À Kinshasa, le ton change. Face à des exportations record de cuivre et de cobalt, le président Félix Tshisekedi ordonne un audit express des revenus miniers. En ligne de mire : des milliards de dollars qui échappent encore aux caisses publiques. Derrière cette initiative, c’est toute la question de la souveraineté économique de la République démocratique du Congo qui refait surface.
Une richesse
colossale… mal captée
Le paradoxe
congolais n’a rien de nouveau, mais il devient de plus en plus difficile à
justifier.
La République démocratique du Congo s’est imposée comme un acteur clé de la
transition énergétique mondiale, notamment grâce au cuivre et au cobalt — deux
minerais stratégiques pour les batteries et les technologies vertes.
Les chiffres
donnent le vertige : production en hausse continue, demande mondiale soutenue…
mais en face, des recettes publiques qui ne suivent pas la même trajectoire.
Selon des données
internes relayées par Reuters, près de 16,8 milliards de dollars de revenus
auraient été sous-déclarés ou non rapatriés entre 2018 et 2023. Un manque à
gagner massif pour un pays où les besoins en infrastructures, santé et
éducation restent immenses.
Audit express :
opération vérité en 30 jours
Face à ce constat,
Félix Tshisekedi a décidé d’accélérer.
Un audit global des revenus issus des exportations de cuivre et de cobalt a été
ordonné, avec un calendrier serré : 30 jours pour établir un diagnostic clair,
et des conclusions attendues dès la mi-juin.
L’objectif est
double :
Dans le viseur :
les joint-ventures opaques, les pratiques de sous-facturation, les revenus
logés à l’étranger et les circuits parallèles d’exportation.
Derrière l’audit,
une bataille pour la souveraineté
Ce mouvement
dépasse largement le cadre technique.
Il s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’une reconquête de la rente
minière.
Depuis plusieurs
années, la République démocratique du Congo cherche à rééquilibrer ses
relations avec les multinationales du secteur. Le défi est clair : transformer
une puissance géologique en puissance budgétaire.
Mais l’équation
est délicate.
Le pays évolue dans un environnement où s’entrecroisent intérêts économiques,
enjeux géopolitiques et dépendance aux investissements étrangers — notamment
dans un contexte de rivalité croissante entre grandes puissances pour l’accès
aux minerais critiques.
Le test de
crédibilité
Sur le papier,
l’initiative est solide.
Dans la pratique, tout dépendra de l’après-audit.
Trois scénarios se
dessinent :
C’est là que se
joue la crédibilité de la démarche.
Car en matière de gouvernance minière, l’Afrique n’a pas un problème de
diagnostic — elle a un problème d’exécution.
Une fenêtre
historique
Le timing n’est
pas anodin.
La demande mondiale en cuivre et cobalt explose, portée par la transition
énergétique. Autrement dit, la République démocratique du Congo dispose d’un
levier unique.
Si Kinshasa
réussit à verrouiller ses circuits de revenus, le pays pourrait changer de
trajectoire budgétaire en quelques années.
Sinon, le risque
est connu :
rester un géant minier… mais un nain fiscal.
L’audit lancé par
Félix Tshisekedi ressemble à une opération technique.
En réalité, c’est un moment politique.
Un moment où la
République démocratique du Congo tente, une fois de plus, de répondre à une
question simple, presque brutale :
qui profite vraiment de ses richesses ?
Zinia Farnandiz Sep 28, 2024
Absolutely loved this post! Your tips on how to style a blazer are spot on. Keep up the great work, can’t wait for your next post!
Loren Watson Sep 18, 2024
Cover broad of topic in web development industry. Explained a lot of basic programming knowledge with easy to understand explanation.
Walter White Sep 29, 2024
Employees who have the flexibility to work remotely often report higher job satisfaction. This can lead to increased employee retention workforce.