Les gouverneurs de la Banque africaine de développement (BAD),
les partenaires techniques et financiers, les représentants du secteur privé,
les fondations philanthropiques et les investisseurs ont exprimé leur ferme
soutien à la nouvelle approche de solutions de plateforme de la Banque visant à
accélérer la transformation de l'Afrique dans les secteurs de la santé et de
l'aviation.
En marge de ses Assemblées annuelles 2026, qui se sont
tenues le 28 mai à Brazzaville, la Banque a présenté deux applications
concrètes de cette approche aux principales parties prenantes : le Programme
intégré de transformation de l’aviation (IATP) et le Mécanisme
africain d’équipements médicaux et de médicaments (AMEF), tous deux conçus
pour mobiliser davantage de capitaux, réduire les risques et relever les
principaux défis continentaux.
La réunion, organisée sous le thème « Des solutions
de plateforme pour la transformation de l'Afrique : réduire les risques dans
les systèmes d'aviation et de santé grâce à un financement innovant », a
permis aux participants d'apprécier l'approche de la Banque, qui reflète
l'évolution du rôle des banques multilatérales de développement : passer d'un
financement projet par projet à la création de plateformes capables de
rassembler les partenaires, d'attirer des capitaux et d'apporter des solutions
à l'échelle nécessaire pour relever les défis du continent.
La Banque a présenté l'IATP et l'AMEF non seulement comme
deux initiatives complémentaires, mais surtout comme deux applications d'une
même architecture financière : l'une visant à renforcer la connectivité
aérienne, les chaînes logistiques et l'intégration régionale ; l'autre
axée sur la garantie de l'accès aux médicaments essentiels, aux vaccins et aux
équipements médicaux.
« Nous avons besoin de
médicaments de haute qualité qui répondent aux normes internationales.
L’Afrique a également besoin de compagnies aériennes capables de relier
l’ensemble du continent, de renforcer l’intégration régionale et de soutenir la
Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) », a déclaré le Dr Sidi
Ould Tah, président de la BAD, en ouvrant les discussions.
Dans le secteur de l'aviation, l'IATP vise à soutenir la
modernisation des flottes, la mise à niveau des infrastructures, l'amélioration
de la logistique et l'intégration du marché du transport aérien africain. La
Banque ambitionne de mobiliser 7 milliards de dollars au cours des 5 prochaines
années afin de contribuer à libérer le potentiel de l'aviation africaine, en
partenariat avec les gouvernements africains, l'Union africaine, les
partenaires au développement, le secteur privé, les banques et les
investisseurs, les constructeurs aéronautiques, les sociétés de leasing, les
compagnies aériennes et d'autres acteurs.
Dans le secteur de la santé, l'AMEF vise à soutenir des
mécanismes d'approvisionnement plus stables et mieux coordonnés afin
d'améliorer l'accès durable à des produits de santé de qualité.
Selon Ousmane Fall, directeur du département du secteur
privé à la BAD, l'Afrique ne produit que 1 % des médicaments dont elle a besoin
et environ 0,5 % de ses vaccins. Seuls 40 % des médicaments essentiels sont
disponibles en temps voulu pour les populations, et les délais d'accès peuvent
varier de 3 à 9 mois.
Dans le secteur de l'aviation, Mike Salawou, directeur du
département des infrastructures et du développement urbain, a souligné que
seulement 19 % des vols en Afrique sont assurés par des compagnies aériennes
régionales ou nationales africaines, et que les pertes économiques liées aux
carences du transport aérien sont estimées entre 50 et 100 milliards de dollars
par an.
La plateforme proposée par la BAD repose sur la
collaboration entre les gouvernements, les institutions de financement du
développement, les partenaires philanthropiques, les fournisseurs et les
investisseurs afin de mobiliser les financements appropriés, de renforcer la
transparence et d'améliorer la viabilité financière des systèmes
d'approvisionnement.
Cap sur la mise en
œuvre
Les interventions des participants ont convergé vers un
message clair : les deux plateformes doivent maintenant passer à la mise
en œuvre, soutenue par une forte appropriation nationale, des partenaires
alignés et un suivi régulier des résultats.
Plusieurs intervenants ont souligné que le succès des deux
plateformes dépendrait du maintien d'une large coalition de gouvernements, de
banques multilatérales de développement, d'investisseurs institutionnels, de
fondations philanthropiques et d'acteurs du secteur privé autour d'objectifs
communs et mesurables.
Le Japon promet 10 millions de dollars à l'IATP
Les participants ont souligné l'importance d'une
coordination étroite entre les parties prenantes afin de garantir des résultats
tangibles, mesurables et visibles pour les populations africaines.
Accueillant favorablement l'initiative de la BAD, le Japon a
annoncé une contribution de 10 millions de dollars au Mécanisme de partage des
risques de l’IATP afin de contribuer à réduire les risques de financement liés
à l'acquisition de flottes par les compagnies aériennes africaines. Cette
annonce témoigne de la confiance des partenaires dans l'ambition de moderniser
le transport aérien africain, de renforcer la connectivité régionale et de
soutenir l'intégration économique du continent.
Selon Salawou, cette contribution devrait appuyer la phase
initiale de mise en œuvre de la plateforme et renforcer sa capacité à mobiliser
des financements supplémentaires. Il s’agit de bâtir une plateforme de
connectivité continentale capable de relier les marchés, de renforcer les
chaînes de valeur régionales et de soutenir la mise en œuvre de la ZLECAf.
Il a par ailleurs ajouté que dans un contexte marqué par la
montée des risques sanitaires, climatiques et géopolitiques, la connectivité
devient également un enjeu de résilience. « Les avions transportent des passagers, mais aussi des médicaments, des
vaccins, des équipements stratégiques et créent des opportunités économiques.
En mobilisant davantage de capitaux, en réduisant les risques et en renforçant
les partenariats, l’IATP contribue à faire de l’aviation un moteur
d’intégration, de compétitivité et de prospérité pour l’Afrique ».
Au-delà de l'aviation et de la santé, les discussions ont
mis en lumière le potentiel des solutions de plateforme comme nouvel instrument
de transformation du continent.
« Les populations ont
besoin d’un accès rapide aux médicaments, aux vaccins, aux biens essentiels et
aux opportunités économiques. Cela exige des chaînes logistiques efficaces, une
infrastructure de connectivité performante et des mécanismes de financement
capables de répondre aux défis que rencontre le continent. Les plateformes de
développement représentent une évolution majeure dans notre approche de ce
secteur : elles permettent de transformer les priorités africaines en
programmes bancables, déployables et mesurables, tout en renforçant
l’intégration régionale, la résilience et la capacité de l’Afrique à façonner
son propre avenir », a souligné le Dr Ould Tah.
Selon lui, cette approche est pleinement en phase avec la
vision de renforcer le rôle de l'institution en tant que plateforme de
mobilisation de capitaux pour l'Afrique et de contribuer à l'émergence d'une
nouvelle architecture financière africaine pour le développement, capable de
soutenir une croissance plus intégrée, résiliente et inclusive.
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