Le Kenya fait face à une crise financière marquée par une dette publique croissante, qui l’a conduit à solliciter un nouveau programme du Fonds monétaire international (FMI).
Plusieurs facteurs expliquent cet endettement. Nous pouvons citer tout d’abord, une dette accumulée par des projets d’infrastructure ambitieux, puisque le gouvernement kenyan a massivement investi dans des infrastructures telles que le Standard Gauge Railway (SGR), des autoroutes et des barrages. Financés en grande partie par des emprunts, notamment auprès de la Chine, ces projets n’ont pas généré les retours sur investissement escomptés à court terme.
Il faut noter ensuite, une pression fiscale élevée et un mécontentement social. En effet, pour honorer ses obligations, le gouvernement a dû accroître la fiscalité, ce qui a entraîné des tensions sociales et des contestations contre la cherté de la vie. L’augmentation des taxes sur les carburants et les produits de consommation a pesé sur le pouvoir d’achat des citoyens.
Le troisième facteur a évoquer, est celui de la dépréciation du shilling kényan. La monnaie nationale a perdu de sa valeur face au dollar, rendant le service de la dette en devises étrangères plus coûteux. Cette situation a aggravé les difficultés financières du pays.
Enfin, il faut mentionner un contexte économique mondial défavorable. Faut-il le rappeler, l’impact de la pandémie de COVID-19, la hausse des taux d’intérêt mondiaux et les tensions géopolitiques ont limité les marges de manœuvre du pays pour renégocier sa dette ou attirer davantage d’investissements étrangers.
Lors de sa mission à Nairobi du 6 au 14 mars 2025, une équipe du FMI dirigée par Mme Haimanot Teferra a confirmé que la neuvième revue des programmes actuels ne se tiendrait pas. Cela signifie que le Kenya n’a pas rempli certaines conditions nécessaires pour bénéficier de nouveaux décaissements. En réponse, les autorités kényanes ont officiellement demandé un nouveau programme du FMI, probablement assorti de nouvelles réformes économiques et budgétaires.
La situation met le gouvernement de William Ruto face à un défi majeur : rétablir la confiance des créanciers et des investisseurs tout en maintenant la stabilité sociale dans un contexte d’endettement élevé.
Jemima Orou