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  • 28/07/2026

SADC : Le kwanza rejoint le système régional de paiement RTGS, une nouvelle étape vers des échanges africains moins dépendants du dollar

L'intégration financière en Afrique australe franchit une nouvelle étape. La South African Reserve Bank (SARB) et la Banco Nacional de Angola (BNA) ont annoncé l'intégration officielle du kwanza angolais au système régional de règlement brut en temps réel SADC-RTGS, permettant désormais aux institutions financières éligibles d'effectuer des règlements transfrontaliers directement dans la monnaie angolaise.

 

L'annonce a été faite conjointement par le gouverneur de la banque centrale sud-africaine, Lesetja Kganyago, et son homologue angolais, Manuel Tiago Dias. Au-delà de son caractère technique, cette évolution marque une avancée vers une utilisation plus importante des monnaies africaines dans les échanges régionaux.

 

Une réduction des coûts pour les entreprises et les banques

 

Jusqu'à présent, de nombreuses transactions impliquant le kwanza nécessitaient le recours à une devise intermédiaire, le plus souvent le dollar américain ou le rand sud-africain. Cette étape supplémentaire augmentait les coûts de change, rallongeait les délais de traitement et exposait les opérateurs aux fluctuations de plusieurs devises.

 

Avec son intégration au SADC-RTGS, les participants autorisés pourront désormais régler directement leurs transactions en kwanza. Cette évolution devrait réduire les coûts de conversion, améliorer la rapidité des paiements et renforcer la sécurité des règlements transfrontaliers.

 

Pour les banques commerciales, les entreprises importatrices et exportatrices ainsi que les investisseurs opérant en Afrique australe, cette simplification représente un gain d'efficacité susceptible de favoriser une intensification des échanges avec l'Angola, troisième économie d'Afrique subsaharienne en matière de production pétrolière.

 

Une infrastructure stratégique pour l'intégration régionale

 

Le SADC-RTGS (Southern African Development Community – Real Time Gross Settlement System) constitue la principale infrastructure de paiement interbancaire de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC). Exploité par la South African Reserve Bank pour le compte des banques centrales participantes, il assure le règlement en temps réel des paiements transfrontaliers de gros montant.

 

Selon la SARB, cette plateforme traite chaque mois près de 250,7 milliards de rands sud-africains de transactions, soit environ 14 milliards de dollars américains au taux de change actuel. L'intégration progressive de nouvelles devises vise à renforcer le rôle des monnaies régionales dans les échanges commerciaux et financiers.

 

Une tendance continentale à la dédollarisation des paiements

 

L'arrivée du kwanza dans le système régional s'inscrit dans une dynamique observée sur plusieurs marchés africains. Face aux coûts liés aux paiements en devises internationales et à la volatilité du dollar, les banques centrales multiplient les initiatives destinées à favoriser les règlements en monnaies locales.

 

En Afrique de l'Ouest, le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) poursuit le même objectif en facilitant les paiements transfrontaliers sans passer systématiquement par le dollar ou l'euro. De son côté, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) fait de l'amélioration des infrastructures de paiement un levier essentiel pour accroître le commerce intra-africain, qui demeure inférieur à celui observé dans la plupart des autres grandes régions du monde.

 

L'intégration du kwanza au SADC-RTGS illustre ainsi une volonté croissante des banques centrales africaines de construire une architecture financière davantage fondée sur les monnaies du continent.

 

Un signal fort pour l'intégration financière de la SADC

 

Au-delà de ses effets immédiats sur les paiements, cette décision envoie un signal politique et économique en faveur d'une intégration plus poussée des marchés financiers d'Afrique australe. En facilitant les règlements dans les devises nationales, la SADC cherche à fluidifier les échanges commerciaux, à réduire les coûts de transaction et à renforcer la résilience de son système financier face aux chocs extérieurs.

 

Pour les banques, les opérateurs de paiement et les entreprises engagés dans le commerce régional, cette évolution pourrait accélérer l'adoption des monnaies locales dans les transactions transfrontalières et contribuer, à terme, à une moindre dépendance vis-à-vis des devises internationales.