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  • 05/01/2026

Ouganda : Près de 276 millions de dollars recherchés via la dette domestique

L’Ouganda retourne sur son marché domestique de la dette avec une ambition claire : mobiliser près de 1 000 milliards de shillings ougandais, soit près de 276 millions de dollars, auprès des investisseurs locaux. La Banque centrale d’Ouganda a officiellement lancé un appel d’offres pour une adjudication d’obligations du Trésor prévue le 7 janvier 2026.

 

Derrière cette opération se dessine une stratégie assumée de financement interne, dans un contexte régional marqué par le renchérissement du coût de l’argent et une prudence accrue vis-à-vis des marchés internationaux.

 

L’émission porte sur trois maturités clés : 3 ans, 10 ans et 20 ans. Il ne s’agit pas de nouveaux titres, mais de réouvertures d’obligations existantes, une pratique courante visant à accroître les montants en circulation et à renforcer la liquidité du marché secondaire.

 

Dans le détail, l’État ougandais cherche à lever 230 milliards de shillings sur une obligation à trois ans, assortie d’un taux facial de 15,55%. Une obligation à dix ans, rémunérée à 16,25%, doit permettre de mobiliser 330 milliards de shillings. Enfin, la maturité la plus longue, à vingt ans, affiche un taux de 15% pour un montant cible de 430 milliards de shillings.

 

Ces rendements, élevés pour des titres souverains domestiques, traduisent un environnement financier encore contraint. Ils reflètent les anticipations d’inflation, l’orientation restrictive de la politique monétaire et la prime de risque exigée par les investisseurs pour s’engager sur des horizons longs.

 

La vente se déroulera selon le principe de l’adjudication à prix unique. Tous les investisseurs retenus seront servis au même prix, correspondant au prix le plus bas accepté, donc au rendement le plus élevé validé lors de l’enchère. Un mécanisme conçu pour assurer transparence et équité entre les participants.

 

La Banque centrale conserve toutefois une large marge de manœuvre. Dans son avis officiel, elle précise :
« La Banque d’Ouganda se réserve le droit d’augmenter ou de réduire le montant proposé à l’adjudication et d’accepter ou de rejeter toute offre, en tout ou en partie. »

 

Seules les banques agréées en tant que Primary Dealers sont autorisées à soumettre des offres compétitives. Les autres investisseurs — compagnies d’assurances, fonds de pension, entreprises ou particuliers — peuvent accéder à ces titres par leur intermédiaire ou via des offres non compétitives, acceptées automatiquement dans une limite prédéfinie.

 

Au-delà de sa dimension technique, cette opération confirme l’orientation stratégique de l’Ouganda en faveur du financement domestique. En privilégiant le marché local, l’État limite son exposition au risque de change et soutient le développement de son marché des capitaux, une approche régulièrement encouragée par les institutions financières internationales.

 

Pour les banques et investisseurs institutionnels, ces obligations présentent un double attrait : des rendements élevés et une signature souveraine. Pour l’État, le compromis est plus délicat. Le financement est sécurisé et étalé dans le temps, mais à un coût budgétaire significatif.

 

L’adjudication du 7 janvier servira donc de test grandeur nature. Elle donnera une indication précise de l’appétit des investisseurs et de la perception du risque souverain ougandais en ce début d’année 2026, dans un environnement financier où chaque point de base compte.