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  • 14/10/2026

Pétrole : Le Niger donne 45 jours aux groupes chinois pour rapatrier plus de 5,1 milliards de dollars

Le 13 octobre 2026 à Niamey, les autorités nigériennes ont donné 45 jours à la CNPC, à WAPCO et à la SORAZ pour respecter leurs engagements. Cinq mois après la signature d’un protocole pétrolier, le gouvernement dénonce des recettes non rapatriées, des recrutements bloqués et plusieurs obligations toujours inappliquées.

 

Pétrole nigérien : 3 000 milliards FCFA non rapatriés

 

Le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a présenté les conclusions du comité de négociation. Selon celui-ci, plus de 3 000 milliards FCFA, soit un peu plus de 5,1 milliards de dollars, de recettes d’exportation n’ont pas été rapatriés depuis avril 2024. Seuls 105 milliards auraient rejoint le circuit financier national.

 

Niamey avait affecté 80% de ses recettes au remboursement d’un prêt chinois de 400 millions de dollars, remboursé en mars 2026. Le comité réclame désormais l’application de la réglementation des changes de l’UEMOA et chiffre à 17,4 milliards FCFA le manque à gagner pour le Trésor public.

 

CNPC : la nigérisation des emplois piétine

 

Les recrutements prévus après la signature du protocole n’ont pas été engagés, selon le comité. Aucun plan de nigérisation sur quatre ans n’aurait été déposé. Sur les sites de la CNPC, 558 postes restent occupés par des expatriés.

 

Le comité s’interroge aussi sur les réserves du bloc d’Agadem. Depuis 2008, leur volume repose sur les déclarations de la CNPC, sans certification indépendante. À Zinder, la raffinerie SORAZ fonctionne à 75% de sa capacité, dans un contexte de pénuries de carburant.

 

Des engagements encore contestés

 

En mai, Niamey avait obtenu un accord de principe pour détenir 45% de WAPCO et une baisse du tarif de l’oléoduc, passé de 27 à 15 dollars le baril. Cinq mois plus tard, les autorités dénoncent toujours des engagements non appliqués.

 

La CNPC doit aussi gérer l’éruption de brut et de gaz survenue le 25 septembre au puits Goumeri W8, à Agadem. Au 15 octobre, aucune réaction publique de l’entreprise à l’ultimatum n’avait été rapportée par les sources consultées.

 

Au terme des 45 jours, Niamey aura-t-il les moyens de sanctionner son principal partenaire pétrolier ?

 

F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info