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  • 30/07/2026

Ouganda : Les investisseurs plébiscitent la dette publique, les obligations à long terme largement sursouscrites

L'Ouganda continue de bénéficier de la confiance des investisseurs sur son marché domestique de la dette. Lors de l'adjudication des obligations du Trésor organisée le 29 juillet, les titres à 15 ans et à 25 ans ont suscité un engouement particulièrement marqué, illustrant la capacité du gouvernement à mobiliser des financements de long terme malgré un environnement de taux d'intérêt toujours élevé.

 

Les résultats publiés par la Banque d'Ouganda montrent que les quatre obligations proposées – à 2 ans, 5 ans, 15 ans et 25 ans – ont toutes enregistré une demande supérieure aux montants mis sur le marché. Les investisseurs ont notamment manifesté un fort intérêt pour les maturités longues, avec un ratio de couverture de 4,678 pour l'obligation à 15 ans et de 3,554 pour celle à 25 ans, signe que les offres reçues dépassaient largement les besoins de financement de l'État.

 

Cette performance intervient dans un contexte où les obligations souveraines demeurent l'un des placements les plus recherchés par les banques commerciales, les compagnies d'assurance et les fonds de pension. Avec des rendements compris entre 12,5% pour les titres à deux ans et 16% pour ceux à vingt-cinq ans, les investisseurs continuent de privilégier ces actifs, considérés comme offrant un niveau de risque relativement faible tout en garantissant des revenus élevés.

 

Une confiance qui dépasse le simple rendement

 

Au-delà de la rémunération offerte, cette adjudication traduit également la confiance des investisseurs dans les perspectives macroéconomiques du pays.

 

Depuis plusieurs mois, la Banque d'Ouganda maintient son taux directeur à 9,75%, estimant que l'inflation reste maîtrisée malgré les tensions géopolitiques mondiales susceptibles d'alimenter une hausse des prix de l'énergie. Le gouverneur Michael Atingi-Ego considère que les pressions inflationnistes demeurent compatibles avec l'objectif de stabilité des prix.

 

Dans ce contexte, les investisseurs semblent privilégier les obligations de long terme, anticipant une stabilité de l'environnement macroéconomique et une capacité du gouvernement à honorer ses engagements financiers sur plusieurs décennies.

 

Le marché domestique, pilier du financement public

 

Cette opération confirme également la stratégie de Kampala consistant à renforcer le financement de son budget sur le marché intérieur plutôt que de dépendre exclusivement des emprunts extérieurs.

 

Le recours accru aux émissions domestiques permet de mobiliser l'épargne locale tout en limitant l'exposition aux fluctuations des devises internationales. Cette orientation est d'autant plus importante que plusieurs pays africains cherchent à réduire leur vulnérabilité face au renchérissement du financement sur les marchés internationaux.

 

Les adjudications précédentes avaient déjà mis en évidence cette dynamique. En juillet, la Banque d'Ouganda avait enregistré une demande supérieure aux montants proposés sur plusieurs émissions, illustrant la profondeur croissante du marché obligataire local.

 

Un signal positif pour les investisseurs

 

La forte participation observée lors de cette adjudication envoie un signal favorable aux autorités ougandaises. Elle montre que, malgré des coûts de financement encore élevés, les investisseurs restent disposés à immobiliser leurs capitaux sur des horizons pouvant atteindre vingt-cinq ans.

 

Pour les analystes, cette confiance constitue un atout majeur alors que l'Ouganda poursuit ses investissements dans les infrastructures, l'énergie et les projets liés à l'exploitation prochaine de ses ressources pétrolières. La capacité du gouvernement à continuer de lever des ressources importantes sur le marché domestique pourrait ainsi contribuer à réduire sa dépendance aux financements extérieurs tout en soutenant ses ambitions de croissance.