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  • 03/06/2026

Santé et aviation : la BAD mise sur des plateformes innovantes pour accélérer la transformation de l’Afrique


Les gouverneurs de la Banque africaine de développement (BAD), les partenaires techniques et financiers, les représentants du secteur privé, les fondations philanthropiques et les investisseurs ont exprimé leur ferme soutien à la nouvelle approche de solutions de plateforme de la Banque visant à accélérer la transformation de l'Afrique dans les secteurs de la santé et de l'aviation.

En marge de ses Assemblées annuelles 2026, qui se sont tenues le 28 mai à Brazzaville, la Banque a présenté deux applications concrètes de cette approche aux principales parties prenantes : le Programme intégré de transformation de l’aviation (IATP) et le Mécanisme africain d’équipements médicaux et de médicaments (AMEF), tous deux conçus pour mobiliser davantage de capitaux, réduire les risques et relever les principaux défis continentaux.

La réunion, organisée sous le thème « Des solutions de plateforme pour la transformation de l'Afrique : réduire les risques dans les systèmes d'aviation et de santé grâce à un financement innovant », a permis aux participants d'apprécier l'approche de la Banque, qui reflète l'évolution du rôle des banques multilatérales de développement : passer d'un financement projet par projet à la création de plateformes capables de rassembler les partenaires, d'attirer des capitaux et d'apporter des solutions à l'échelle nécessaire pour relever les défis du continent.

La Banque a présenté l'IATP et l'AMEF non seulement comme deux initiatives complémentaires, mais surtout comme deux applications d'une même architecture financière : l'une visant à renforcer la connectivité aérienne, les chaînes logistiques et l'intégration régionale ; l'autre axée sur la garantie de l'accès aux médicaments essentiels, aux vaccins et aux équipements médicaux.

« Nous avons besoin de médicaments de haute qualité qui répondent aux normes internationales. L’Afrique a également besoin de compagnies aériennes capables de relier l’ensemble du continent, de renforcer l’intégration régionale et de soutenir la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) », a déclaré le Dr Sidi Ould Tah, président de la BAD, en ouvrant les discussions.

Dans le secteur de l'aviation, l'IATP vise à soutenir la modernisation des flottes, la mise à niveau des infrastructures, l'amélioration de la logistique et l'intégration du marché du transport aérien africain. La Banque ambitionne de mobiliser 7 milliards de dollars au cours des 5 prochaines années afin de contribuer à libérer le potentiel de l'aviation africaine, en partenariat avec les gouvernements africains, l'Union africaine, les partenaires au développement, le secteur privé, les banques et les investisseurs, les constructeurs aéronautiques, les sociétés de leasing, les compagnies aériennes et d'autres acteurs.

Dans le secteur de la santé, l'AMEF vise à soutenir des mécanismes d'approvisionnement plus stables et mieux coordonnés afin d'améliorer l'accès durable à des produits de santé de qualité.

Selon Ousmane Fall, directeur du département du secteur privé à la BAD, l'Afrique ne produit que 1 % des médicaments dont elle a besoin et environ 0,5 % de ses vaccins. Seuls 40 % des médicaments essentiels sont disponibles en temps voulu pour les populations, et les délais d'accès peuvent varier de 3 à 9 mois.

Dans le secteur de l'aviation, Mike Salawou, directeur du département des infrastructures et du développement urbain, a souligné que seulement 19 % des vols en Afrique sont assurés par des compagnies aériennes régionales ou nationales africaines, et que les pertes économiques liées aux carences du transport aérien sont estimées entre 50 et 100 milliards de dollars par an.

La plateforme proposée par la BAD repose sur la collaboration entre les gouvernements, les institutions de financement du développement, les partenaires philanthropiques, les fournisseurs et les investisseurs afin de mobiliser les financements appropriés, de renforcer la transparence et d'améliorer la viabilité financière des systèmes d'approvisionnement.

Cap sur la mise en œuvre

Les interventions des participants ont convergé vers un message clair : les deux plateformes doivent maintenant passer à la mise en œuvre, soutenue par une forte appropriation nationale, des partenaires alignés et un suivi régulier des résultats.

Plusieurs intervenants ont souligné que le succès des deux plateformes dépendrait du maintien d'une large coalition de gouvernements, de banques multilatérales de développement, d'investisseurs institutionnels, de fondations philanthropiques et d'acteurs du secteur privé autour d'objectifs communs et mesurables.

Le Japon promet 10 millions de dollars à l'IATP

Les participants ont souligné l'importance d'une coordination étroite entre les parties prenantes afin de garantir des résultats tangibles, mesurables et visibles pour les populations africaines.

Accueillant favorablement l'initiative de la BAD, le Japon a annoncé une contribution de 10 millions de dollars au Mécanisme de partage des risques de l’IATP afin de contribuer à réduire les risques de financement liés à l'acquisition de flottes par les compagnies aériennes africaines. Cette annonce témoigne de la confiance des partenaires dans l'ambition de moderniser le transport aérien africain, de renforcer la connectivité régionale et de soutenir l'intégration économique du continent.

Selon Salawou, cette contribution devrait appuyer la phase initiale de mise en œuvre de la plateforme et renforcer sa capacité à mobiliser des financements supplémentaires. Il s’agit de bâtir une plateforme de connectivité continentale capable de relier les marchés, de renforcer les chaînes de valeur régionales et de soutenir la mise en œuvre de la ZLECAf.

Il a par ailleurs ajouté que dans un contexte marqué par la montée des risques sanitaires, climatiques et géopolitiques, la connectivité devient également un enjeu de résilience. « Les avions transportent des passagers, mais aussi des médicaments, des vaccins, des équipements stratégiques et créent des opportunités économiques. En mobilisant davantage de capitaux, en réduisant les risques et en renforçant les partenariats, l’IATP contribue à faire de l’aviation un moteur d’intégration, de compétitivité et de prospérité pour l’Afrique ».

Au-delà de l'aviation et de la santé, les discussions ont mis en lumière le potentiel des solutions de plateforme comme nouvel instrument de transformation du continent.

« Les populations ont besoin d’un accès rapide aux médicaments, aux vaccins, aux biens essentiels et aux opportunités économiques. Cela exige des chaînes logistiques efficaces, une infrastructure de connectivité performante et des mécanismes de financement capables de répondre aux défis que rencontre le continent. Les plateformes de développement représentent une évolution majeure dans notre approche de ce secteur : elles permettent de transformer les priorités africaines en programmes bancables, déployables et mesurables, tout en renforçant l’intégration régionale, la résilience et la capacité de l’Afrique à façonner son propre avenir », a souligné le Dr Ould Tah.

Selon lui, cette approche est pleinement en phase avec la vision de renforcer le rôle de l'institution en tant que plateforme de mobilisation de capitaux pour l'Afrique et de contribuer à l'émergence d'une nouvelle architecture financière africaine pour le développement, capable de soutenir une croissance plus intégrée, résiliente et inclusive.