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  • 14/10/2026

Namibie : Pourquoi TotalEnergies tarde à investir 17 milliards de dollars dans le projet pétrolier Venus

Les négociations entre TotalEnergies et les autorités namibiennes se poursuivent autour du développement du gisement offshore Venus. Alors que la décision finale d’investissement, initialement visée à la mi-2026, se fait toujours attendre, le groupe français et Windhoek doivent s’entendre sur les conditions d’exploitation d’un projet estimé à 17 milliards de dollars, avec une première production ciblée en 2030.

 

La Namibie attend toujours le feu vert définitif de TotalEnergies pour lancer le développement du gisement pétrolier Venus, découvert en 2022 dans le bassin de l’Orange. L’échéance initialement visée pour la décision finale d’investissement est passée sans annonce, tandis que les discussions avec le gouvernement se poursuivent sur les conditions juridiques et économiques du projet.

 

Selon une enquête publiée le 4 octobre 2026 par le quotidien The Namibian, les négociations portent notamment sur la durée de la licence de production, la fiscalité et les mécanismes de règlement des différends. Les garanties que pourrait obtenir l’entreprise face à d’éventuelles modifications de la législation figureraient également parmi les sujets discutés. Ces éléments reposent sur des sources proches des négociations et ne correspondent pas à un accord définitif rendu public.

 

Des conditions contractuelles encore à négocier

 

Pour TotalEnergies, l’enjeu est de sécuriser un investissement de long terme dans un projet offshore coûteux, dont la rentabilité dépendra notamment des conditions d’exploitation et de la stabilité du cadre juridique. Pour la Namibie, il s’agit de préserver les recettes que pourrait générer cette nouvelle industrie, tout en évitant des conditions contractuelles susceptibles de limiter durablement sa marge de manœuvre réglementaire.

 

La durée de la licence constitue l’un des points sensibles rapportés par la presse locale. Les discussions porteraient également sur la fiscalité et les garanties juridiques accordées à l’investisseur. Ces dispositions sont déterminantes : elles peuvent influencer la répartition des revenus entre l’État et l’entreprise, mais aussi les risques supportés par chacune des parties sur plusieurs décennies.

 

Le gouvernement doit par ailleurs tenir compte de l’évolution du cadre législatif applicable au secteur pétrolier. Toute modification des règles pourrait avoir des conséquences sur les conditions d’exploitation et sur les négociations en cours. Les dispositions précises qui s’appliqueront à Venus devront toutefois être confirmées à partir des textes juridiques pertinents et d’éventuels accords officiels.

 

Interrogé par The Namibian, TotalEnergies a indiqué rester engagé dans des discussions constructives avec les autorités, tout en rejetant certaines spéculations sur le dossier. Aucun accord définitif sur l’ensemble des conditions de développement n’avait été rendu public dans les informations consultées.

 

Un projet estimé à 17 milliards de dollars

 

L’importance des discussions s’explique aussi par les dimensions du gisement. Dans sa présentation publiée en février 2026, TotalEnergies estimait les ressources de Venus à environ 750 millions de barils équivalent pétrole et prévoyait une capacité de production au plateau de 150 000 barils équivalent pétrole par jour.

 

Le coût de développement était estimé à environ 17 milliards de dollars. Ce montant correspond à une estimation du projet, et non à des dépenses déjà engagées ou à un financement intégralement bouclé.

 

Le groupe français visait alors une décision finale d’investissement à la mi-2026, étape nécessaire au lancement du développement selon le calendrier envisagé. Le 1er octobre, Market Watch Namibia rapportait que cette échéance avait été dépassée, sans qu’une nouvelle date soit annoncée.

 

Le retard de la décision ne signifie pas automatiquement que les premiers barils ne seront pas produits en 2030. Il réduit néanmoins le temps disponible pour engager les travaux, mobiliser les équipements et réaliser les opérations nécessaires à la mise en service du champ. Le maintien de cette échéance dépendra notamment de la conclusion des négociations et des autorisations requises.

 

Un test pour la stratégie pétrolière namibienne

 

Pour la Namibie, Venus représente bien davantage qu’un investissement isolé. Le projet pourrait contribuer à l’émergence d’une industrie pétrolière offshore, avec des retombées potentielles sur les recettes publiques, l’emploi et les activités des entreprises locales. L’ampleur de ces bénéfices dépendra toutefois des conditions contractuelles, de la fiscalité et de la capacité des entreprises nationales à participer à la chaîne de valeur.

 

Les négociations actuelles pourraient également servir de référence pour les futurs projets pétroliers du pays. Un cadre juridique suffisamment prévisible est essentiel pour attirer les capitaux, mais les garanties accordées aux investisseurs doivent être conciliées avec les intérêts économiques de l’État et sa capacité à faire évoluer sa réglementation.

 

TotalEnergies renforce parallèlement sa présence dans le bassin de l’Orange. Le groupe a finalisé en septembre 2026 son entrée comme opérateur, avec une participation de 40%, dans la licence PEL83, qui abrite la découverte de Mopane. Cette opération élargit son portefeuille namibien, sans résoudre pour autant les négociations propres au projet Venus.

 

L’objectif d’une première production en 2030 reste donc à distinguer d’un engagement définitif sur le calendrier. Tant que la décision d’investissement n’est pas prise, le développement de Venus demeure suspendu à la résolution des questions contractuelles et à l’obtention des autorisations nécessaires.

 

Pour Windhoek, le défi est de parvenir à un accord qui rende le projet viable sans compromettre les retombées économiques futures. Pour TotalEnergies, il consiste à sécuriser les conditions d’un investissement de plusieurs milliards de dollars. L’issue des négociations déterminera ainsi non seulement le calendrier de Venus, mais aussi une partie des conditions dans lesquelles la Namibie entend développer sa future industrie pétrolière.