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  • 23/01/2026

Nestlé revoit sa stratégie de l’eau embouteillée : L’Afrique en question

Nestlé ajuste son portefeuille.

Et derrière une opération financière apparemment technique, une question stratégique se pose pour l’Afrique.

 

Selon des informations révélées par Bloomberg, le groupe suisse a commencé à collecter de premières offres dans le cadre d’un projet de cession partielle de ses activités dans les eaux. Plusieurs poids lourds du capital-investissement, dont Blackstone, KKR, Bain Capital ou Clayton, Dubilier & Rice, seraient intéressés. Nestlé serait conseillé par Rothschild & Co. et n’a pas souhaité commenter.

 

À première vue, l’Afrique n’apparaît nulle part.
Mais dans les faits, le continent est loin d’être marginal dans l’équation.

 

Nestlé est présent sur plusieurs marchés africains via des activités liées à l’eau, notamment à travers la marque Nestlé Pure Life, commercialisée dans différents pays. Ces opérations reposent souvent sur des unités locales, parfois en partenariat avec des acteurs nationaux, et répondent à une logique bien différente de celle des marques premium européennes comme Perrier ou S.Pellegrino.

 

Pour Nestlé, l’enjeu est clair.
L’eau embouteillée est devenue un métier politiquement sensible et économiquement contrasté. Dans plusieurs régions du monde, le groupe fait face à des critiques sur l’exploitation des ressources hydriques, tandis que les marges restent sous pression.

 

L’Afrique, elle, présente un profil paradoxal.
La demande progresse, portée par la croissance urbaine et les déficits d’accès à l’eau potable. Mais les infrastructures sont coûteuses, les cadres réglementaires hétérogènes, et la rentabilité dépend fortement du pouvoir d’achat local.

 

Dans ce contexte, une cession partielle de Nestlé Waters ne signifie pas nécessairement un retrait du continent. Elle peut aussi ouvrir la voie à de nouveaux montages capitalistiques, avec des fonds d’investissement cherchant à développer des plateformes régionales ou à nouer des partenariats locaux plus agiles.

 

Pour les États africains, l’enjeu dépasse la simple présence d’un grand groupe.
Il touche à la souveraineté sur les ressources, à la régulation d’un bien vital et à l’équilibre entre investissement privé et intérêt public.

 

À ce stade, aucune annonce officielle ne permet d’affirmer que des actifs africains sont inclus dans le périmètre de la transaction. Mais l’histoire économique récente montre une chose :
lorsque les multinationales redessinent leurs priorités, l’Afrique est rarement épargnée par les arbitrages.

 

La suite dépendra des choix stratégiques de Nestlé, mais aussi de la capacité des régulateurs africains à peser dans des décisions qui, bien souvent, se prennent loin du continent.

 

Une chose est sûre : derrière une opération financière mondiale, l’eau reste, en Afrique plus qu’ailleurs, un sujet éminemment politique.