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  • 20/04/2026

RDC : La Banque Centrale centralise les flux en dollars et accélère la transition vers les paiements numériques

La Banque Centrale du Congo engage une réforme structurante de son système de gestion des devises, en assumant désormais le contrôle exclusif de l’importation du dollar américain et en accélérant la digitalisation des transactions financières. Une orientation présentée à Washington lors de discussions avec les autorités américaines et le Fonds monétaire international, dans un contexte de forte dollarisation de l’économie congolaise.

 

À Washington, la République démocratique du Congo a exposé une inflexion majeure de sa politique monétaire. Le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso, et le ministre des Finances, Doudou Fwamba, ont tenu une réunion de haut niveau avec des responsables du Département du Trésor américain, dans un échange consacré à la trajectoire économique du pays et à l’évolution de son cadre financier.

 

Au cœur des discussions figure une décision structurante : la Banque Centrale entend désormais assurer l’exclusivité de l’importation des billets de dollars américains sur le territoire congolais. Cette centralisation vise à réduire la fragmentation des circuits d’approvisionnement en devises et à renforcer le contrôle des flux de change dans une économie où le dollar demeure omniprésent.

 

Dans le même mouvement, les autorités monétaires accélèrent la transition vers des transactions scripturales, autrement dit des paiements réalisés par voie bancaire et électronique, en substitution progressive à l’usage du cash. L’objectif affiché est d’améliorer la traçabilité des opérations financières et de réduire les zones d’opacité associées aux circuits informels.

 

La Banque Centrale du Congo justifie cette orientation par la nécessité de renforcer la transparence du système financier, dans un environnement exposé aux risques de corruption, de blanchiment de capitaux et de financement d’activités illicites. La digitalisation des flux est présentée comme un levier de modernisation et de sécurisation des transactions.

 

Du côté américain, le Département du Trésor a salué ces réformes, les qualifiant d’avancées significatives en matière d’intégrité financière. Washington a réaffirmé son soutien aux efforts de modernisation du système bancaire congolais et son engagement à accompagner les réformes en cours, en coordination avec les programmes appuyés par le Fonds monétaire international.

 

La République démocratique du Congo demeure l’une des économies les plus dollarisées d’Afrique subsaharienne. Le dollar y circule largement aux côtés de la monnaie nationale, limitant la portée de la politique monétaire et complexifiant le contrôle des agrégats de liquidité.

 

Dans ce contexte, la centralisation de l’importation des devises et l’extension des paiements numériques traduisent une volonté de reprise de contrôle institutionnel sur les flux financiers. Mais cette transformation intervient dans une économie où les circuits informels restent profondément ancrés et structurants.

 

Au-delà de la dimension technique, cette réforme s’inscrit dans une recomposition plus large des équilibres économiques du pays, à la croisée des exigences de modernisation interne et des standards internationaux de gouvernance financière.

 

La trajectoire engagée par la Banque Centrale du Congo place ainsi la question monétaire au cœur d’un enjeu plus large : celui de la capacité de l’État à structurer, tracer et formaliser une économie encore largement dominée par le cash et les circuits parallèles.