Les négociations entre TotalEnergies et les autorités namibiennes se poursuivent autour du développement du gisement offshore Venus. Alors que la décision finale d’investissement, initialement visée à la mi-2026, se fait toujours attendre, le groupe français et Windhoek doivent s’entendre sur les conditions d’exploitation d’un projet estimé à 17 milliards de dollars, avec une première production ciblée en 2030.
La Namibie attend toujours le feu vert définitif de
TotalEnergies pour lancer le développement du gisement pétrolier Venus,
découvert en 2022 dans le bassin de l’Orange. L’échéance initialement visée
pour la décision finale d’investissement est passée sans annonce, tandis que
les discussions avec le gouvernement se poursuivent sur les conditions
juridiques et économiques du projet.
Selon une enquête publiée le 4 octobre 2026 par le
quotidien The Namibian, les négociations portent notamment sur la durée
de la licence de production, la fiscalité et les mécanismes de règlement des
différends. Les garanties que pourrait obtenir l’entreprise face à
d’éventuelles modifications de la législation figureraient également parmi les
sujets discutés. Ces éléments reposent sur des sources proches des négociations
et ne correspondent pas à un accord définitif rendu public.
Des conditions contractuelles encore à
négocier
Pour TotalEnergies, l’enjeu est de sécuriser un
investissement de long terme dans un projet offshore coûteux, dont la
rentabilité dépendra notamment des conditions d’exploitation et de la stabilité
du cadre juridique. Pour la Namibie, il s’agit de préserver les recettes que
pourrait générer cette nouvelle industrie, tout en évitant des conditions
contractuelles susceptibles de limiter durablement sa marge de manœuvre
réglementaire.
La durée de la licence constitue l’un des points
sensibles rapportés par la presse locale. Les discussions porteraient également
sur la fiscalité et les garanties juridiques accordées à l’investisseur. Ces
dispositions sont déterminantes : elles peuvent influencer la répartition des
revenus entre l’État et l’entreprise, mais aussi les risques supportés par
chacune des parties sur plusieurs décennies.
Le gouvernement doit par ailleurs tenir compte de
l’évolution du cadre législatif applicable au secteur pétrolier. Toute
modification des règles pourrait avoir des conséquences sur les conditions
d’exploitation et sur les négociations en cours. Les dispositions précises qui
s’appliqueront à Venus devront toutefois être confirmées à partir des textes
juridiques pertinents et d’éventuels accords officiels.
Interrogé par The Namibian, TotalEnergies a
indiqué rester engagé dans des discussions constructives avec les autorités,
tout en rejetant certaines spéculations sur le dossier. Aucun accord définitif
sur l’ensemble des conditions de développement n’avait été rendu public dans
les informations consultées.
Un projet estimé à 17 milliards de dollars
L’importance des discussions s’explique aussi par les
dimensions du gisement. Dans sa présentation publiée en février 2026,
TotalEnergies estimait les ressources de Venus à environ 750 millions de barils
équivalent pétrole et prévoyait une capacité de production au plateau de 150
000 barils équivalent pétrole par jour.
Le coût de développement était estimé à environ 17
milliards de dollars. Ce montant correspond à une estimation du projet, et non
à des dépenses déjà engagées ou à un financement intégralement bouclé.
Le groupe français visait alors une décision finale
d’investissement à la mi-2026, étape nécessaire au lancement du développement
selon le calendrier envisagé. Le 1er octobre, Market Watch Namibia
rapportait que cette échéance avait été dépassée, sans qu’une nouvelle date
soit annoncée.
Le retard de la décision ne signifie pas
automatiquement que les premiers barils ne seront pas produits en 2030. Il
réduit néanmoins le temps disponible pour engager les travaux, mobiliser les
équipements et réaliser les opérations nécessaires à la mise en service du
champ. Le maintien de cette échéance dépendra notamment de la conclusion des
négociations et des autorisations requises.
Un test pour la stratégie pétrolière
namibienne
Pour la Namibie, Venus représente bien davantage qu’un
investissement isolé. Le projet pourrait contribuer à l’émergence d’une
industrie pétrolière offshore, avec des retombées potentielles sur les recettes
publiques, l’emploi et les activités des entreprises locales. L’ampleur de ces
bénéfices dépendra toutefois des conditions contractuelles, de la fiscalité et
de la capacité des entreprises nationales à participer à la chaîne de valeur.
Les négociations actuelles pourraient également servir
de référence pour les futurs projets pétroliers du pays. Un cadre juridique
suffisamment prévisible est essentiel pour attirer les capitaux, mais les
garanties accordées aux investisseurs doivent être conciliées avec les intérêts
économiques de l’État et sa capacité à faire évoluer sa réglementation.
TotalEnergies renforce parallèlement sa présence dans
le bassin de l’Orange. Le groupe a finalisé en septembre 2026 son entrée comme
opérateur, avec une participation de 40%, dans la licence PEL83, qui abrite la
découverte de Mopane. Cette opération élargit son portefeuille namibien, sans
résoudre pour autant les négociations propres au projet Venus.
L’objectif d’une première production en 2030 reste
donc à distinguer d’un engagement définitif sur le calendrier. Tant que la
décision d’investissement n’est pas prise, le développement de Venus demeure
suspendu à la résolution des questions contractuelles et à l’obtention des
autorisations nécessaires.
Pour Windhoek, le défi est de parvenir à un accord qui
rende le projet viable sans compromettre les retombées économiques futures.
Pour TotalEnergies, il consiste à sécuriser les conditions d’un investissement
de plusieurs milliards de dollars. L’issue des négociations déterminera ainsi
non seulement le calendrier de Venus, mais aussi une partie des conditions dans
lesquelles la Namibie entend développer sa future industrie pétrolière.
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