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  • 14/10/2026

Afrique centrale : La BDEAC lève 222 millions de dollars à l’international pour diversifier ses financements

La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) a réalisé sa première émission obligataire sur les marchés internationaux de capitaux, mobilisant 222 millions de dollars à échéance octobre 2029. Cette opération doit renforcer ses capacités de financement, alors que l’institution cherche à accroître ses interventions dans les six pays de la CEMAC. Son coût réel et les retombées des financements attendus restent toutefois à apprécier.

 

Le 13 octobre 2026, la BDEAC a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de financement. En levant 222 millions de dollars sur les marchés internationaux, la banque basée à Brazzaville ouvre un nouveau canal de mobilisation des ressources, au-delà des prêts et des concours de ses partenaires institutionnels.

 

Selon son communiqué publié le 14 octobre, les fonds levés représentent une augmentation de près de 15% de la taille de son bilan. Ils doivent permettre d’accélérer les décaissements en faveur des infrastructures, de l’agriculture, de l’agro-industrie et de l’industrie dans les six États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

 

L’enjeu est important pour une institution dont la capacité à accompagner les économies de la sous-région dépend notamment de son accès à des ressources financières suffisantes. La réussite de cette opération se mesurera néanmoins à sa capacité à transformer les fonds mobilisés en financements effectivement déployés au profit de projets structurants.

 

Un coupon de 7,88% en euros

 

L’émission présente une particularité financière : son montant est annoncé en dollars, tandis que le coupon annuel est fixé à 7,88% en euros. Une couverture de change EUR-USD a été mise en place simultanément à l’opération, dont l’échéance est prévue en octobre 2029.

 

Le taux de 7,88% correspond au coupon de l’émission. Il ne permet pas, à lui seul, de déterminer le coût global supporté par la BDEAC. Les frais d’émission et les conditions de la couverture de change entrent également dans cette évaluation. Faute de disposer de ces éléments contractuels, il serait prématuré de qualifier le financement de bon marché ou de coûteux.

 

La couverture de change vise à gérer l’exposition liée aux deux monnaies utilisées dans l’opération. Ses modalités précises n’étant pas détaillées dans le communiqué, son incidence sur le coût final du financement ne peut pas être établie.

 

L’opération a notamment bénéficié de la participation d’Africa Finance Corporation (AFC) en qualité d’investisseur d’ancrage stratégique. Cette participation accompagne une émission qui constitue une première pour la BDEAC sur les marchés internationaux.

 

Une notation Ba3, avant l’objectif investment grade

 

Cette entrée sur les marchés intervient après l’obtention d’une notation internationale Ba3 auprès de Moody’s en novembre 2025. Assortie d’une perspective stable, elle a été maintenue à l’issue d’une revue annuelle en septembre 2026.

 

La notation Ba3 reste dans la catégorie spéculative, en dessous du seuil investment grade. Elle renseigne les investisseurs sur le risque de crédit associé à l’émetteur, sans pour autant lui fermer l’accès aux marchés obligataires.

 

Pour consolider cet accès, la BDEAC prévoit de renforcer ses relations avec les investisseurs. Elle annonce notamment des conférences semestrielles et la publication de présentations périodiques portant sur le soutien de ses actionnaires, la performance de son portefeuille de prêts, ses financements et sa liquidité.

 

L’institution entend ainsi améliorer la transparence de ses informations financières et construire un accès durable aux marchés internationaux. Elle affiche également l’ambition d’atteindre, à terme, la catégorie investment grade. Cette évolution dépendra notamment de la solidité de ses fondamentaux financiers, de la qualité de ses actifs et de sa capacité à maîtriser les risques liés à ses activités.

 

Un prêt de 30 millions d’euros de la BADEA

 

Le même jour, la BDEAC a signé un accord de prêt de 30 millions d’euros avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). Cette opération complète la levée obligataire et illustre la diversité des ressources que l'institution peut mobiliser auprès des marchés et de ses partenaires financiers.

 

Ces deux opérations répondent à des mécanismes de financement différents. L'émission obligataire permet à la banque de solliciter directement des investisseurs sur les marchés de capitaux, tandis que le prêt de la BADEA repose sur un accord entre institutions. Les conditions de ce dernier n'étant pas précisées dans le communiqué, une comparaison de leurs coûts respectifs serait prématurée.

 

Pour les économies de la CEMAC, l'intérêt de cette diversification dépendra surtout de l'utilisation des ressources obtenues. Les financements devront soutenir des projets suffisamment avancés pour permettre des décaissements effectifs et produire des retombées économiques durables.

 

La BDEAC dispose désormais d'une première référence sur les marchés internationaux. Reste à transformer cet accès au financement en capacité d'intervention durable, tout en préservant ses équilibres financiers et en améliorant progressivement sa qualité de crédit.