L’économie zambienne affiche des indicateurs de stabilisation solides après son programme avec le FMI. Mais 2026 marque un tournant : la discipline budgétaire est désormais testée par le cycle électoral et un environnement externe plus instable.
La Zambie a nettement
consolidé sa position macroéconomique après son programme appuyé par le Fonds
monétaire international. L’inflation est revenue dans la fourchette cible de 6
à 8%, à 6,8% en avril 2026, tandis que les réserves internationales atteignent
4,4 mois d’importations, soit environ 6,4 milliards de dollars. Le solde
budgétaire primaire a, lui, dégagé un excédent de 3,1% du PIB en 2025.
Ces résultats traduisent
une amélioration nette de la stabilité macroéconomique, soutenue par des
politiques de consolidation budgétaire et un ajustement monétaire progressif.
Mais cette dynamique reste récente et encore fortement dépendante de la discipline
des autorités.
Un
environnement 2026 moins porteur
Les projections pour
2026 signalent un infléchissement. La croissance est attendue à 4,3%, contre un
rythme plus robuste l’année précédente, en raison notamment du ralentissement
du secteur minier, d’une normalisation agricole après une année exceptionnelle
et de contraintes énergétiques persistantes.
Dans le même temps, les
pressions inflationnistes pourraient remonter à 8,5% en fin d’année, sous
l’effet combiné de la hausse des prix du carburant et des tensions
géopolitiques internationales.
Le compte courant
resterait légèrement excédentaire (1,5% du PIB), mais l’équilibre externe
demeure sensible aux chocs sur les matières premières et l’énergie.
Le point de
bascule budgétaire
Le signal le plus
surveillé concerne les finances publiques. L’excédent primaire, pilier de la
consolidation, devrait reculer à 1,1% du PIB en 2026, contre 3,8% lors du
dernier examen du programme ECF.
Cette dégradation
s’explique par plusieurs facteurs convergents : baisse des recettes fiscales
liée à des mesures temporaires sur la TVA carburant et les accises, hausse des
dépenses préélectorales, revalorisation de la fonction publique et dépassements
dans les subventions agricoles.
À cela s’ajoutent des
risques spécifiques liés à l’Agence de réserve alimentaire, qui pèsent sur la
soutenabilité budgétaire à court terme.
Fiscalité :
le maillon faible structurel
Au-delà du cycle
conjoncturel, le FMI met en évidence une fragilité plus structurelle : la
mobilisation des recettes intérieures.
Les insuffisances de
collecte de la TVA, combinées à des retards de remboursement, continuent
d’affaiblir la confiance des contribuables et de limiter l’efficacité du
système fiscal. Pour l’institution, l’enjeu est clair : sans réforme fiscale
durable, la trajectoire de consolidation restera incomplète.
Politique
monétaire : vigilance maintenue
La banque centrale a
amorcé une baisse de taux, justifiée par l’amélioration des perspectives
d’inflation. Mais le FMI appelle à la prudence.
La Banque de Zambie doit
intégrer les risques de second tour liés aux prix de l’énergie et maintenir une
approche prospective de l’inflation, dans un contexte où les anticipations
restent sensibles aux chocs externes.
La coordination entre
politique budgétaire et monétaire apparaît comme un facteur clé de
stabilisation.
Le facteur
électoral comme variable d’ajustement
L’approche des élections
introduit une incertitude supplémentaire sur la trajectoire budgétaire. Le FMI
anticipe un relâchement temporaire de la discipline fiscale, classique dans les
cycles politiques de la région, mais potentiellement amplifié par les pressions
sociales et les arbitrages de court terme.
Ce risque n’est pas
présenté comme un choc systémique, mais comme un facteur de dérive progressive
susceptible d’éroder les gains récents.
Une économie
en transition surveillée
Au-delà des
déséquilibres conjoncturels, la Zambie reste engagée dans une phase de
transformation structurelle. Le futur cadre d’appui envisagé avec le FMI
devrait reposer sur trois priorités : consolidation budgétaire, élargissement
de l’assiette fiscale et renforcement du rôle du secteur privé dans la
croissance.
L’objectif implicite est
de passer d’une stabilisation défensive à une trajectoire de croissance plus
diversifiée, moins dépendante du cuivre et plus résiliente aux chocs externes.
Une
stabilité conditionnelle
La Zambie présente
aujourd’hui un profil macroéconomique stabilisé mais conditionnel. Les
indicateurs sont améliorés, les déséquilibres corrigés en grande partie, mais
la soutenabilité dépend encore fortement de la discipline budgétaire et de la
capacité institutionnelle à résister aux cycles politiques.
Le FMI résume
implicitement l’enjeu : les acquis récents sont réels, mais leur durabilité
n’est pas automatique.
Dans ce type de
trajectoire, la stabilité n’est jamais un point d’arrivée. C’est une variable
qui se renégocie en permanence.
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