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  • 08/07/2026

Zimbabwe : Le FMI valide les réformes, Harare se rapproche d'un règlement de sa dette

Le Zimbabwe se rapproche d'une étape décisive dans son retour sur la scène financière internationale. Les services du Fonds monétaire international (FMI) sont parvenus à un accord au niveau des services avec les autorités zimbabwéennes sur le premier examen du Programme de suivi par les services (Staff-Monitored Program, SMP), un dispositif de dix mois lancé en mars 2026 pour accompagner les réformes économiques du pays.

 

S'il ne s'accompagne d'aucun décaissement, cet accord représente un signal de confiance important. Il conforte les progrès réalisés par Harare en matière de stabilité macroéconomique et pourrait faciliter, à terme, le règlement des arriérés de dette, la restructuration de l'endettement extérieur et la normalisation des relations avec les bailleurs internationaux.

 

Privé depuis plus de deux décennies d'un accès normal aux financements des institutions financières internationales en raison de lourds arriérés de paiement, le Zimbabwe mise sur ce programme pour restaurer sa crédibilité économique et convaincre ses créanciers de soutenir son redressement.

 

« La finalisation de cet examen constitue une étape importante pour consolider les progrès récemment accomplis en matière de stabilisation », soulignent les services du FMI.

 

Des objectifs largement atteints

 

À l'issue d'une mission conduite à Harare du 9 au 18 juin, les équipes du FMI jugent la mise en œuvre du programme jusqu'à fin mars 2026 globalement satisfaisante.

 

Tous les objectifs quantitatifs ont été atteints. Ils portent notamment sur le solde budgétaire primaire, le renforcement des réserves internationales, l'encadrement des crédits accordés par la Banque de réserve du Zimbabwe (RBZ) au secteur public, la limitation des nouveaux emprunts extérieurs non concessionnels ainsi que la maîtrise de la croissance de la masse monétaire en ZiG, la devise nationale introduite en avril 2024.

 

Le seul objectif indicatif manqué concerne les dépenses sociales protégées et prioritaires. Pour le FMI, ce résultat souligne la nécessité d'améliorer l'exécution budgétaire afin de garantir un soutien plus rapide aux populations les plus vulnérables.

 

L'institution salue également les progrès réalisés dans les réformes fiscales, notamment l'amélioration du suivi des nouveaux contribuables assujettis à la TVA et à l'impôt sur le revenu, ainsi que l'avancement des autres réformes prévues d'ici la fin de l'année.

 

Une croissance robuste malgré un environnement plus difficile

 

Le FMI estime que l'économie zimbabwéenne continue de résister à un contexte international moins favorable. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont renchéri les coûts des carburants, des engrais et du transport maritime, sans remettre en cause la dynamique de croissance observée depuis l'an dernier.

 

Après avoir progressé de 8,3% en 2025, grâce au rebond de l'agriculture, aux bonnes performances du secteur minier et à la vigueur des cours de l'or, le produit intérieur brut devrait encore croître d'environ 5% en 2026. Ce ralentissement traduit davantage un retour à un rythme de croissance plus soutenable qu'un essoufflement de l'activité.

 

L'inflation devrait rester contenue autour de 5,1% en moyenne cette année. Pour un pays longtemps confronté à une forte instabilité monétaire, cette évolution témoigne des effets de la politique monétaire restrictive menée par la Banque de réserve du Zimbabwe et d'une relative stabilité du taux de change.

 

Le compte courant devrait, lui aussi, demeurer excédentaire, soutenu par les exportations d'or et d'autres minerais, les ventes agricoles ainsi que les transferts de fonds de la diaspora, contribuant à renforcer progressivement les réserves internationales.

 

Le FMI prévoit toutefois un ralentissement de la croissance à 4,2% en 2027. Ce scénario reste exposé à plusieurs risques, notamment un épisode El Niño susceptible de pénaliser la production agricole, auquel s'ajoute l'incertitude liée à une éventuelle aggravation des tensions au Moyen-Orient.

 

Le FMI appelle à poursuivre les réformes

 

Les performances budgétaires enregistrées au premier trimestre 2026 ont dépassé les attentes grâce à une mobilisation soutenue des recettes fiscales et à une gestion prudente des dépenses publiques.

 

Le FMI encourage néanmoins les autorités à poursuivre les réformes des finances publiques, à renforcer les contrôles des engagements budgétaires et à accélérer le règlement des arriérés intérieurs afin de préserver la crédibilité de la politique budgétaire.

 

Sur le plan monétaire, l'institution recommande de maintenir une politique restrictive jusqu'à ce que les anticipations d'inflation soient durablement stabilisées et que la confiance dans le ZiG soit pleinement restaurée.

 

Le Fonds salue également la mise en place d'un mécanisme de dépôts à terme en monnaie locale, qui doit permettre une transition progressive vers des instruments davantage fondés sur le marché, tout en améliorant l'efficacité de la politique monétaire et en favorisant le développement du marché financier domestique.

 

Par ailleurs, les autorités préparent une stratégie destinée à poursuivre la libéralisation du marché des changes, une réforme jugée essentielle pour renforcer la confiance des investisseurs.

 

La dette reste le principal défi

 

Malgré les avancées enregistrées, le FMI rappelle que le règlement des arriérés de la dette extérieure demeure la condition indispensable au retour du Zimbabwe dans les circuits normaux du financement international.

 

L'institution encourage les autorités à poursuivre le rapprochement des données sur la dette, à renforcer la transparence budgétaire et à maintenir un dialogue étroit avec les créanciers dans le cadre de leur stratégie d'apurement des arriérés.

 

Cet accord au niveau des services ne débloque donc aucun financement. Il constitue en revanche une nouvelle validation de la stratégie économique engagée par Harare et un signal positif adressé aux partenaires internationaux.

 

Pour le Zimbabwe, le véritable enjeu dépasse désormais la réussite du programme de suivi : il s'agit de convaincre les créanciers que les réformes sont suffisamment solides pour ouvrir la voie à une restructuration durable de la dette et au retour des financements internationaux.