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  • 28/10/2026

Maroc : Une aide de 500 dollars prévue pour encourager les jeunes à se marier

Le gouvernement marocain prévoit une aide financière pouvant atteindre 500 dollars (5 000 dirhams) pour les jeunes souhaitant se marier. Inscrite dans le programme gouvernemental 2026-2031, cette mesure reprend une proposition du Parti de l’Istiqlal et vise à alléger les dépenses liées à la constitution d’un foyer. Mais ses conditions d’application restent à définir, tandis que les difficultés d’accès à l’emploi et au logement continuent de peser sur les projets familiaux.

 

Au Maroc, le soutien au mariage des jeunes passe désormais du débat électoral à l’agenda gouvernemental. Présentée le 19 octobre 2026 devant les deux chambres du Parlement, la feuille de route du gouvernement pour la période 2026-2031 prévoit une aide financière pouvant atteindre 5 000 dirhams pour les jeunes qui souhaitent se marier.

 

La mesure figure dans le volet consacré à la famille et à la cohésion sociale. Elle reprend un engagement électoral du Parti de l’Istiqlal, membre de la majorité gouvernementale, qui proposait déjà ce soutien pour alléger les dépenses liées à la création d’un foyer (H24info, 22 octobre 2026).

 

Un coup de pouce face au coût du mariage

 

L’objectif affiché est de réduire une partie des dépenses auxquelles les futurs époux doivent faire face au début de leur vie commune. Au-delà de la cérémonie, la constitution d’un foyer implique souvent des frais d’installation, l’achat d’équipements et, surtout, la recherche d’un logement.

 

Ces dépenses interviennent dans un contexte marqué par les difficultés d’insertion professionnelle, les revenus parfois insuffisants et la hausse du coût de la vie. Pour les jeunes disposant de ressources limitées, ces contraintes peuvent retarder un projet de mariage.

 

Toutefois, les 5 000 dirhams annoncés constituent un plafond, et non la garantie que chaque couple recevra cette somme. Le programme gouvernemental ne précise pas encore les catégories de bénéficiaires, les éventuelles conditions de ressources ni la procédure de demande.

 

Selon Le360, les études relatives à la mise en place du dispositif devraient débuter en 2027, pour une application envisagée à partir de la deuxième année de la législature. L’annonce ne signifie donc pas que les demandes peuvent déjà être déposées (Le360, 23 octobre 2026).

 

Les associations réclament un dispositif plus large

 

L’aide gouvernementale rejoint des revendications portées par la société civile. Début juillet 2026, plus de 130 associations et réseaux réunis au sein du Forum Azzahrae pour la femme marocaine ont appelé les partis politiques à renforcer les politiques de soutien aux jeunes souhaitant fonder une famille.

 

Leur mémorandum propose notamment la création d’un Fonds national pour l’encouragement du mariage des jeunes. Celui-ci pourrait financer des aides directes non remboursables, des prêts sans intérêts et des mesures facilitant l’accès au logement. Les associations préconisent également des incitations fiscales et un accompagnement des étudiants mariés (LeBrief, 3 juillet 2026).

 

Ces propositions vont au-delà d’une aide ponctuelle. Elles posent la question des moyens dont disposent les jeunes pour construire un foyer et assumer durablement les dépenses d’un ménage.

 

La création de ce fonds national reste toutefois une revendication associative distincte de l’aide annoncée dans le programme gouvernemental. Rien ne permet, à ce stade, d’affirmer que ce fonds a été institué.

 

Le défi démographique dépasse la seule question financière

 

La mesure intervient alors que les indicateurs démographiques marocains alimentent les préoccupations des pouvoirs publics.

 

Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’indice de fécondité est tombé à 1,97 enfant par femme en 2024, sous le seuil de renouvellement des générations, généralement estimé à 2,1 enfants par femme. Par ailleurs, l’Enquête nationale sur la famille, publiée en avril 2026, indique que 51,7% des célibataires interrogés ne souhaitent pas se marier, contre 40,6% qui envisagent cette possibilité (Le Matin, 22 octobre 2026).

 

Ces données ne permettent pas d’attribuer le recul de la fécondité aux seules difficultés économiques. Elles illustrent néanmoins les transformations des comportements familiaux et les contraintes auxquelles une partie de la population est confrontée.

 

Pour le gouvernement, l’enjeu sera donc de déterminer si une aide plafonnée à 5 000 dirhams peut contribuer à lever certains obstacles au mariage. Son impact dépendra du nombre de bénéficiaires, des critères d’attribution, du financement du dispositif et de son articulation avec les politiques de l’emploi et du logement.

 

Car si cette somme peut soulager certaines dépenses immédiates, elle ne règle pas la question du revenu régulier nécessaire pour faire vivre un ménage. L’efficacité de la mesure se jugera moins à son annonce qu’à ses conditions d’application et aux moyens mobilisés pour accompagner les jeunes ménages sur la durée.