En un an, les réserves de change de l’Ouganda ont enregistré une progression spectaculaire de près de 70%, dopées par l’afflux d’investissements étrangers liés au développement du secteur pétrolier. Mais derrière cette dynamique favorable se profile une équation macroéconomique plus délicate, marquée par une dette publique en forte hausse et des risques budgétaires persistants.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À fin janvier, les
réserves de change de l’Ouganda atteignaient 5,6 milliards de dollars, contre
3,3 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 69,7%, selon la Banque de
l’Ouganda. Une progression rare à cette échelle, dans une économie encore
fortement exposée aux chocs externes et aux contraintes de financement.
Le principal moteur de cette accumulation tient à
l’accélération des investissements directs étrangers dans le pétrole. Le pays
se prépare à entrer dans une phase décisive avec le lancement attendu de la
production commerciale de brut cette année. En amont, les acteurs majeurs du
projet — notamment le groupe français TotalEnergies et le chinois CNOOC — ont
intensifié leurs dépenses dans les infrastructures stratégiques, incluant
pipelines, sites de forage et logistique associée.
Cette dynamique énergétique agit comme un aimant à
capitaux, renforçant temporairement la position extérieure du pays et offrant
un coussin de liquidité appréciable pour la banque centrale.
Mais ce tableau est loin d’être univoque.
Dans le même rapport, l’institution monétaire souligne
une augmentation de 21,2% de la dette publique, désormais estimée à 34,77
milliards de dollars. Une trajectoire qui interroge, notamment au regard du
poids croissant du service de la dette et de la dépendance à l’endettement
extérieur.
La Banque de l’Ouganda alerte d’ailleurs sur une marge
de manœuvre budgétaire qui se resserre progressivement. L’exposition accrue aux
créanciers étrangers, combinée à des engagements financiers élevés, pourrait
fragiliser la capacité du pays à absorber d’éventuels chocs économiques. Dans
ce contexte, un événement défavorable sur les marchés ou dans le secteur
énergétique pourrait rapidement réactiver le risque de surendettement.
Entre l’euphorie des investissements pétroliers et la
rigueur des équilibres macroéconomiques, Kampala avance donc sur une ligne de
crête. Une dynamique classique des économies en phase d’industrialisation
extractive : des entrées de capitaux massives, mais une discipline budgétaire
sous surveillance permanente.
Zinia Farnandiz Sep 28, 2024
Absolutely loved this post! Your tips on how to style a blazer are spot on. Keep up the great work, can’t wait for your next post!
Loren Watson Sep 18, 2024
Cover broad of topic in web development industry. Explained a lot of basic programming knowledge with easy to understand explanation.
Walter White Sep 29, 2024
Employees who have the flexibility to work remotely often report higher job satisfaction. This can lead to increased employee retention workforce.