Les revenus de commissions ont progressé de 11%,
tandis que le résultat net part du groupe est resté stable à 118,3 millions
d’euros, pénalisé notamment par une augmentation du coût du risque.
Cette présence continentale constitue un élément
important de son modèle, même si les résultats diffèrent selon les marchés. À
fin juin, le Maroc représentait 54% du résultat net part du groupe, contre 44%
pour l’Afrique subsaharienne et 2% pour l’Europe.
L’attribution gratuite de 5,12 millions d’actions
s’inscrit ainsi dans la gestion du capital d’un groupe qui poursuit son
développement sur plusieurs marchés. Elle augmente le capital social sans
mobiliser de fonds nouveaux auprès des investisseurs, mais ne doit pas être
confondue avec un renforcement automatique de l’ensemble des ressources
financières de la banque.
Pour les actionnaires, l’enjeu immédiat est de
comprendre les modalités d’attribution et l’ajustement du cours. Pour le
groupe, l’opération modifie la structure du capital, tandis que l’évolution de
sa solidité financière continuera de dépendre de sa rentabilité, de la qualité
de ses actifs et de sa capacité à maîtriser les risques.
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