News
  • 09/10/2026

Niger : Le FMI ouvre un nouveau programme de 203 millions de dollars et garde un œil sur la dette

Le FMI et Niamey ont conclu un accord au niveau des services pour un nouveau programme de 38 mois, doté d’un accès d’environ 203 millions de dollars. Derrière ce nouveau soutien financier, l’institution maintient toutefois ses exigences sur la dette, les recettes publiques et l’apurement des arriérés.

 

Le Niger s’apprête à repartir pour un nouveau cycle avec le Fonds monétaire international. À l’issue d’une mission menée du 28 septembre au 8 octobre à Niamey, les services du FMI et les autorités nigériennes sont parvenus à un accord sur le dixième et dernier examen du programme en cours, mais aussi sur les contours d’un nouveau programme de 38 mois soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC).

 

Le nouvel accord prévoit un accès à environ 203 millions de dollars. Son entrée en vigueur reste toutefois conditionnée à l’approbation du Conseil d’administration du FMI, attendue début décembre 2026. Si le programme est validé, un premier décaissement d’environ 36 millions de dollars, pourra être effectué pour répondre aux besoins de financement extérieur du pays et accompagner les réformes.

 

Le pétrole donne de l’air aux finances publiques

 

Le nouveau programme intervient dans une conjoncture plutôt favorable pour l’économie nigérienne. Le FMI table sur une croissance de 7% en 2026, puis de 6,7% en 2027, principalement portée par l’agriculture et les activités extractives.

 

La hausse des cours du pétrole contribue également à améliorer les recettes publiques et la balance des paiements. Le Niger entend utiliser une partie de ces recettes supplémentaires pour reconstituer ses réserves budgétaires, tout en conservant une politique d’endettement prudente et en privilégiant les financements concessionnels et les dons.

 

Cette amélioration ne signifie pas pour autant que les contraintes budgétaires ont disparu. Le déficit devrait atteindre 3,4% du PIB en 2026, notamment en raison des dépenses de reconstruction après les catastrophes naturelles de 2025 et des mesures destinées aux ménages vulnérables face au renchérissement des produits alimentaires et des carburants.

 

La dette reste au centre du nouveau programme

 

C’est ici que se situe l’un des principaux enjeux du nouvel accord. Le FMI indique clairement que le programme de 38 mois doit permettre de renforcer les capacités budgétaires et de préserver la viabilité de la dette.

 

L’institution souligne également que les autorités nigériennes poursuivent l’apurement des arriérés extérieurs et intérieurs. Cette question était déjà au cœur du programme précédent, dont l’évaluation finale doit désormais être achevée. En mars 2026, le FMI avait d’ailleurs augmenté l’accès du Niger à son programme en cours afin de répondre aux besoins supplémentaires de financement liés notamment aux chocs climatiques et sécuritaires.

 

Le nouveau programme ne se limite donc pas à apporter des ressources supplémentaires. Il doit aussi accompagner une trajectoire de consolidation des finances publiques, avec une mobilisation accrue des recettes intérieures, une meilleure gestion des dépenses et une surveillance renforcée de l'endettement.

 

Niamey veut transformer l’économie

 

Le FMI entend parallèlement accompagner la stratégie de développement 2025-2029 du gouvernement, baptisée Programme pour la refondation de la République. Les priorités affichées couvrent la stabilité macroéconomique, la stabilité financière et une croissance davantage portée par le secteur privé.

 

Le secteur bancaire figure notamment parmi les chantiers identifiés. Les autorités veulent renforcer sa capacité à financer les entreprises, avec notamment un programme soutenu par la Banque mondiale en faveur des micro, petites et moyennes entreprises.

 

À moyen terme, le FMI prévoit une croissance moyenne d’environ 6,1%, tirée par l’agriculture, les activités extractives et l’investissement public. Mais l’institution prévient que cette trajectoire reste exposée à des risques importants, en particulier les problèmes de sécurité et les chocs climatiques.

 

Pour Niamey, le prochain rendez-vous sera donc celui du Conseil d’administration du FMI, prévu début décembre. L’enjeu ne sera pas seulement de débloquer les premiers 36 millions de dollars. Il s’agira surtout d’installer un nouveau cadre de financement capable d’accompagner la transformation de l’économie tout en évitant que les recettes pétrolières supplémentaires ne retardent les efforts engagés sur les finances publiques et la dette.